Le
Croissant-Rouge du Pakistan a accompli récemment un véritable
exploit logistique en fournissant une assistance à plus
de 127 000 personnes dans le nord du pays enfoui sous la neige,
par des températures glaciales et malgré des routes
impraticables – sans parler des risques liés à
la présence de léopards des neiges et autres bêtes
sauvages.
Depuis janvier, 50 employés et volontaires de l’organisation,
soutenus par la Fédération internationale et les
services humanitaires aériens des Nations unies, ont
acheminé 942 tonnes de secours dans des zones reculées
de la région touchée par le tremblement de terre
d’octobre 2005. Cette assistance a bénéficié
à plus de 18 000 familles de la province de la Frontière
du Nord-Ouest et du Cachemire sous administration pakistanaise.
Pour permettre aux familles vulnérables de passer ce
second hiver depuis la catastrophe dans des conditions à
peu près supportables, on leur a fourni notamment des
tôles ondulées galvanisées, des bâches
goudronnées, des assortiments d’outils pour entretenir
et réparer leurs abris, des édredons, des couvertures,
des fourneaux et des châles.
Plusieurs points de distribution installés en haute altitude
ont subi d’importantes chutes de neige. Les équipes
de secours ont dû emprunter à maintes reprises
des pistes défoncées et instables à bord
de leurs jeeps, puis marcher des heures durant dans des pentes
abruptes avant de parvenir à destination.
Les hélicoptères des Nations unies ont servi à
acheminer le matériel jusqu’aux communautés
les plus isolées. En neuf semaines, ils ont transporté
142,5 tonnes de secours au total, en effectuant 56 rotations.
L’opération était relayée au sol
par des volontaires et des employés du Croissant-Rouge
du Pakistan qui ont bivouaqué plusieurs jours en pleine
montagne afin de mener à bien les distributions.
Selon Muhammad Basheer, qui dirigeait l’équipe
chargée de réceptionner le matériel largué
par les hélicoptères près du village de
Gantar, dans la vallée de l’Allai, ses collègues
ont fait preuve d’un courage à toute épreuve.
“Nous logions dans une maison dépourvue de portes
et de fenêtres, si bien que nous sentions cruellement
la morsure du froid nocturne”, raconte-t-il. “J’avais
par ailleurs été prévenu par des habitants
de la présence de léopards des neiges et d’ours,
ce qui rendait plutôt éprouvant pour les nerfs
la surveillance des réserves de nourriture pendant la
nuit.
“Dans l’ensemble, toutefois, nous étions
tous satisfaits de notre sort, sachant que notre mission était
de secourir des gens nettement plus démunis que nous.
Il n’y a rien de plus gratifiant et de plus motivant que
de servir l’humanité”, ajoute Muhammad.
Le froid glacial a entraîné une flambée
d’infections respiratoires parmi les communautés
montagnardes. Les employés et volontaires du Croissant-Rouge
ont eux aussi connu des problèmes de santé, notamment
certaines équipes contraintes de faire fondre de la neige
pour satisfaire leurs besoins en eau. Jamil ur Rehman rapporte
que pratiquement tous ses collègues ont été
malades à un moment ou un autre et que deux d’entre
eux ont dû être hospitalisés.
Les conditions atmosphériques n’étaient
pas le seul défi. La méfiance traditionnelle de
certaines communautés vis-à-vis des organisations
humanitaires a également posé des difficultés,
témoigne Ifran Hameed, délégué terrain
du Croissant-Rouge du Pakistan dans la vallée de l’Allai.
“Il a fallu faire évoluer la perception des habitants
à notre sujet. Personne n’avait travaillé
avec ces communautés reculées auparavant, c’est
pourquoi les gens se montraient très dubitatifs”,
explique-t-il. “Pour gagner leur confiance, nous avons
dû convaincre tout d’abord les dignitaires religieux
et les chefs de villages de la pureté de nos intentions.”
Les équipes du Croissant-Rouge ont réussi à
relever cet autre défi également – et l’opération
d’assistance hivernale a pu être menée à
bien.
Dans l’intervalle, les programmes courants d’aide
au relèvement de la Société nationale et
de la Fédération internationale se sont poursuivis
dans les domaines des soins de santé de base, de l’approvisionnement
en eau et de l’assainissement, de la reconstruction d’écoles
et de cliniques, ou encore du soutien des moyens de subsistance.
Quant aux volontaires et employés qui ont pris part à
l’opération hivernale, ils sont, certes, épuisés,
mais heureux d’avoir accompli avec succès leur
mission. Aux yeux de Shakeel Malik, délégué
aux secours de la Fédération internationale au
Pakistan, ils méritent les plus vifs éloges compte
tenu des conditions extrêmement difficiles dans lesquelles
ils ont opéré.
“Ils ont travaillé comme les doigts de la main
et c’est l’extraordinaire esprit d’équipe
dont ils ont fait preuve qui a assuré la réussite
de l’opération”, affirme-t-il.
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En
neuf semaines, plus de 133 000 tôles ondulées
galvanisées ont été distribuées
à environ 13 000 familles. Ces plaques permettent
de consolider les maisons traditionnelles en bois et peuvent
également servir de toiture pour empêcher
l’intrusion de la neige. (Photo: Fédération
internationale) (p15473)
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Certaines
communautés isolées n’ayant jamais
eu à faire à des organisations humanitaires
non gouvernementales auparavant, les équipes d’assistance
ont parfois eu du mal à gagner leur confiance.
(Photo: Colin Chaperon / Croix-Rouge américaine)
(p15475)
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Les
équipes du Croissant-Rouge ont dû fréquemment
marcher plusieurs heures pour atteindre les points de
distribution. (Photo: Colin Chaperon / Croix-Rouge américaine)
(p15476)
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Des
volontaires du Croissant-Rouge du Pakistan s’apprêtent
à décharger un hélicoptère
des Nations unies dans les hautes montagnes de la vallée
de l’Allai. (Photo: Fédération internationale)
(p15474)
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