Linda
Vista s’étire sur une petite colline à douze
kilomètres de San José, la capitale du Costa Rica.
Ses 7500 habitants jouissent, comme le nom de leur village –
“Bellevue” – le suggère, d’un
superbe panorama. Cependant, ils vivent sous la menace permanente
de catastrophes naturelles et dans une dangereuse proximité
de la décharge de la ville. Non loin de la bourgade se
trouve aussi un établissement réservé aux
lépreux.
Bien que toute nouvelle construction ait été interdite
suite au classement de Linda Vista en zone à haut risque,
la pression démographique est telle que les habitations
continuent de fleurir sur des pentes instables de terre argileuse
fortement exposées aux coulées de boue.
“En plus des tremblements de terre, des coulées
de boue et des inondations, la communauté souffre de
problèmes liés à l’abus de drogue
et d’alcool, à la criminalité, à
la pollution et aux incendies”, explique José Bonilla,
coordinateur du centre de référence de la Croix-Rouge
costaricienne pour la préparation aux catastrophes.
Mais la communauté s’emploie désormais à
améliorer sa propre sécurité. Pendant plus
d’un an, la Croix-Rouge a travaillé à Linda
Vista afin d’identifier les risques et de faire évoluer
les comportements. En appliquant la méthode baptisée
Evaluation de la vulnérabilité et des capacités,
on s’est attaché à recenser les menaces
et les moyens à disposition pour prévenir les
catastrophes et pour s’en relever.
La Fédération internationale a introduit cette
méthode dans son programme de prévention communautaire
en 1995. Le but en est de promouvoir la mobilisation des communautés
locales et d’autres organismes tels que la police, les
écoles, les associations de développement et les
pouvoirs publics afin de réduire la vulnérabilité,
de renforcer les capacités de réaction aux situations
d’urgence et, le cas échéant, d’accélérer
le relèvement après une catastrophe.
“Nous nous sommes rendu compte qu’on pouvait
faire beaucoup plus”
Infirmière, Laura Mora Marin travaille depuis six ans
à Linda Vista. Fonctionnaire du ministère de la
Santé détachée auprès du centre
de santé communautaire, elle est consciente de la nécessité
d’unir les forces.
“A mesure que nous visitions les foyers de l’agglomération,
nous nous sommes rendu compte qu’on pouvait faire beaucoup
plus que ce que nous accomplissions au centre de santé”,
déclare-t-elle. “Nous avons approfondi notre connaissance
de la communauté, de ses zones à haut risque et
des personnes les mieux placées pour faire évoluer
les points de vue et les attitudes au profit de tous.”
L’une de ces personnes est Jean Marie Brizuela, membre
du comité d’urgence local et personnalité
respectée de la petite communauté. “La Croix-Rouge
nous a encouragé à unir nos forces et, à
présent, nous communiquons beaucoup mieux”, explique-t-elle.
“Nous avons appris à vivre avec les risques et
à nous préparer à les affronter.
Aujourd’hui, par exemple, nous savons comment mettre en
sûreté les personnes âgées en cas
de danger et nous sommes capables d’identifier les lieux
les plus appropriés pour cela.”
Les élèves de l’école locale jouent
régulièrement à ‘Riskland’.
Développé dans le cadre de la Stratégie
internationale pour la prévention des catastrophes, Riskland
n’est pas un jeu de société comme un autre:
il peut contribuer, un jour ou l’autre, à sauver
des vies.
“Les enfants doivent identifier les points faibles de
leur communauté et les menaces qui pèsent sur
elle, et les convertir en forces”, explique Helen Quiroz,
institutrice. “Ils échangent leurs expériences
respectives et mettent à profit ce qu’ils ont appris
pour cartographier les risques.”
Prochaine étape
Les risques ont maintenant été identifiés.
La prochaine étape consiste à les limiter. Dans
cette perspective, la Croix-Rouge travaillera avec les autorités
locales en vue de soumettre des projets à la communauté.
A son tour, celle-ci élaborera des micro-projets et recherchera
des sources de financement.
“La participation est cruciale”, souligne José
Bonilla. “Tout en contribuant à améliorer
la sécurité de la communauté, nous encourageons
tous ses membres à s’engager activement dans le
processus et à prendre les choses en main.”
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Linda
Vista s’étire sur une petite colline à
douze kilomètres de San José, la capitale
du Costa Rica. Ses 7500 habitants jouissent, comme le
nom de leur village – “Bellevue” –
le suggère, d’un superbe panorama. Cependant,
ils vivent sous la menace permanente de catastrophes naturelles
et dans une dangereuse proximité de la décharge
de la ville. (p15815)
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Les
risques ont maintenant été identifiés.
La prochaine étape consiste à les limiter.
Dans cette perspective, la Croix-Rouge travaillera avec
les autorités locales en vue de soumettre des projets
à la communauté. A son tour, celle-ci élaborera
des micro-projets et recherchera des sources de financement.
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