Près
de deux ans et demi après la catastrophe, la reconstruction
le long du littoral sri-lankais ravagé par le tsunami
se poursuit sans relâche. Avec plus de 100 000 maisons
à bâtir au total, cet énorme chantier ne
sera pas achevé en 2007. La Fédération
internationale des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge prend une part active à l’effort
en contribuant à l’édification de près
de 26 000 habitations. Pour relever ce formidable défi,
il a fallu élaborer de nouvelles approches et forger
des partenariats avec d’autres organisations.
Dans la plupart des cas, il s’est avéré
plus économique et plus rapide de confier aux intéressés
la coordination des travaux plutôt que de recourir à
des entreprises du bâtiment. C’est dans cette optique
que la Fédération internationale et la Croix-Rouge
du Sri Lanka ont constitué avec l’agence des Nations
unies pour l’habitat le Partenariat pour le relèvement
et la reconstruction communautaires.
Le Partenariat représente une alliance unique d’organisations
internationales associées dans le cadre d’un projet
de soutien financier, organisationnel et technique doté
d’un budget de 60,5 millions de francs suisses (USD 50
millions / EUR 36,7 millions) qui vise à aider plus de
10 000 familles à reconstruire leurs propres maisons.
Sept Sociétés de la Croix-Rouge sont financièrement
engagées dans ce projet. La Fédération
internationale assure la coordination globale du programme,
cependant que la Croix-Rouge du Sri Lanka se charge de mobiliser
les communautés bénéficiaires par l’intermédiaire
de ses sections locales. Pour sa part, l’agence HABITAT
apporte sa solide expérience des projets de construction
pilotés par les propriétaires des maisons, et
la Banque mondiale/IDA ses compétences en matière
de gestion d’aides financières à grande
échelle, les allocations étant distribuées
par le truchement du réseau de banques locales. Le gouvernement,
enfin, se charge du processus de sélection et de vérification
des bénéficiaires et des virements sur leurs comptes
bancaires respectifs.
“Le Partenariat va bien au-delà de l’approche
traditionnelle de la Croix-Rouge en matière de reconstruction
après une catastrophe”, souligne Al Panico, chef
de la délégation de la Fédération
internationale au Sri Lanka. “Il ne s’agit pas simplement
de briques et de ciment. Nous avons mis en place des Conseil
de développement communautaire qui promeuvent parmi les
familles concernées le sentiment d’identification
avec le projet et de responsabilité vis-à-vis
de leur propre relèvement. L’objectif est de créer
ainsi des communautés fortes et durables. C’est
la principale raison pour laquelle nous avons décidé
de travailler en partenariat avec l’agence HABITAT, qui
a développé une approche très performante
dans ce domaine.”
Dans le district méridional de Matara, les Sociétés
de la Croix-Rouge française et belge financent l’ONG
locale Solideal Loadstar Rehabilitation Trust en vue de la construction
de plus de 150 maisons. Cette association s’est imposée
d’elle-même, la Loadstar ayant des liens avec la
Belgique, ainsi que l’expérience de la construction
et la main d’oeuvre requises pour réaliser rapidement
et efficacement le programme. Quant à la Croix-Rouge
de Belgique, elle disposait des fonds nécessaires et
était déjà engagée dans d’autres
projets de construction dans le même district.
Plus au nord, dans le district de Trincomalee, les Sociétés
de la Croix-Rouge suisse et autrichienne ont adopté une
approche un peu différente. En partenariat avec la Coopération
suisse pour le développement, Solidarité suisse
et HEKS, une organisation religieuse helvétique, elles
ont formé le Consortium suisse de développement
qui a aidé plus de 3000 familles à reconstruire
leurs maisons. Les travaux sont conduits par les bénéficiaires
eux-mêmes avec le soutien financier et technique du Consortium.
La Fédération internationale a par ailleurs pris
des engagements importants en vue d’aider à remettre
en état et à développer l’infrastructure
d’approvisionnement en eau le long du littoral sri-lankais.
Dix-neuf projets de grande envergure, représentant un
investissement global de 40 millions de francs suisses (USD
33 millions / EUR 24,25 millions) sont en cours, en coopération
avec le NWSDB, l’organisme gouvernemental en charge de
ce domaine d’activité.
Un de ces projets comprend l’aménagement d’une
installation entièrement nouvelle de traitement et de
distribution dotée d’un château d’eau
et d’un réseau de canalisations qui approvisionneront
en eau potable plus de 9000 foyers de Pottuvil, dans le district
oriental d’Ampara. Jusqu’à présent,
les habitants de Pottuvil étaient alimentés par
des puits creusés à main d’homme, aussi
bien pour la cuisine que pour la lessive et autres besoins quotidiens.
Cette région a subi de plein fouet l’assaut du
tsunami qui avait contaminé la plupart des puits, laissant
à la Croix-Rouge la charge d’approvisionner la
population par camions-citernes en attendant que les ressources
locales retrouvent un niveau de pureté acceptable. Au
demeurant, les sécheresses saisonnières représentaient
un problème récurrent, l’eau des puits devenant
de plus en plus salée à mesure que la nappe phréatique
se tarissait.
Par rapport au coût élevé de ce projet qui
doit s’étendre sur deux ans, il fait l’objet
d’une collaboration entre l’Agence des Etats-Unis
pour le développement international (USAID), le NWSDB
et cinq partenaires Croix-Rouge. USAID se charge de la construction
de la centrale de production et de traitement, les Sociétés
de la Croix-Rouge américaine, allemande et irlandaise
contribuent au financement du château d’eau et du
réseau de canalisations, la Croix-Rouge allemande assurant
par ailleurs la gestion globale du programme et la Croix-Rouge
irlandaise fournissant les services d’un délégué
pour superviser la construction. Pour leur part, la Fédération
internationale et la Croix-Rouge du Sri Lanka ont élaboré
le projet et assurent la liaison avec le NWSDB aux niveaux national
et local.
“C’est un énorme projet qui mobilise l’expertise
et les ressources de plusieurs partenaires Croix-Rouge, du gouvernement
et d’USAID”, explique Fidel Pena, coordinateur de
la Fédération internationale pour les programmes
d’approvisionnement en eau et d’assainissement.
“Une bonne coordination à tous les échelons
entre tous les partenaires sera cruciale pour faire en sorte
que les différentes phases de la mise en oeuvre soient
menées à bien en temps voulu”, ajoute-t-il.
Les partenariats ne se limitent pas à l’assistance
aux victimes du tsunami. La recrudescence des hostilités
dans le nord et l’est du Sri Lanka a également
donné lieu à une alliance entre différents
partenaires Croix-Rouge et les Nations unies, dans le but de
procurer des rations alimentaires régulières à
près de 100 000 personnes déplacées par
le conflit interne. La Croix-Rouge du Sri Lanka, la Croix-Rouge
allemande et la section de Hong Kong de la Croix-Rouge chinoise
ont pris une part active au programme de distribution de vivres
lancé en septembre dernier par le Programme alimentaire
mondial (PAM) dans le district de Batticaloa, suite à
l’intensification des violences dans la région
de Vaharai.
“C’est un projet à fort impact qui a bénéficié
d’une excellente coordination entre toutes les agences”,
commente Tim Hibbert, coordinateur de la Croix-Rouge de Hong
Kong. “La situation est très volatile, mais la
bonne coopération qui unit l’ensemble des partenaires
nous a permis d’adapter le programme à l’évolution
des besoins et des conditions.”
Chaque partenaire a son rôle à jouer. Le Comité
international de la Croix-Rouge (CICR) a apporté son
soutien pour régler des problèmes d’approvisionnement,
tout en s’occupant de la coordination et des questions
de sécurité. La Croix-Rouge du Sri Lanka met à
disposition du personnel pour les distributions, le PAM fournit
l’aide alimentaire, cependant que la Croix-Rouge allemande
et la Croix-Rouge de Hong Kong assurent un appui financier et
logistique. En moyenne, les volontaires de la Croix-Rouge ont
effectué plus de 100 distributions de vivres par mois.
“Les procédures mises en place au Sri Lanka montrent
la voie à suivre lors de futures opérations de
secours et de relèvement à grande échelle”,
explique Al Panico. “L’ampleur du défi nous
a obligés à combiner nos efforts à ceux
d’autres organisations, ce qui a non seulement constitué
une expérience enrichissante, mais nous a permis d’offrir
des services plus efficaces aux communautés vulnérables
parmi lesquelles nous opérons.”
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Avec
le support Croix-Rouge Croissant-Rouge, plus de 100 000
personnes déplacées autour de la région
de Batticaloa ont pu bénéficier des différents
programmes alimentaires du Programme Alimentaire Mondial
(PAM). (p15715)
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Le
Partenariat favorise l’engagement actif des bénéficiaires,
qui pilotent eux-mêmes le processus de reconstruction.
(p15705)
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Le
Mouvement de la Croix-Rouge offre un soutien financier
et technique à ce projet dans le cadre duquel les
familles sinistrées prennent en charge la reconstruction
de leurs propres maisons. (p15706)
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| Les
équipes de la Société de la Croix-Rouge
du Sri Lanka ont aidé à nettoyer et à
remettre ne état les quelques 5000 puits polluées
par le tsunami dans la région de Pottuvil, ainsi
que dans tout la frange cotière du Sri Lanka affectée
par le raz-d-marée. (p15712) |
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La
Croix-Rouge Croissant-Rouge font du partenariat avec une
grande variété d'organisations pour créer
des cours vocationnels qui ont aidé beaucoup de
personnes affectées par le tsunami à retrouver
une activité professionnelle. (p15709)
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