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Tuberculose : des approches nouvelles pour combattre une vieille maladie
22 mai 2007
Margarita Plotnikova à Istanbul
Rassemblés à Istanbul à l’occasion d’une conférence régionale, les représentants d’une cinquantaine de Sociétés européennes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont entendu un vibrant plaidoyer en faveur d’une communication resserrée entre le personnel de santé et les malades de la tuberculose, de manière à garantir l’application pleine et entière des traitements médicaux. Dans son allocution, Paul Thorn, 37 ans, a appelé à une collaboration plus étroite avec les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, acteurs essentiels de la lutte contre la tuberculose au niveau communautaire.

L’orateur a également cité des extraits d’un guide traitant de la vie en sanatorium, ouvrage qui couvre l’éventail des mesures et activités propices à la guérison des tuberculeux, de la ventilation des chambres à la propreté des sols, en passant par les sorties en plein air et les parties d’échecs et de dominos. “Tout est dit”, a observé Paul, “sauf la façon de faire évoluer le comportement du personnel soignant afin qu’il ne dise plus: ‘Prenez vos comprimés et faites ce qu’on vous dit’, mais ‘Voyons ce que nous pouvons faire ensemble pour combattre la maladie’.”

Paul est coordinateur du Tuberculosis Survival Project qu’il a contribué à lancer en mars 2006 à l’occasion de la Journée mondiale de la tuberculose. Cette initiative a pour but de diffuser des informations sur la maladie et sur ses souches multirésistantes aux médicaments (tuberculose-MR), d’offrir un soutien personnalisé aux patients et d’encourager les personnes qui ont été guéries à aider les malades en traitement.

A 19 ans, Paul a été diagnostiqué séropositif au VIH et, trois ans plus tard, il a contracté une forme de tuberculose-MR. S’il ne parle guère de sa maladie, il n’a pas oublié pour autant les sombres mois passés dans un hôpital spécialisé de Londres. C’est pourquoi il s’efforce aujourd’hui d’épargner aux autres les souffrances liées à l’angoisse et à la solitude.

“La nouvelle de ma séropositivité au VIH m’avait frappé comme une sentence de mort”, se souvient-il. “Mais jamais je ne me suis senti aussi seul que dans ce service de tuberculeux où, pendant trois longs mois, je n’ai vu aucun sourire parce que les visages des gens étaient couverts par des masques de protection et où ma communication avec les soignants se limitait à quelques phrases impersonnelles par jour.”

Depuis maintenant quinze ans, Paul Thorn se bat pour freiner la propagation du VIH et de la tuberculose. Il sait combien les tuberculeux ont encore de mal à se faire entendre. “Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les plus pauvres et les marginaux qui se retrouvent confinés dans des chambres d’hôpital à cause de la tuberculose, mais aussi des intellectuels, des détenteurs du savoir et de la parole.” Il pense que ces derniers pourraient apporter une contribution précieuse à la lutte contre la maladie.

La science médicale moderne sait guérir la tuberculose, mais c’est un processus très long et pénible dont le succès réclame un engagement sans faille. “C’est une vieille, vieille maladie et, pourtant, elle continue de faire des ravages au 21e siècle”, note Paul.

L’application pleine et entière du traitement est cruciale non seulement pour la guérison du malade, mais aussi pour empêcher le développement de souches multirésistantes beaucoup plus difficiles et beaucoup plus coûteuses à soigner.

Certains pays d’Europe centrale et orientale affichent des taux de tuberculose-MR trois fois supérieurs à ceux observés ailleurs dans le monde. En 2005, on a recensé 445 000 nouveaux cas de tuberculose et 66 000 décès consécutifs à la maladie en Europe. Sur les nouvelles contaminations, on estime que 14 000 ont touché des adultes séropositifs au VIH, particulièrement vulnérables à la maladie en raison de l’affaiblissement de leurs défenses immunitaires.

Paul Thorn a écrit deux ouvrages, un livre intitulé Positive careers et un manuel destiné à aider les malades de la tuberculose à surmonter les difficultés rencontrées durant le traitement. Son engagement au sein du Partenariat Halte à la tuberculose en Europe*, en qualité de membre du comité exécutif, devrait faciliter la diffusion de ses idées pour aider les personnes vivant avec la tuberculose et le VIH. Paul aspire à rétablir une communication sincère et étroite entre le personnel de santé et les patients. Il part du principe que les problèmes sociaux ne peuvent être considérés comme relevant de la sphère personnelle dès lors qu’ils affectent des communautés toutes entières.

Les programmes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge fondés sur la participation de la communauté ont à maintes reprises fait la preuve de leur efficacité pour combattre la tuberculose, en promouvant l’accès aux soins pour les groupes marginalisés et vulnérables et en favorisant l’application pleine et entière des traitements grâce à une approche personnalisée des patients qui s’accompagne, notamment, d’aides matérielles et d’un soutien psychologique. Mais c’est encore insuffisant pour Paul, qui plaide pour le partenariat et l’intégration.

“Je suis ici aujourd’hui pour encourager les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à coopérer plus étroitement avec nous. Je ne réclame pas d’argent. Je vous demande de nous ouvrir vos portes, de nous aider à nous rencontrer les uns les autres et à parler d’une seule et même voix au sein de la communauté. Aidez-nous en travaillant avec nous, pas seulement pour nous”, a-t-il conclu.

* En octobre 2006, la Fédération internationale a fondé une nouvelle alliance afin de répondre plus efficacement à l’épidémie de tuberculose dans la région européenne. Le Partenariat Halte à la tuberculose en Europe, qui regroupe l’OMS et une trentaine d’agences et d’ONG, plaide pour des mesures plus énergiques contre cette menace. Selon le dernier rapport annuel de l’OMS sur la lutte contre la tuberculose, l’Europe souffre du plus faible taux de dépistage des cas de tuberculose infectieuse et du taux le plus élevé d’échec des traitements.
Paul Thorn, 37 ans, est coordinateur du Tuberculosis Survival Project qu’il a contribué à lancer en mars 2006 à l’occasion de la Journée mondiale de la tuberculose. Dans son allocution, il a appelé à une collaboration plus étroite avec les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, acteurs essentiels de la lutte contre la tuberculose au niveau communautaire. (p15762)
Paul Thorn, 37 ans, est coordinateur du Tuberculosis Survival Project qu’il a contribué à lancer en mars 2006 à l’occasion de la Journée mondiale de la tuberculose. Dans son allocution, il a appelé à une collaboration plus étroite avec les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, acteurs essentiels de la lutte contre la tuberculose au niveau communautaire. (p15762)
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