La
réunion du Conseil de direction de la Fédération
internationale des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge est l’occasion de prendre régulièrement
les décisions stratégiques nécessaires
dont les principaux domaines d’action de l’organisation.
La session qui se déroule du 5 au 7 février revêt
cependant un caractère particulier. Non seulement, elle
n’a pas lieu comme de coutume à Genève mais
à Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Par ailleurs,
elle s’apprête à réaffirmer de manière
à la fois solennelle et on ne peut plus concrète
la place prioritaire qu’occupe l’Afrique pour la
Fédération.
La tenue de cette réunion sur la terre africaine n’est
donc pas seulement un geste symbolique. « En se déplaçant
au cœur de l’Afrique, les dirigeants de la Fédération
souhaitent mettre en évidence la place toujours plus
centrale occupée par le continent, à la fois formidable
réservoir de jeunesse et d’inventivité,
mais aussi un continent qui subit de plein fouet l’effet,
souvent combiné, de multiples désastres : catastrophes
naturelles, maladies endémiques, épidémies,
famine », explique Juan Manuel Suárez Del Toro,
président de la Fédération internationale.
Dès 2004, la « Déclaration d’Alger
» avait défini les axes fondamentaux de son action,
notamment l’insécurité alimentaire, la lutte
contre le VIH-sida et l’amélioration des conditions
de santé.
Ces priorités sont réaffirmées avec force
dans l’Agenda mondial de la Fédération internationale
qui met en avant comme objectifs principaux la réduction
de nombre des décès et de l’impact des catastrophes,
en insistant sur la nécessité d’intégrer
les communautés locales et la société civile
dans les solutions proposées contre la pauvreté
et les situations de vulnérabilité.
Depuis quelques années, de nouveaux fronts se sont ouverts
qui intéressent l’Afrique au premier chef. On sait
par exemple que le changement climatique est un enjeu essentiel
pour le continent. Chaque année, on constate un peu plus
l’avancée du désert, des précipitations
irrégulières et soudaines qui engendrent des inondations
catastrophiques avec des effets dévastateurs sur la qualité
des récoltes et donc la multiplication des famines, une
augmentation vertigineuse de maladies comme le choléra,
un exode rural vers les grandes villes créant une paupérisation
accrue.
Ces déséquilibres, facteurs de désespoir,
alimentent les flux de migrations. A commencer par ce mouvement
croissant d’immigration clandestine de l’Afrique
vers l’Europe, avec son cortège de drames de milliers
d’exilés fuyant un quotidien insupportable, disparus
en mer ou morts d’épuisement avant la fin de leur
périple.
Mieux se préparer aux catastrophes en essayant de moduler
les conséquences du changement climatique constitue donc
une démarche incontournable si la communauté internationale
veut avoir une chance d’atteindre les Objectifs de développement
du Millénaire, ce qui est encore loin d’être
le cas aujourd’hui.
De même, il est illusoire de penser pouvoir éradiquer
des fléaux aussi dévastateurs que le VIH-sida
sans impliquer les communautés locales. C’est pourquoi
la réunion d’Addis Abeba devrait confirmer que
l’intensification des efforts de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge passe obligatoirement par l’accroissement
des capacités des Sociétés nationales africaines.
L’Afrique est une priorité centrale de l’Appel
global 2007 de la Fédération internationale. Le
lancement d’un « Programme global pour l’Afrique
» sera également évoqué dans la capitale
éthiopienne. Son objectif sera d’améliorer
la couverture, la qualité et l’impact des programmes
des Sociétés nationales africaines.
Ce développement s’appuie notamment sur la formation
de volontaires issus des communautés qui sont les seuls
à pouvoir faire passer au sein même des populations
les plus vulnérables les messages de prévention
qui permettront petit à petit d’inverser la tendance.
Comment nier par exemple le rôle majeur de volontaires
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans la lutte contre
le paludisme, lorsque non seulement ils distribuent des milliers
de moustiquaires, mais aussi s’assurent année après
année que ces moustiquaires sont bien utilisés
par les familles et que les enfants sont bien immunisés
contre d’autres fléaux comme la rougeole qu’il
est si facile d’éviter si l’on est vacciné
? C’est en grande partie grâce à leur action
que l’on a pu réduire de 75 pour cent le nombre
de décès lié à la rougeole en Afrique
depuis 1999.
En renforçant les moyens donnés aux sociétés
nationales africaines pour améliorer leur action, en
créant quand c’est nécessaire des alliances
opérationnelles pour éviter la duplication des
efforts et promouvoir une plus grande efficacité, en
développant des systèmes d’évaluation
fiables et universels, la Fédération internationale
travaille chaque jour pour améliorer le sort des populations
du continent africain avec les Africains eux-mêmes.
« La réunion extraordinaire du Conseil de direction
d’Addis est l’occasion de mieux mettre cette réalité
en évidence et d’accentuer encore la mobilisation
pour faire reculer la maladie et la pauvreté en Afrique
», conclut le président Juan Manuel Suárez
Del Toro. Plus qu’un mot d’ordre, c’est une
priorité concrète à laquelle la Fédération
s’attellera avec détermination dans les mois, les
années à venir.
|
 |
 |
|
L'Afrique
et la lutte contre le VIH/sida figurent parmi les priorités
centrales de la Fédération internationale
en 2007. La réunion d’Addis Abeba devrait
confirmer que l’intensification des efforts de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge passe obligatoirement
par l’accroissement des capacités des Sociétés
nationales africaines.(p-MWI0035) (Yoshi Shimizu)
|
|
|
|
|
 |
|
Comment
nier par exemple le rôle majeur de volontaires de
la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans la lutte contre
le paludisme, lorsque non seulement ils distribuent des
milliers de moustiquaires, mais aussi s’assurent
année après année que ces moustiquaires
sont bien utilisés par les familles. (p15323) (John
Haskew)
|
|