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Cauchemar pour les communautés pakistanaises inondées
2 juillet 2007
John Tulloch, coordinateur de la communication pour la Fédération internationale
Les sinistrés du district de Kech, dans la province pakistanaise du Béloutchistan, s’enrobent de boue pour tenter de conserver un peu de fraîcheur. Depuis le passage du cyclone Yemyin, le 26 juin, une atmosphère étouffante saturée d’humidité, le manque d’eau potable et l’absence de courant électrique ont transformé en un véritable cauchemar l’existence de dizaines de milliers d’habitants de cette région de l’ouest du pays. A mesure que les eaux se retirent, l’air est envahi par la puanteur de carcasses d’animaux en décomposition, seuls restes des troupeaux qui assuraient la subsistance de la population locale.

Mubashir Fida, chargé d’information de la Fédération internationale, s’est rendu à Turbat le 28 juin. Il a découvert une situation épouvantable qui risque bien de s’aggraver encore dans les jours à venir, de nouvelles perturbations météorologiques étant attendues.

“Dans la ville de Turbat, l’alimentation électrique est sporadique et, dans les villages environnants, les habitants sont totalement privés de courant depuis six jours”, rapporte-t-il. “L’eau potable est rare et les sinistrés n’ont que la maigre ombre des arbres pour se protéger des ardeurs du soleil. Certains s’enduisent le corps de boue pour maintenir un semblant de fraîcheur.”

Malgré les difficultés de toutes sortes, l’assistance commence à arriver. L’équipe de la Fédération internationale et du Croissant-Rouge du Pakistan à Turbat a remis en état quatre pompes et citernes à eau qui approvisionnent à présent quelque 800 familles. Fida souligne que la touchante gratitude manifestée par les habitants du village de Zargept témoigne des terribles épreuves qu’ils ont traversées.

“Les enfants ont dansé et crié de joie quand l’eau a commencé à couler”, raconte-t-il. “Tout au long de ces derniers jours, les communautés que nous avons visitées suppliaient littéralement qu’on leur apporte de l’eau.”

La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge intensifient leur action

La Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan ont entrepris de renforcer leur assistance, à mesure que se révélait l’ampleur dramatique des ravages causés par les inondations au Béloutchistan. La Fédération internationale estime le nombre des personnes affectées à au moins 800 000, dont quelque 250 000 sans-abri. Afin de permettre une réponse immédiate aux besoins les plus pressants, elle a débloqué 250 000 francs suisses (USD 206 000 / EUR 152 000) de son Fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe.

L’aide initiale comprendra 7500 colis alimentaires (6000 pour le Béloutchistan et 1500 pour la province du Sindh) et 2,1 tonnes de fournitures médicales de base. Chaque ration alimentaire couvrira les besoins d’une famille pendant une semaine.

Le Croissant-Rouge du Pakistan a détaché une équipe médicale de six membres à Turbat pour épauler le personnel de secours déjà déployé sur place par la Fédération internationale et la Société nationale.

L’assistance continuera d’être élargie à mesure que les évaluations se préciseront. D’ores et déjà, il est patent que les besoins sont énormes en matière d’abris, de nourriture et d’eau.

Des villages très vulnérables

Le tableau qui se dessine à Turbat et dans les environs de Kech montre que les communautés locales étaient extrêmement vulnérables et que les habitations n’avaient pratiquement aucune chance de résister aux inondations. Dans ces régions arides, les murs sont traditionnellement en pisé et les toits en chaume, et les maisons souvent bâties le long de cours d’eau, voire dans les lits de rivières à sec.

Plusieurs villages, comme celui de Koshkalat où vivaient 200 familles, ont été purement et simplement anéantis. Sabir Ali, 25 ans, n’est pas près d’oublier cette terrible nuit du 26 juin, quand les vingt-cinq membres de sa famille élargie ont perdu en quelques instants leur foyer.

“Cette nuit a été un véritable cauchemar pour nous”, raconte-t-il. “Nous dormions quand l’eau a commencé à envahir notre maison. Nous nous sommes précipités dehors sans même prendre le temps d’enfiler nos chaussures et avons couru vers les hauteurs. Nous sommes restés jusqu’au matin à l’extérieur. C’était horrible, nous pensions que c’était la fin pour nous tous.”

L’expérience a été tout aussi traumatisante pour les six membres de la famille de Muhammad Afzal.

“Nous dormions quand l’eau a fait irruption dans notre maison. Ma fille a été prise dans l’effondrement d’un mur et a eu l’épaule démise. Des voisins sont venus à notre secours, mais c’était affreux, terrifiant”, témoigne-t-il.

Muhammad et les siens ont été accueillis au sein d’une communauté voisine qui dispose à présent d’une pompe et d’une citerne à eau. Ce village va également bénéficier d’une assistance médicale de la Fédération internationale et du Croissant-Rouge du Pakistan.

Les deux institutions coordonnent leur action avec le gouvernement pakistanais et avec diverses organisations parmi lesquelles des agences des Nations unies et des ONG, afin de fournir le plus rapidement possible l’aide nécessaire aux milliers de victimes de cette catastrophe.
Selon le gouvernement pakistanais, le cyclone Yemyin et les inondations qu’il a provoquées ont fait quelque 250 000 sans-abri au Béloutchistan. Ces maisons de Koshkalat ont été dévastées quand des torrents d’eau atteignant 2,50 mètres de hauteur ont balayé le village dans la nuit du 26 juin. (p15863)
Selon le gouvernement pakistanais, le cyclone Yemyin et les inondations qu’il a provoquées ont fait quelque 250 000 sans-abri au Béloutchistan. Ces maisons de Koshkalat ont été dévastées quand des torrents d’eau atteignant 2,50 mètres de hauteur ont balayé le village dans la nuit du 26 juin. (p15863)
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Asar ul Haq, responsable de la gestion des catastrophes à la Fédération internationale, s’entretient avec des habitants du village de Danok, à la périphérie de Turbat. Les trois quarts des maisons de cette communauté ont été détruites ou gravement endommagées. La Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan procèdent à des évaluations rapides de la situation à Kech et dans ses alentours. (p15865)
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Les murs en pisé n’avaient aucune chance de résister à un tel assaut et les 200 familles qui composent la communauté sont aujourd’hui privées de toit. Le Croissant-Rouge du Pakistan a expédié 1000 tentes, 500 jerricans, 2000 couvertures et 1000 bâches goudronnées à Turbat, et d’autres secours seront acheminés dans les jours à venir. (p15866)
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