Des
milliers de personnes sont menacées de famine au Burundi,
suite aux pluies diluviennes tombées sur de nombreuses
régions du pays depuis la fin du mois d’octobre
2006. De vastes portions du territoire ont subi des inondations
qui ont ravagé les cultures de haricots, de maïs,
de sorgho, de riz, de pommes de terre et de légumes.
Dans les plaines, par exemple, la récolte de haricots
– une des principales cultures de subsistance –
a été détruite à près de
80 pour 100. Les inondations ont dangereusement aggravé
une situation très précaire, le Burundi connaissant
déjà des pénuries alimentaires en temps
normal.
“Au moins 70 pour 100 des habitants du pays sont exposés
à des disettes chroniques et beaucoup sont accoutumés
à faire un seul et unique repas quotidien”, note
Youcef Ait-Chellouche, délégué de la Fédération
internationale en charge de la gestion des catastrophes à
Nairobi.
Dévastation
Les inondations ont causé d’énormes dégâts.
On estime que les récoltes de la prochaine saison seront
réduites de moitié. Déjà, les prix
des denrées de base ont augmenté de manière
sensible sur les marchés locaux et la crise est loin
d’être réglée, compte tenu du déficit
alimentaire courant que ni l’aide d’urgence, ni
la production agricole ne permettront de combler.
En plus d’être exposés à la famine,
beaucoup de gens n’ont maintenant plus de toit. En effet,
plus de 17 000 personnes ont été déplacées
par les inondations qui ont endommagé ou détruit
leurs maisons et sont aujourd’hui hébergées
dans des églises, des écoles et autres abris temporaires.
Les volontaires de la Croix-Rouge du Burundi se sont rapidement
mobilisés face à cette catastrophe. Avec l’appui
du bureau subrégional de la Fédération
internationale et de sa délégation régionale
à Nairobi, ils ont travaillé en coordination avec
les autorités locales et diverses autres organisations,
distribuant du riz donné par le Programme alimentaire
mondial, des tablettes de chlore pour purifier l’eau de
boisson et des secours non alimentaires tels que couvertures,
seaux et savon, et assurant des services de santé et
d’hygiène.
Choléra
Les volontaires de la Société nationale ont également
procédé à des pulvérisations de
désinfectant dans les zones inondées afin de prévenir
des épidémies de maladies comme la diarrhée
et le choléra, tout en signalant et en adressant tout
cas suspect aux centres de soins.
Au siège, l’organisation a mis en place une cellule
de crise chargée de centraliser les informations. Des
brigades d’urgence ont été mobilisées
et déployées sur le terrain, notamment dans les
districts de Chibitoke et Ryugi, afin d’assister les sinistrés
et d’évacuer en lieu sûr les familles les
plus exposées.
Les évaluations préliminaires ont fait ressortir
un urgent besoin de secours non alimentaires, en particulier
de moustiquaires traitées à l’insecticide
et de semences. Les distributions de semences visent à
accélérer le relèvement en permettant aux
familles démunies de préparer dès à
présent les prochaines récoltes. Elles contribueront
en outre à renforcer les mécanismes d’adaptation
de la population pendant la saison sèche, qui s’étend
normalement de janvier à mai. Préférence
sera donnée aux haricots et au maïs, dont le cycle
de germination est relativement court.
Sécurité alimentaire
La Fédération internationale a débloqué
environ 51 000 dollars des Etats-Unis de son Fonds d’urgence
pour les secours en cas de catastrophe afin d’accélérer
la mise en oeuvre de cette opération qui devrait s’étaler
sur trois mois, soit jusqu’en mars 2007. Le département
de la gestion des catastrophes de la Croix-Rouge du Burundi
continuera de coordonner son action avec les bureaux régionaux
de la Fédération internationale.
A court terme, le plan d’action prévoit de fournir
à quelque 600 foyers particulièrement éprouvés
une aide humanitaire sous la forme, entre autres, de couvertures,
d’ustensiles de cuisine et de savon, d’améliorer
la sécurité alimentaire en distribuant des semences
et de conduire des campagnes de prévention des maladies
véhiculées par l’eau et de promotion de
l’hygiène parmi les communautés touchées
par les inondations. La fourniture de moustiquaires est également
considérée comme une mesure cruciale.
Poursuite des rapatriements forcés
D’après les sections locales de la Croix-Rouge,
la crise est encore aggravée par le fait que des sinistrés
ont cherché refuge en Tanzanie alors que ce pays a engagé
une opération de rapatriement forcé de la communauté
burundaise en exil. Les ressortissants du Burundi en Tanzanie,
qui ne peuvent pas obtenir le statut de réfugiés,
ont de fait commencé à être expulsés
du pays sans pouvoir même emporter leurs biens personnels.
La Croix-Rouge du Burundi a lancé une opération
visant à répondre aux besoins d’environ
150 rapatriés de Tanzanie par jour. A cet effet, elle
a installé un camp de transit à Kinazi, à
l’ouest du pays, où les réfugiés
expulsés passent deux à trois jours avant de regagner
leur région d’origine avec un assortiment de secours
destiné à faciliter leur réinstallation.
Récemment, un nouveau point d’accueil et un autre
centre de transit ont été aménagés
pour recevoir et assister les rapatriés à Mishiha,
à l’est du Burundi.
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Pulvérisation
de désinfectant autour de latrines dans un village
du Burundi. (p15339)
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Des
volontaires de la Croix-Rouge du Burundi accueillent des
réfugiés expulsés de Tanzanie. Quelque
150 rapatriés rentrent chaque jour au pays, alors
que d’autres habitants du Burundi continuent de
franchir la frontière dans l’autre sens pour
échapper à la famine. (p15337)
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Une
femme et sa fille récupèrent une porte de
leur maison. Tout le reste a été ravagé
par les inondations. (p15340)
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