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Des inondations massives font craindre une crise alimentaire au Burundi
7 février 2007
Anita Swarup à Nairobi
Des milliers de personnes sont menacées de famine au Burundi, suite aux pluies diluviennes tombées sur de nombreuses régions du pays depuis la fin du mois d’octobre 2006. De vastes portions du territoire ont subi des inondations qui ont ravagé les cultures de haricots, de maïs, de sorgho, de riz, de pommes de terre et de légumes.

Dans les plaines, par exemple, la récolte de haricots – une des principales cultures de subsistance – a été détruite à près de 80 pour 100. Les inondations ont dangereusement aggravé une situation très précaire, le Burundi connaissant déjà des pénuries alimentaires en temps normal.

“Au moins 70 pour 100 des habitants du pays sont exposés à des disettes chroniques et beaucoup sont accoutumés à faire un seul et unique repas quotidien”, note Youcef Ait-Chellouche, délégué de la Fédération internationale en charge de la gestion des catastrophes à Nairobi.

Dévastation

Les inondations ont causé d’énormes dégâts. On estime que les récoltes de la prochaine saison seront réduites de moitié. Déjà, les prix des denrées de base ont augmenté de manière sensible sur les marchés locaux et la crise est loin d’être réglée, compte tenu du déficit alimentaire courant que ni l’aide d’urgence, ni la production agricole ne permettront de combler.

En plus d’être exposés à la famine, beaucoup de gens n’ont maintenant plus de toit. En effet, plus de 17 000 personnes ont été déplacées par les inondations qui ont endommagé ou détruit leurs maisons et sont aujourd’hui hébergées dans des églises, des écoles et autres abris temporaires.

Les volontaires de la Croix-Rouge du Burundi se sont rapidement mobilisés face à cette catastrophe. Avec l’appui du bureau subrégional de la Fédération internationale et de sa délégation régionale à Nairobi, ils ont travaillé en coordination avec les autorités locales et diverses autres organisations, distribuant du riz donné par le Programme alimentaire mondial, des tablettes de chlore pour purifier l’eau de boisson et des secours non alimentaires tels que couvertures, seaux et savon, et assurant des services de santé et d’hygiène.

Choléra

Les volontaires de la Société nationale ont également procédé à des pulvérisations de désinfectant dans les zones inondées afin de prévenir des épidémies de maladies comme la diarrhée et le choléra, tout en signalant et en adressant tout cas suspect aux centres de soins.
Au siège, l’organisation a mis en place une cellule de crise chargée de centraliser les informations. Des brigades d’urgence ont été mobilisées et déployées sur le terrain, notamment dans les districts de Chibitoke et Ryugi, afin d’assister les sinistrés et d’évacuer en lieu sûr les familles les plus exposées.

Les évaluations préliminaires ont fait ressortir un urgent besoin de secours non alimentaires, en particulier de moustiquaires traitées à l’insecticide et de semences. Les distributions de semences visent à accélérer le relèvement en permettant aux familles démunies de préparer dès à présent les prochaines récoltes. Elles contribueront en outre à renforcer les mécanismes d’adaptation de la population pendant la saison sèche, qui s’étend normalement de janvier à mai. Préférence sera donnée aux haricots et au maïs, dont le cycle de germination est relativement court.

Sécurité alimentaire

La Fédération internationale a débloqué environ 51 000 dollars des Etats-Unis de son Fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe afin d’accélérer la mise en oeuvre de cette opération qui devrait s’étaler sur trois mois, soit jusqu’en mars 2007. Le département de la gestion des catastrophes de la Croix-Rouge du Burundi continuera de coordonner son action avec les bureaux régionaux de la Fédération internationale.

A court terme, le plan d’action prévoit de fournir à quelque 600 foyers particulièrement éprouvés une aide humanitaire sous la forme, entre autres, de couvertures, d’ustensiles de cuisine et de savon, d’améliorer la sécurité alimentaire en distribuant des semences et de conduire des campagnes de prévention des maladies véhiculées par l’eau et de promotion de l’hygiène parmi les communautés touchées par les inondations. La fourniture de moustiquaires est également considérée comme une mesure cruciale.

Poursuite des rapatriements forcés

D’après les sections locales de la Croix-Rouge, la crise est encore aggravée par le fait que des sinistrés ont cherché refuge en Tanzanie alors que ce pays a engagé une opération de rapatriement forcé de la communauté burundaise en exil. Les ressortissants du Burundi en Tanzanie, qui ne peuvent pas obtenir le statut de réfugiés, ont de fait commencé à être expulsés du pays sans pouvoir même emporter leurs biens personnels.

La Croix-Rouge du Burundi a lancé une opération visant à répondre aux besoins d’environ 150 rapatriés de Tanzanie par jour. A cet effet, elle a installé un camp de transit à Kinazi, à l’ouest du pays, où les réfugiés expulsés passent deux à trois jours avant de regagner leur région d’origine avec un assortiment de secours destiné à faciliter leur réinstallation.

Récemment, un nouveau point d’accueil et un autre centre de transit ont été aménagés pour recevoir et assister les rapatriés à Mishiha, à l’est du Burundi.
Pulvérisation de désinfectant autour de latrines dans un village du Burundi. (p15339)
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Des volontaires de la Croix-Rouge du Burundi accueillent des réfugiés expulsés de Tanzanie. Quelque 150 rapatriés rentrent chaque jour au pays, alors que d’autres habitants du Burundi continuent de franchir la frontière dans l’autre sens pour échapper à la famine. (p15337)
Une femme et sa fille récupèrent une porte de leur maison. Tout le reste a été ravagé par les inondations. (p15340)
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