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Les Philippins se préparent à affronter une nouvelle saison d’ouragans
20 juin 2007
Hope Weiner et Joe Lowry, Fédération internationale
Des millions des plus pauvres parmi les habitants de l’Asie du Sud et de l’Asie du Sud-Est sont menacés de perdre les rares biens en leur possession durant la prochaine saison des typhons et de la mousson. Des centaines de personnes ont déjà péri au Bangladesh et dans le nord de l’Inde, mais c’est aux Philippines que les perspectives sont les plus alarmantes.

L’année dernière, une succession sans précédent de cinq super-typhons avait balayé l’archipel en autant de mois, faisant plus de 2000 morts ou disparus. Ce bilan s’était alourdi de 1100 décès supplémentaires quand des villages entiers de la province de Leyte avaient été ensevelis par des glissements de terrain déclenchés par les pluies de mousson. Les dommages avaient été estimés à 1,3 milliard de dollars des Etats-Unis. Les prévisions pour 2007 sont pires encore et le risque d’éruptions volcaniques ajoute aux craintes des habitants.

Roger Bracke, chef de la délégation de la Fédération internationale à Manille, attire une fois de plus l’attention sur le fait qu’on pourrait épargner des millions de vies humaines – et des milliards de dollars – en investissant davantage dans la réduction des risques.

“Les typhons font partie intégrante de l’existence des Philippins, mais il n’y a pas de fatalité pour que ces phénomènes naturels se transforment en tragédies humaines. Nous avons le pouvoir de l’empêcher en faisant en sorte que les gens ne soient pas dans l’obligation de s’établir sur des pentes exposées ou le long des cours d’eau parce qu’ils ont été chassés de leurs terres par des problèmes économiques ou environnementaux”, souligne-t-il.

“Il faut que les autorités fassent preuve de volonté politique et d’imagination en vue de mettre en oeuvre des mesures qui faciliteront l’accès de toutes les familles à des terrains sûrs. Cela permettrait de sauver plus de vies et d’éviter plus de souffrances qu’aucune opération d’urgence ne pourra jamais le faire”, ajoute-t-il.

Selon la Fédération philippine des sans-abri, un tiers à une moitié de la population urbaine du pays vit dans des bidonvilles et autres habitats non planifiés en raison du manque de terres ou de logements abordables pour les pauvres. Ces agglomérations se composent d’abris de fortune surpeuplés, le plus souvent bâtis au moyen de bois de récupération et de tôles ondulées et très mal aérés. Les installations sanitaires font cruellement défaut et près de 35 pour 100 des habitants de l’archipel n’ont pas accès à l’eau potable.

Les habitants des bidonvilles n’ayant d’autre choix que de cuisiner sur des feux ouverts, ces zones périurbaines menacent à chaque instant de partir en fumée. Animaux domestiques et humains y vivent dans une totale promiscuité, d’où un terrain extrêmement propice aux maladies. Enfin, quand des intempéries se produisent, les logements sont rapidement inondés, ce qui expose leurs occupants à toute la gamme des infections véhiculées par l’eau.

Les spécialistes affirment que les dommages pourraient être fortement réduits par l’application dans toutes les régions exposées aux typhons de méthodes simples et peu coûteuses de construction et de renforcement des structures existantes. Ainsi, les angles des maisons pourraient être consolidés au moyen d’entretoises et un meilleur arrimage des toitures éviterait que celles-ci ne soient arrachées par les premières rafales de vent.

Estrelia et Edgar Baligtar auraient certainement bénéficié de telles mesures. A présent, au lieu de jouir d’une paisible retraite dans leur exploitation de fruits à Leyte, ils partagent une classe d’école avec leurs enfants et leurs petits-enfants, la maison familiale ayant été anéantie par des nuées de cendres et des flots de boue.

“Nous devrons bientôt quitter cet abri temporaire”, explique Edgar. “Nous nous trouvons dans la zone à risque de sept kilomètres exposée aux inondations et aux éruptions volcaniques. Le gouvernement nous a offert un emplacement pour reconstruire, mais nous ne sommes pas très chauds pour nous installer là-bas, car il n’y a pas de source d’eau adéquate pour cultiver les fruits et les légumes.

La Croix-Rouge philippine et le gouvernement s’efforcent de convaincre ces familles sinistrées de se réinstaller ailleurs, mais les choses sont loin d’être simples. Les propos de Lily Meija, une femme d’une quarantaine d’années qui partage une humble cabane avec sa mère, font écho à ceux des Baligtar.

Lily gagne un peu d’argent grâce au tissage, mais les fruits qu’elle cultive autour de la maison constituent l’essentiel du régime quotidien des deux femmes. Par conséquent, une réinstallation ailleurs les priverait d’une précieuse ressource.

En 2006, Lily et sa mère ont dû se réfugier à plusieurs reprises dans des abris d’urgence à cause d’inondations éclairs et de menaces d’éruptions volcaniques. Lily est parfaitement informée des dramatiques pertes humaines enregistrées en novembre, mais, pour elle, il n’y a guère d’alternative: si les deux femmes consentaient à se réinstaller ailleurs, elles n’auraient pas de quoi survivre.

Quelque 12 000 familles bâtissent en ce moment des logements de transition avec des matériaux fournis par la Croix-Rouge philippine, la Fédération internationale et le service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO). De gros efforts sont déployés pour faire en sorte que les familles participant au projet de la Croix-Rouge habitent des zones sûres, mais, au moment où s’amorce la nouvelle saison des pluies, l’inquiétude reste vive pour les centaines de milliers de familles qui vivent près de l’océan ou dans des régions exposées aux glissements de terrain et aux inondations.

“Nous appliquons des méthodes de construction propres à limiter les risques dans tous les abris de transition bâtis avec notre appui”, déclare Roger Bracke. “Ces mesures sont vraiment faciles à mettre en oeuvre et très peu onéreuses, mais elles doivent impérativement être communiquées à toutes les familles vivant dans des zones exposées.”
Des millions des plus pauvres parmi les habitants de l’Asie du Sud et de l’Asie du Sud-Est sont menacés de perdre les rares biens en leur possession durant la prochaine saison des typhons et de la mousson. Des centaines de personnes ont déjà péri au Bangladesh et dans le nord de l’Inde, mais c’est aux Philippines que les perspectives sont les plus alarmantes. (p15841)
Des millions des plus pauvres parmi les habitants de l’Asie du Sud et de l’Asie du Sud-Est sont menacés de perdre les rares biens en leur possession durant la prochaine saison des typhons et de la mousson. Des centaines de personnes ont déjà péri au Bangladesh et dans le nord de l’Inde, mais c’est aux Philippines que les perspectives sont les plus alarmantes. (p15841)
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Les installations sanitaires font cruellement défaut et près de 35 pour 100 des habitants de l’archipel n’ont pas accès à l’eau potable. (p15842)
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Quelque 12 000 familles bâtissent en ce moment des logements de transition avec des matériaux fournis par la Croix-Rouge philippine, la Fédération internationale et le service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO). (p15844)
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