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Le nombre des sinistrés continue d’augmenter au Mozambique
20 février 2007
Tapiwa Gomo à Maputo
Il y a plus d’une semaine déjà que le Zambèze est sorti de son lit, mais le nombre des personnes affectées par les inondations au Mozambique continue d’augmenter.

Selon les estimations les plus récentes, le nombre de personnes déplacées serait passé d’environ 86 000 à plus de 120 000 en moins de deux jours. A Chupanga, un camp d’hébergement d’urgence aménagé au sud-est du district de Caia, le nombre des résidents est passé de 1500 à 5348 en à peine trois jours, et les opérations de sauvetage et d’évacuation se sont poursuivies tout au long du week-end.

Les besoins sont énormes et il est essentiel de mobiliser sans délai des secours d’urgence si l’on veut éviter une grave crise humanitaire. Des milliers de sinistrés sont massés le long de la piste qui longe le Zambèze, attendant anxieusement une assistance. Des milliers d’autres ont déjà passé une ou deux nuits à l’extérieur, cuisinant les rares aliments qu’ils avaient pu emmener. Certains bradent leurs maigres biens afin de procurer de la nourriture à leurs enfants.

Vendredi, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appel d’urgence de 7,5 millions de francs suisses (USD 5,6 millions / EUR 4,3 millions) en soutien à l’opération d’assistance mise sur pied par la Croix-Rouge du Mozambique. L’appel vise à fournir des abris temporaires à quelque 100 000 sinistrés dans les quatre provinces touchées par les inondations, à distribuer 5000 tentes, 15 000 bâches goudronnées, 40 000 couvertures, 20 000 assortiments d’ustensiles de cuisine, des barres de savon et 40 000 moustiquaires, à approvisionner en eau potable les communautés affectées et à construire 500 latrines.

Pascao Arumando a été évacuée samedi dernier avec le concours de volontaires de la Croix-Rouge du Mozambique. “Je ne veux pas retourner là-bas”, affirme-t-elle.

Mère de trois enfants, Pascao n’a rien pu faire quand les eaux ont balayé ses champs et sa maison. Elle se demandait comment elle allait s’en tirer elle-même quand le bateau de l’armée est arrivé.

“Certains sont restés au village”, raconte-t-elle. “Je ne comprends pas qu’ils aient pu refuser de nous suivre”, poursuit-elle, ramassant son petit sac chargé d’épis de maïs et de poissons séchés. C’est tout ce qu’elle a pour démarrer sa nouvelle existence au camp de Chupanga, où sont à présent regroupes des milliers de personnes qui ont perdu leur maison et tous leurs biens.

La situation est identique dans la plupart des camps aménagés dans les quatre provinces affectées. On distingue deux types de camps: ceux qui ont pour vocation d’assurer un hébergement provisoire aux sinistrés en mettant à leur disposition des tentes et des bâches en plastique, et les camps de réinstallation où les gens s’intègrent aux communautés d’accueil en profitant des points d’eau, des écoles et des services de santé existants. Compte tenu de la gravité de la crise, toutefois, certaines de ces structures sont soumises à de très fortes pressions.

January Antonio réside depuis près d’une semaine dans le camp de réinstallation de Gangala, situé à un kilomètre à l’ouest de Caia. Il avait réussi à emporter une dizaine de kilos de maïs pour assurer la subsistance de sa famille, pensant réintégrer son foyer un ou deux jours plus tard. “Cela fait maintenant presque une semaine que nous sommes ici et nous n’avons plus rien à manger”, constate-t-il avec dépit après avoir raconté comment sa famille avait fui les inondations.

“J’ai vendu ma petite couverture pour acheter de la nourriture et ma femme est partie en quête de fruits dans la savane”, explique-t-il.

Dans les camps d’Amilcar Cabral, DAF et Nhambulo 2, situés tous trois dans le district de Caia, la maladie commence à faire des ravages en raison de la surpopulation et du manque d’hygiène. A ce jour, on y a recensé 173 cas de diarrhée, 312 cas de paludisme, 253 de problèmes oculaires et 5 de dysenterie – et le bilan pourrait bien être plus sérieux encore dans certaines régions écartées, en particulier celles qui demeurent coupées du monde extérieur.

En complément des 187 000 francs suisses prélevés par la Fédération internationale sur son Fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe (DREF) afin de soutenir l’opération d’urgence de la Croix-Rouge du Mozambique, cette dernière est parvenue à récolter environ 250 000 dollars des Etats-Unis auprès d’entreprises locales. “Nous avons lancé une campagne de solidarité nationale pour répondre aux besoins les plus pressants des sinistrés”, explique Fernanda Teixeira, secrétaire général de la Croix-Rouge du Mozambique.
Les besoins sont énormes et il est essentiel de mobiliser sans délai des secours d’urgence si l’on veut éviter une grave crise humanitaire. (p15398)
Les besoins sont énormes et il est essentiel de mobiliser sans délai des secours d’urgence si l’on veut éviter une grave crise humanitaire. (p15398)
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L'un des camps de réinstallation où les gens s’intègrent aux communautés d’accueil en profitant des points d’eau, des écoles et des services de santé existants. (p15399)
L'un des camps de réinstallation où les gens s’intègrent aux communautés d’accueil en profitant des points d’eau, des écoles et des services de santé existants. (p15399)
Pascao Arumando a été évacuée samedi dernier avec le concours de volontaires de la Croix-Rouge du Mozambique. “Je ne veux pas retourner là-bas”, affirme-t-elle. Mère de trois enfants, Pascao n’a rien pu faire quand les eaux ont balayé ses champs et sa maison. Elle se demandait comment elle allait s’en tirer elle-même quand le bateau de l’armée est arrivé. (p15400)
Pascao Arumando a été évacuée samedi dernier avec le concours de volontaires de la Croix-Rouge du Mozambique. “Je ne veux pas retourner là-bas”, affirme-t-elle. Mère de trois enfants, Pascao n’a rien pu faire quand les eaux ont balayé ses champs et sa maison. Elle se demandait comment elle allait s’en tirer elle-même quand le bateau de l’armée est arrivé. (p15400)
Un volontaire de la Croix-Rouge du Mozambique. (p15401)
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