Les
sinistrés du district de Kech, dans la province pakistanaise
du Béloutchistan, s’enrobent de boue pour tenter
de conserver un peu de fraîcheur. Depuis le passage du
cyclone Yemyin, le 26 juin, une atmosphère étouffante
saturée d’humidité, le manque d’eau
potable et l’absence de courant électrique ont
transformé en un véritable cauchemar l’existence
de dizaines de milliers d’habitants de cette région
de l’ouest du pays. A mesure que les eaux se retirent,
l’air est envahi par la puanteur de carcasses d’animaux
en décomposition, seuls restes des troupeaux qui assuraient
la subsistance de la population locale.
Mubashir Fida, chargé d’information de la Fédération
internationale, s’est rendu à Turbat le 28 juin.
Il a découvert une situation épouvantable qui
risque bien de s’aggraver encore dans les jours à
venir, de nouvelles perturbations météorologiques
étant attendues.
“Dans la ville de Turbat, l’alimentation électrique
est sporadique et, dans les villages environnants, les habitants
sont totalement privés de courant depuis six jours”,
rapporte-t-il. “L’eau potable est rare et les sinistrés
n’ont que la maigre ombre des arbres pour se protéger
des ardeurs du soleil. Certains s’enduisent le corps de
boue pour maintenir un semblant de fraîcheur.”
Malgré les difficultés de toutes sortes, l’assistance
commence à arriver. L’équipe de la Fédération
internationale et du Croissant-Rouge du Pakistan à Turbat
a remis en état quatre pompes et citernes à eau
qui approvisionnent à présent quelque 800 familles.
Fida souligne que la touchante gratitude manifestée par
les habitants du village de Zargept témoigne des terribles
épreuves qu’ils ont traversées.
“Les enfants ont dansé et crié de joie quand
l’eau a commencé à couler”, raconte-t-il.
“Tout au long de ces derniers jours, les communautés
que nous avons visitées suppliaient littéralement
qu’on leur apporte de l’eau.”
La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge intensifient leur
action
La Fédération internationale et le Croissant-Rouge
du Pakistan ont entrepris de renforcer leur assistance, à
mesure que se révélait l’ampleur dramatique
des ravages causés par les inondations au Béloutchistan.
La Fédération internationale estime le nombre
des personnes affectées à au moins 800 000, dont
quelque 250 000 sans-abri. Afin de permettre une réponse
immédiate aux besoins les plus pressants, elle a débloqué
250 000 francs suisses (USD 206 000 / EUR 152 000) de son Fonds
d’urgence pour les secours en cas de catastrophe.
L’aide initiale comprendra 7500 colis alimentaires (6000
pour le Béloutchistan et 1500 pour la province du Sindh)
et 2,1 tonnes de fournitures médicales de base. Chaque
ration alimentaire couvrira les besoins d’une famille
pendant une semaine.
Le Croissant-Rouge du Pakistan a détaché une équipe
médicale de six membres à Turbat pour épauler
le personnel de secours déjà déployé
sur place par la Fédération internationale et
la Société nationale.
L’assistance continuera d’être élargie
à mesure que les évaluations se préciseront.
D’ores et déjà, il est patent que les besoins
sont énormes en matière d’abris, de nourriture
et d’eau.
Des villages très vulnérables
Le tableau qui se dessine à Turbat et dans les environs
de Kech montre que les communautés locales étaient
extrêmement vulnérables et que les habitations
n’avaient pratiquement aucune chance de résister
aux inondations. Dans ces régions arides, les murs sont
traditionnellement en pisé et les toits en chaume, et
les maisons souvent bâties le long de cours d’eau,
voire dans les lits de rivières à sec.
Plusieurs villages, comme celui de Koshkalat où vivaient
200 familles, ont été purement et simplement anéantis.
Sabir Ali, 25 ans, n’est pas près d’oublier
cette terrible nuit du 26 juin, quand les vingt-cinq membres
de sa famille élargie ont perdu en quelques instants
leur foyer.
“Cette nuit a été un véritable cauchemar
pour nous”, raconte-t-il. “Nous dormions quand l’eau
a commencé à envahir notre maison. Nous nous sommes
précipités dehors sans même prendre le temps
d’enfiler nos chaussures et avons couru vers les hauteurs.
Nous sommes restés jusqu’au matin à l’extérieur.
C’était horrible, nous pensions que c’était
la fin pour nous tous.”
L’expérience a été tout aussi traumatisante
pour les six membres de la famille de Muhammad Afzal.
“Nous dormions quand l’eau a fait irruption dans
notre maison. Ma fille a été prise dans l’effondrement
d’un mur et a eu l’épaule démise.
Des voisins sont venus à notre secours, mais c’était
affreux, terrifiant”, témoigne-t-il.
Muhammad et les siens ont été accueillis au sein
d’une communauté voisine qui dispose à présent
d’une pompe et d’une citerne à eau. Ce village
va également bénéficier d’une assistance
médicale de la Fédération internationale
et du Croissant-Rouge du Pakistan.
Les deux institutions coordonnent leur action avec le gouvernement
pakistanais et avec diverses organisations parmi lesquelles
des agences des Nations unies et des ONG, afin de fournir le
plus rapidement possible l’aide nécessaire aux
milliers de victimes de cette catastrophe.
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Selon
le gouvernement pakistanais, le cyclone Yemyin et les
inondations qu’il a provoquées ont fait quelque
250 000 sans-abri au Béloutchistan. Ces maisons
de Koshkalat ont été dévastées
quand des torrents d’eau atteignant 2,50 mètres
de hauteur ont balayé le village dans la nuit du
26 juin. (p15863)
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Asar
ul Haq, responsable de la gestion des catastrophes à
la Fédération internationale, s’entretient
avec des habitants du village de Danok, à la périphérie
de Turbat. Les trois quarts des maisons de cette communauté
ont été détruites ou gravement endommagées.
La Fédération internationale et le Croissant-Rouge
du Pakistan procèdent à des évaluations
rapides de la situation à Kech et dans ses alentours.
(p15865)
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Les
murs en pisé n’avaient aucune chance de résister
à un tel assaut et les 200 familles qui composent
la communauté sont aujourd’hui privées
de toit. Le Croissant-Rouge du Pakistan a expédié
1000 tentes, 500 jerricans, 2000 couvertures et 1000 bâches
goudronnées à Turbat, et d’autres
secours seront acheminés dans les jours à
venir. (p15866)
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