Il
y a plus d’une semaine déjà que le Zambèze
est sorti de son lit, mais le nombre des personnes affectées
par les inondations au Mozambique continue d’augmenter.
Selon les estimations les plus récentes, le nombre de
personnes déplacées serait passé d’environ
86 000 à plus de 120 000 en moins de deux jours. A Chupanga,
un camp d’hébergement d’urgence aménagé
au sud-est du district de Caia, le nombre des résidents
est passé de 1500 à 5348 en à peine trois
jours, et les opérations de sauvetage et d’évacuation
se sont poursuivies tout au long du week-end.
Les besoins sont énormes et il est essentiel de mobiliser
sans délai des secours d’urgence si l’on
veut éviter une grave crise humanitaire. Des milliers
de sinistrés sont massés le long de la piste qui
longe le Zambèze, attendant anxieusement une assistance.
Des milliers d’autres ont déjà passé
une ou deux nuits à l’extérieur, cuisinant
les rares aliments qu’ils avaient pu emmener. Certains
bradent leurs maigres biens afin de procurer de la nourriture
à leurs enfants.
Vendredi, la Fédération internationale des Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appel
d’urgence de 7,5 millions de francs suisses (USD 5,6 millions
/ EUR 4,3 millions) en soutien à l’opération
d’assistance mise sur pied par la Croix-Rouge du Mozambique.
L’appel vise à fournir des abris temporaires à
quelque 100 000 sinistrés dans les quatre provinces touchées
par les inondations, à distribuer 5000 tentes, 15 000
bâches goudronnées, 40 000 couvertures, 20 000
assortiments d’ustensiles de cuisine, des barres de savon
et 40 000 moustiquaires, à approvisionner en eau potable
les communautés affectées et à construire
500 latrines.
Pascao Arumando a été évacuée samedi
dernier avec le concours de volontaires de la Croix-Rouge du
Mozambique. “Je ne veux pas retourner là-bas”,
affirme-t-elle.
Mère de trois enfants, Pascao n’a rien pu faire
quand les eaux ont balayé ses champs et sa maison. Elle
se demandait comment elle allait s’en tirer elle-même
quand le bateau de l’armée est arrivé.
“Certains sont restés au village”, raconte-t-elle.
“Je ne comprends pas qu’ils aient pu refuser de
nous suivre”, poursuit-elle, ramassant son petit sac chargé
d’épis de maïs et de poissons séchés.
C’est tout ce qu’elle a pour démarrer sa
nouvelle existence au camp de Chupanga, où sont à
présent regroupes des milliers de personnes qui ont perdu
leur maison et tous leurs biens.
La situation est identique dans la plupart des camps aménagés
dans les quatre provinces affectées. On distingue deux
types de camps: ceux qui ont pour vocation d’assurer un
hébergement provisoire aux sinistrés en mettant
à leur disposition des tentes et des bâches en
plastique, et les camps de réinstallation où les
gens s’intègrent aux communautés d’accueil
en profitant des points d’eau, des écoles et des
services de santé existants. Compte tenu de la gravité
de la crise, toutefois, certaines de ces structures sont soumises
à de très fortes pressions.
January Antonio réside depuis près d’une
semaine dans le camp de réinstallation de Gangala, situé
à un kilomètre à l’ouest de Caia.
Il avait réussi à emporter une dizaine de kilos
de maïs pour assurer la subsistance de sa famille, pensant
réintégrer son foyer un ou deux jours plus tard.
“Cela fait maintenant presque une semaine que nous sommes
ici et nous n’avons plus rien à manger”,
constate-t-il avec dépit après avoir raconté
comment sa famille avait fui les inondations.
“J’ai vendu ma petite couverture pour acheter de
la nourriture et ma femme est partie en quête de fruits
dans la savane”, explique-t-il.
Dans les camps d’Amilcar Cabral, DAF et Nhambulo 2, situés
tous trois dans le district de Caia, la maladie commence à
faire des ravages en raison de la surpopulation et du manque
d’hygiène. A ce jour, on y a recensé 173
cas de diarrhée, 312 cas de paludisme, 253 de problèmes
oculaires et 5 de dysenterie – et le bilan pourrait bien
être plus sérieux encore dans certaines régions
écartées, en particulier celles qui demeurent
coupées du monde extérieur.
En complément des 187 000 francs suisses prélevés
par la Fédération internationale sur son Fonds
d’urgence pour les secours en cas de catastrophe (DREF)
afin de soutenir l’opération d’urgence de
la Croix-Rouge du Mozambique, cette dernière est parvenue
à récolter environ 250 000 dollars des Etats-Unis
auprès d’entreprises locales. “Nous avons
lancé une campagne de solidarité nationale pour
répondre aux besoins les plus pressants des sinistrés”,
explique Fernanda Teixeira, secrétaire général
de la Croix-Rouge du Mozambique.
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Les
besoins sont énormes et il est essentiel de mobiliser
sans délai des secours d’urgence si l’on
veut éviter une grave crise humanitaire. (p15398)
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L'un
des camps de réinstallation où les gens
s’intègrent aux communautés d’accueil
en profitant des points d’eau, des écoles
et des services de santé existants. (p15399)
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Pascao
Arumando a été évacuée samedi
dernier avec le concours de volontaires de la Croix-Rouge
du Mozambique. “Je ne veux pas retourner là-bas”,
affirme-t-elle. Mère de trois enfants, Pascao n’a
rien pu faire quand les eaux ont balayé ses champs
et sa maison. Elle se demandait comment elle allait s’en
tirer elle-même quand le bateau de l’armée
est arrivé. (p15400)
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Un
volontaire de la Croix-Rouge du Mozambique. (p15401)
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