En
dépit des combats qui continuent de faire rage, les volontaires
et les employés de la Croix-Rouge libanaise et du Croissant-Rouge
palestinien poursuivent les évacuations de blessés
et de civils vulnérables hors du camp de réfugiés
palestiniens de Nahr el-Bared, près de Tripoli, au nord
du Liban. Cela fait maintenant près d’un mois que
de violents affrontements opposent les miliciens du Fatah al
Islam retranchés dans le camp aux troupes libanaises.
Le Croissant-Rouge palestinien est actif à l’intérieur
du camp, évacuant les blessés et les malades et
distribuant aux civils des médicaments, de la nourriture
et autres secours fournis par le Comité international
de la Croix-Rouge. A l’extérieur de l’enceinte,
les personnes évacuées sont prises en charge par
les équipes médicales d’urgence de la Croix-Rouge
libanaise qui les transfèrent dans les hôpitaux
ou dans des lieux plus sûrs, notamment au camp de réfugiés
de Beddawi. Certaines poursuivent leur route vers d’autres
camps palestiniens à Saïda, à Tyr et dans
la région de la Bekaa.
“Exposées de longs jours durant à des bombardements
intensifs dans des abris très précaires et à
la privation de nourriture et d’eau, les personnes qui
sortent du camp sont dans un état de profond épuisement”,
note Anne-Katherine Moore Karlsen, chef de la délégation
de la Fédération internationale à Beyrouth.
“Les évacuations sont très risquées
et prennent beaucoup de temps en raison des conditions de sécurité
très instables. Nous n’avons aucun moyen de savoir
quel est le nombre des blessés et des morts encore dans
le camp.”
Les équipes du Service médical d’urgence
de la Croix-Rouge libanaise sont en état d’alerte
maximale. La Société nationale a installé
à proximité des principaux accès au camp
six postes de premiers secours tenus par 52 secouristes et où
stationne une douzaine d’ambulances. Quinze ambulances
supplémentaires et 90 autres secouristes sont mobilisés
dans les postes permanents du District Nord, prêts à
intervenir immédiatement en cas de nécessité.
Entre le 11 et le 14 juin, les équipes du Service médical
ont évacué 243 civils, 6 blessés et 4 patients
réclamant des soins d’urgence. De leur côté,
les ambulances du Croissant-Rouge palestinien ont évacué
deux corps.
Depuis le 20 mai, la Croix-Rouge libanaise signale avoir transporté
plus de 335 blessés (civils et soldats libanais) et 51
corps, évacué près de 1000 civils depuis
les sorties du camp et amené 184 patients aux services
d’urgence des hôpitaux. Toutes ces activités
ont été conduites en étroite collaboration
avec le Croissant-Rouge palestinien et le Comité international
de la Croix-Rouge.
“Nous avons été bouleversés par la
perte de deux membres de nos services médicaux, l’un
et l’autre volontaires au centre de premiers secours de
Halba. Il s’agit de Boulos Meemary, 25 ans, et de Haitham
Sleiman, 26 ans, tués le 11 juin par des tirs d’artillerie
à proximité du camp de Nahr el-Bared”, rapporte
George Kettaneh, directeur national du Service médical
d’urgence.
“Nous pleurons ces deux jeunes hommes fauchés dans
l’accomplissement de leur mission humanitaire, mais continuerons
néanmoins à nous acquitter de nos tâches
afin de sauver un maximum de vies, avec le précieux concours
de nos collègues du Croissant-Rouge palestinien.”
Dans sa lettre de condoléances au président de
la Croix-Rouge libanaise, Sami Al-Dahdah, le secrétaire
général de la Fédération internationale
Markku Niskala notait :
“L’été dernier, nous avions été
témoins, comme le monde entier, du courage et du dévouement
exceptionnels des auxiliaires médicaux de la Croix-Rouge
libanaise engagés dans les opérations d’évacuation
des civils pris dans la tourmente de la guerre. Ils avaient
déjà payé un lourd tribut avec la mort
en août d’un volontaire, Mikhael Jbayleh, et de
nombreux blessés dans leurs rangs. Nous voulons rendre
ici hommage à tous les volontaires de la Croix-Rouge
libanaise qui opèrent dans des conditions extrêmement
dangereuses pour aider les blessés et évacuer
les personnes vulnérables. Nos pensées sont avec
vous en cette période de cruelles épreuves.”
Dans une déclaration conjointe publiée le jour
du décès des deux volontaires, la Croix-Rouge
libanaise, le Croissant-Rouge palestinien, le CICR et la Fédération
internationale ont lancé un appel à toutes les
parties au conflit afin qu’elles épargnent les
civils qui ne sont pas directement engagés dans les hostilités,
qu’elles facilitent l’action des personnels médicaux
et humanitaires et qu’elles leur garantissent le libre
accès aux blessés.
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Un
volontaire de la Croix-Rouge libanaise évacue un
blessé hors du camp de réfugiés palestiniens
de Nahr el-Bared, près de Tripoli, au nord du Liban.
(REUTERS/Jerry Lampen/courtesy www.alertnet.org)
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Boulos
Meemary, célibataire, était âgé
de 25 ans. Il dirigeait le centre de premiers secours
de la Croix-Rouge libanaise à Halba. Il s’était
enrôlé comme volontaire en 2000. (p15836)
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Haitham
Sleiman, célibataire, avait 26 ans. Engagé
en 2003 comme volontaire à la Croix-Rouge libanaise,
il travaillait lui aussi au centre de Halba. (p15835)
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