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7e Conférence européenne de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : les défis mondiaux réclament des solutions globales

21 mai 2007
Dès l’ouverture à Istanbul de la septième Conférence régionale des Sociétés européennes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les participants ont rapidement convenu que les problèmes liés aux migrations et à la santé revêtent une importance prioritaire pour les sphères politiques et humanitaires du monde entier, d’où la nécessité de rechercher des solutions en étroite coopération avec d’autres partenaires.

“Nous ne pouvons plus envisager telle ou telle manifestation de la vulnérabilité humaine dans telle ou telle partie du monde comme un problème isolé”, a déclaré Juan Manuel Suárez del Toro, président de la Fédération internationale, dans un discours d’ouverture soulignant la nécessité d’une approche globale des défis mondiaux. “Il est évident que, nonobstant la distance géographique, les causes profondes et les conséquences sont intiment liées.”

Les migrations – un des deux principaux thèmes de la conférence qui a débuté le 20 mai – ne sont plus “des phénomènes occasionnels, mais une réalité permanente”, a observé Susan Martin, directrice de l’Institute for the Study of International Migration des Etats-Unis. Notant qu’on recense aujourd’hui près de 200 millions de migrants à travers le monde, soit deux fois plus qu’il y a un quart de siècle, elle a estimé que les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge peuvent jouer un rôle crucial en s’attaquant aux causes premières des migrations et en protégeant les droits des migrants.

La conférence est accueillie par le Croissant-Rouge turc. Son président, Tekin Küçükali, a évoqué les grandes vagues de migrants venues s’échouer dans son pays durant les guerres des Balkans (plus de 1,5 million de personnes) et le conflit irakien de 1989-1990. “Notre pays, qui s’étend aux confluents de cultures et de continents et sert de trait d’union entre deux civilisations, est depuis longtemps confronté à la problématique des migrations et des migrants”, a-t-il noté.

Le président de la Fédération internationale Juan Manuel Suárez del Toro a observé que certains pays ont besoin d’immigrés pour leur propre développement économique et que ce besoin coïncide avec la nécessité pour une multitude d’individus de quitter leur propre pays dans l’espoir de trouver ailleurs de meilleures conditions d’existence. “Les migrations doivent s’inscrire dans un scénario qui reste à écrire et qui doit prendre en compte le développement durable des communautés les plus vulnérables”, a-t-il déclaré.

“Il est vital que les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge continuent d’influencer l’opinion publique en insistant sur le fait que la décision de migrer, de couper ses propres racines, intervient généralement sous la contrainte”, a ajouté le président.

Au cours des dernières années, de nombreuses Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont aidé des migrants clandestins qui arrivaient dans leurs pays au terme de voyages extrêmement périlleux et dans le plus profond dénuement. M. del Toro a rappelé que la mission humanitaire de la Fédération internationale lui impose de prêter assistance aux migrants quel que soit leur statut juridique.

Dans certains cas, toutefois, l’opinion publique ne voit pas d’un bon oeil l’engagement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en faveur des migrants clandestins, a noté dans son allocution Mohammed al-Hadid, président de la Commission permanente. “Il importe de rappeler que cette action à leurs côtés et en leur faveur n’implique nullement une prise de position quant à leur statut juridique ou aux raisons qui les ont poussés à l’exil.”

Le second thème de la conférence, la santé et l’assistance aux personnes, s’inscrit dans la perspective de défis majeurs à l’échelle européenne et mondiale. Ainsi, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’un quart de la population européenne sera âgé de plus de 65 ans d’ici 2050, et les besoins en matière de santé et d’assistance aux personnes ne cessent d’augmenter du fait des migrations, des crises socio-économiques, du sida et de la tuberculose, et de l’évolution des maladies.

Le docteur Gudjon Magnusson, de l’office européen de l’OMS, a souligné que l’aggravation des déséquilibres environnementaux, économiques et sociaux au sein des pays du continent et parmi eux, y compris un écart inacceptable de vingt ans dans l’espérance de vie, représentait un énorme obstacle dans les efforts pour relever les grands défis sanitaires. “C’est pourquoi il est vital que nous unissions nos forces dans le cadre de partenariats et en étroite coopération avec les communautés”, a-t-il commenté.

L’ONUSIDA estime que, en 2006, 2 440 000 personnes vivaient avec le VIH/sida en Europe et en Asie centrale. L’année précédente, on a recensé 445 000 nouveaux cas de tuberculose et 66 000 décès rien qu’en Europe.

De nouvelles menaces, y compris la grippe aviaire et dix-neuf autres pathogénies identifiées au cours des deux dernières décennies, réclament d’après l’OMS une action énergique et des mesures spéciales. “Quand nous serons confrontés à une pandémie de grippe aviaire, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge auront un rôle crucial à jouer”, a affirmé le docteur Magnusson.

De fait, les Sociétés nationales, qui possèdent une longue expérience des programmes de santé, représentent une force précieuse pour mobiliser le public vis-à-vis des menaces sanitaires, promouvoir des modes de vie sains, prévenir les maladies et assurer des services vitaux de premiers secours en cas d’accident et dans les situations d’urgence. Leurs volontaires, étroitement implantés au sein des communautés locales, sont mieux placés que quiconque pour mettre en oeuvre des campagnes de sensibilisation et d’information sanitaires.

“Les défis auxquels sont confrontées les sociétés humaines ne peuvent pas être relevés par les seuls gouvernements, pas plus que par nous-mêmes en tant que Mouvement ou que composantes de la société civile”, a souligné Mohammed al-Hadid. “Ils réclament l’union de toutes les forces et une action coordonnée, si nous voulons obtenir des résultats durables.” Les Sociétés nationales, là encore, sont bien placées pour favoriser le développement des partenariats, faire progresser la prise de conscience et stimuler l’action.

Juan Manuel Suárez del Toro a engagé les délégués à se mobiliser afin de promouvoir des modes de vie sains parmi les jeunes, à les persuader de dire non à la drogue et à la violence, et à leur transmettre de bonnes habitudes alimentaires. “Nous devons faire tout notre possible pour garantir la sécurité routière à tous les usagers et pour faire chuter la mortalité liée aux accidents de la circulation qui constituent une des pires catastrophes de notre époque, avec des coûts économiques et sociaux incalculables”, a-t-il ajouté.

Plus de 300 délégués appartenant à plus de cinquante Sociétés européennes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont réunis jusqu’au 24 mai à Istanbul. Ils ont pour tâche de formuler des plans en vue d’aider et de protéger les migrants, d’améliorer l’accès aux soins de santé pour les groupes vulnérables et marginalisés, et d’optimiser les ressources et les compétences des communautés locales dans la mise en oeuvre des programmes de secours en cas de catastrophe et de réduction des risques.
Des dizaines d’étudiants d’Istanbul volontaires au Croissant-Rouge turc ont aidé à organiser cette conférence internationale. Le jour de l’ouverture, ils étaient présents pour souhaiter la bienvenue aux délégués. (p15742)
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Tekin Küçükali, président du Croissant-Rouge turc. (p15741)
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Gudjon Magnusson, directeur des programmes de santé au bureau européen de l’OMS. (p15744)
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