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L’accès à l’eau améliore les conditions d’existence des femmes au Pakistan
22 mars 2007
Mubashir Fida, Fédération internationale, et Nadia Sayeed, Croissant-Rouge du Pakistan
Non loin de l’ancienne route de la soie, dans une large vallée entourée de montagnes, s’étend la ville de Balakot qui fut totalement anéantie par le tremblement de terre du 8 octobre 2005.

Bien que le gouvernement ait déclaré certaines zones de cette région impropres à la reconstruction en raison des risques de futurs séismes, beaucoup d’habitants sont restés sur place et, peu à peu, la vie reprend son cours normal.

En parcourant les ruelles des villages de la vallée, on peut encore mesurer l’ampleur tragique de la catastrophe. Mais il y a aussi de la place pour l’espoir. La résistance des rescapés, combinée à l’assistance locale et internationale, a permis d’accomplir des progrès considérables au cours des dix-huit derniers mois, notamment en matière d’approvisionnement en eau potable.

Une denrée rare

Cette année, la Journée mondiale de l’eau est placée sous le thème “Faire face à la pénurie d’eau” - un défi avec lequel les habitants de Balakot ne sont que trop familiarisés. Le tremblement de terre avait détruit pratiquement tous les réseaux d’eau potable de la région, contraignant les gens à s’approvisionner directement à la rivière.

“Lorsque nous sommes arrivés sur place un mois après la tragédie, nous avons découvert un spectacle dantesque... partout, des ruines parmi lesquelles erraient des gens désespérés”, se souvient Charity Sikamo, délégué eau et assainissement de la Fédération internationale. “Ils ne voulaient pas nous parler, tout ce qu’ils voulaient, c’était de quoi manger et s’abriter.”

Les dégâts subis par les canalisations et les réservoirs avaient entraîné une grave pénurie d’eau potable, une situation particulièrement pénible pour les femmes qui devaient marcher jusqu’à trois heures sur des sentiers de montagne étroits et tortueux pour s’approvisionner à des sources contaminées. Nadia Sayeed, en charge de la promotion de l’hygiène au Croissant-Rouge du Pakistan, ajoute que le conservatisme culturel et religieux de son pays contribuait à aggraver le sort des femmes.

“Les femmes étaient les plus vulnérables, pas seulement parce que la corvée d’eau leur incombait, mais aussi parce qu’il leur fallait trouver le moyen de faire leur toilette loin de tout regard et parce qu’elles n’avaient pas accès aux cabinets pendant la journée”, explique-t-elle. “Cela comportait pour elles de sérieux risques sanitaires.”

Le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale ont travaillé de concert afin de régler ces problèmes et de faire en sorte que tous les membres des familles aient accès à de l’eau pure. A cet effet, les équipes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge spécialisées dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement installent des citernes avec le concours des communautés locales, comme dans le village de Hafizabad, à la périphérie de Balakot.

Muhammad Zaheer, ingénieur eau et assainissement au Croissant-Rouge du Pakistan, détaille le processus. “Nous apportons un soutien technique et matériel à la communauté, qui en retour fournit de la main d’oeuvre.” La citerne aménagée à Hafizabad permettra de stocker plus de 41 000 litres et d’assurer l’approvisionnement des 83 familles du village.

Les femmes de la communauté confirment qu’elles sont les principales bénéficiaires de ce système. “Actuellement, il faut compter près d’une heure de marche pour aller à la source. Ce sera une vraie bénédiction d’avoir l’eau quasiment sur le pas de notre porte”, témoigne Amraizan Bibi, mère de quatre enfants.

Cette opinion est très largement partagée. Gul Sanowar, une amie d’Amraizan, est elle aussi enthousiaste. “La citerne diminuera de quatre à cinq heures nos corvées quotidiennes”, estime-t-elle.

Un projet similaire a été achevé il y a quelques mois dans le village de Kappi Gali, où la différence se fait déjà sentir.

“Libérées des corvées d’eau, nous avons pu consacrer le temps ainsi gagné à aider les hommes à reconstruire nos foyers. A présent, la plupart des femmes ont également le loisir de tirer profit d’autres programmes”, commente Saeeda Bibi, une habitante du village volontaire au Croissant-Rouge. Ainsi, elles sont nombreuses à suivre les cours de couture organisés au centre de soutien psychosocial aménagé près du village par la Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan.

Amélioration de l’hygiène


Les programmes d’approvisionnement en eau ne sauraient être complets sans des mesures d’assainissement, de promotion de l’hygiène et d’éducation à la santé. C’est pourquoi les équipes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge procurent aux bénéficiaires des assortiments d’articles d’hygiène et les encouragent à se laver fréquemment les mains et à faire régulièrement leur toilette.

Selon Nadia Sayeed, les distributions de produits d’hygiène ont considérablement facilité la sensibilisation de la communauté. “Au début, les gens n’étaient pas intéressés par cette assistance, leur priorité, au demeurant compréhensible, étant d’obtenir de la nourriture et des tentes”, raconte-t-elle. “C’est seulement en recevant leurs assortiments qu’ils ont commencé à prendre conscience de l’importance de l’hygiène.”

Les membres de l’équipe ont dû expliquer l’usage de certains des articles contenus dans ces assortiments, composés en tenant compte des sensibilités culturelles. De nombreux habitants des campagnes n’avaient jamais auparavant disposé de dentifrice, de serviettes hygiéniques ou de shampooing, par exemple.

“La plupart des gens utilisaient une plante locale appelée maswaak pour se laver les dents. Nous avons dû leur expliquer à quoi sert le dentifrice”, rapporte Nadia Sayeed. “Les femmes ignoraient pour leur part l’usage des serviettes hygiéniques. Nous avons donc inclus dans les assortiments des pièces de tissu, dont l’emploi leur est coutumier.”

A la suite du tremblement de terre, un des principaux problèmes en matière d’hygiène résidait dans l’obligation de faire ses besoins dans la nature. Pour le résoudre, la Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan ont également travaillé en étroite consultation avec les communautés locales. On a aménagé des latrines culturellement appropriées - autrement dit, avec des toilettes communes séparées pour les femmes et pour les hommes - ainsi que des toilettes privées pour les familles.

“Les femmes étaient obligées d’aller aux toilettes en pleine nuit, quand personne ne pouvait les voir”, raconte Qasim Jan, une habitante de Hafizabad. “Maintenant, nous avons des toilettes dans nos maisons et notre intimité est donc préservée.”
Une femme fait la vaisselle à un point d’eau installé dans le village de Kappi Gali par la Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan. (p15525)
Une femme fait la vaisselle à un point d’eau installé dans le village de Kappi Gali par la Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan. (p15525)
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Les communautés affectées par le tremblement de terre ont été étroitement associées à la planification des projets de reconstruction. La Fédération internationale estime qu’il est crucial que ces efforts soient conduits par les premiers intéressés. A Hafizabad, les membres de l’équipe d’approvisionnement en eau et d’assainissement du Croissant-Rouge du Pakistan travaillent main dans la main avec les villageois pour installer une citerne qui couvrira les besoins en eau de plus de 80 familles. (p15526)
Les communautés affectées par le tremblement de terre ont été étroitement associées à la planification des projets de reconstruction. La Fédération internationale estime qu’il est crucial que ces efforts soient conduits par les premiers intéressés. A Hafizabad, les membres de l’équipe d’approvisionnement en eau et d’assainissement du Croissant-Rouge du Pakistan travaillent main dans la main avec les
villageois pour installer une citerne qui couvrira les besoins en eau de plus de 80 familles. (p15526)
A la fin de leur journée scolaire, des enfants boivent de l’eau aux robinets installés par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge. Une eau purifiée et de bonnes pratiques d’hygiène sont essentielles pour limiter la propagation des maladies infectieuses. (p15527)
A la fin de leur journée scolaire, des enfants boivent de l’eau aux robinets installés par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge. Une eau
purifiée et de bonnes pratiques d’hygiène sont essentielles pour limiter la propagation des maladies infectieuses. (p15527)
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