Depuis
la mi-juin, plus de 100 millions de Chinois ont été
affectés par des inondations qui figurent parmi les pires
des cinquante dernières années. Le bilan officiel
fait état de 425 morts et 110 disparus, et on estime
que 3,6 millions de personnes ont dû abandonner leurs
foyers.
“J’ai tout perdu”, déclare Pei-tian
Peng, un cultivateur de 57 ans vivant dans la province d’Anhui.
“Cette année sera extrêmement dure pour nous”,
poursuit-il, assis sur une levée de terre bordant les
champs inondés près du village de Hou He. Environné
de tentes où logent provisoirement les sinistrés,
il observe les eaux qui recouvrent la parcelle d’un demi-hectare
qui représente son unique source de revenus.
Peng fait partie des près de 15 millions d’habitants
de la province touchés ces derniers jours par des inondations
dramatiques. Des averses torrentielles, qui ont déversé
jusqu’à 584 mm d’eau en l’espace de
24 heures, ont submergé de nombreuses parties de la préfecture
de Huainan dont dépend le village de Hou He.
Les communautés affectées se préparent
à une longue période de privations et de souffrances.
Pour le moment, une multitude de gens sont abrités sous
des toiles de tentes, privés de ressources et manquant
cruellement de nourriture.
Les niveaux des cours d’eau restent dangereusement élevés
et le sol est tellement saturé qu’il ne peut plus
rien absorber. Les spécialistes pensent que les rivières
demeureront hautes pendant un mois ou deux encore, alors qu’on
prévoit de nouvelles précipitations dans les jours
et les semaines à venir.
Ces inondations comptent parmi les plus dramatiques enregistrées
en Chine depuis plus d’un demi-siècle. Rien qu’à
Anhui, elles ont fait au moins 30 morts et, le long du fleuve
Huai, le troisième du pays par sa longueur, plus d’un
demi-million de personnes ont déjà dû évacuer
leurs foyers. Quelque 71 000 maisons et environ 2,25 millions
d’hectares de terres agricoles ont été détruits.
A ce jour, les pertes économiques sont estimées
à près de 12 milliards de yuan (1,6 million de
dollars), la province d’Anhui étant la plus durement
touchée.
Les provinces de Hubei et du Sichuan ont elles aussi été
cruellement éprouvées par les pluies estivales.
Le Hubei, où s’étire une longue section
du fleuve Yangtze et qui est familièrement surnommé
la “province des lacs”, a subi de graves inondations
depuis la fin juin. On y dénombre au moins 40 morts,
11 disparus et près de un million de personnes affectées.
C’est dans le Sichuan que le bilan en vies humaines est
le plus lourd pour le moment, avec 42 morts et 26 disparus.
Inondations et glissements de terrain ont affecté près
de 1,1 million d’habitants de la province et entraîné
l’évacuation de plus de 300 000 personnes, selon
les dernières évaluations du ministère
des Affaires civiles.
L’agence de presse Xinhua rapporte que le gouvernement
a entrepris de mobiliser près de 380 000 personnes, y
compris des soldats, afin de fournir une aide d’urgence
aux sinistrés.
De son côté, la Croix-Rouge chinoise s’efforce
de répondre aux besoins les plus pressants des victimes
des inondations dans treize provinces, en distribuant des articles
de première nécessité dont la valeur globale
dépasse les 10 millions de yuan (USD 1,4 million). L’organisation
a lancé un appel national en vue de recueillir des fonds
et des contributions en nature.
Dans la seule région d’Anhui, plus de 300 000 personnes
sont confrontées à des pénuries d’eau
potable et, la pluie continuant de tomber, on redoute que les
populations déplacées n’aient à souffrir
de déficits alimentaires durables en raison des destructions
massives de cultures.
“Je n’ai plus rien ici”, se désole
Peng. “Mes quatre enfants sont tous partis dans les villes
pour trouver du travail”, précise-t-il, témoignant
de l’exode rural croissant qui mine la stabilité
socio-économique de la Chine. On peut comprendre que,
dans une région qui a subi des inondations à grande
échelle six fois depuis 1991, les enfants de Peng aient
choisi de suivre une autre route.
Quoi qu’il en soit, Peng ne peut à présent
compter que sur ses propres forces pour tenter de se relever
de cette nouvelle catastrophe. Après avoir enduré
de longues semaines l’envahissement des eaux dans sa maison
comme dans ses champs, il sera bien démuni pour entreprendre
de reconstruire son existence. Tout au long des mois et des
années à venir, il devra lutter pour survivre
dans une profonde précarité matérielle.
Année après année, hélas, de nouvelles
inondations viennent frapper les habitants des grands bassins
fluviaux de la Chine, affectant tout particulièrement
les plus pauvres d’entre les pauvres, pour qui le futur
s’annonce bien sombre, sous le signe des pénuries
de nourriture et d’eau, de la perte des biens et des habitations,
de l’absence de sources de revenus. Dans un pays où
plus de 600 millions d’individus vivent avec l’équivalent
de deux dollars par jour ou moins, le retour cyclique de catastrophes
naturelles pousse chaque année un nombre accru d’habitants
dans la pauvreté ou dans une misère plus profonde
encore.
C’est pourquoi la sécurité communautaire
à long terme est un élément clé
du plan de relèvement de la Croix-Rouge chinoise, lequel
inclut des stratégies de préparation en prévision
des catastrophes et de réduction des risques comportant
des dispositifs d’évacuation, ainsi que des activités
de restauration des moyens de subsistance pendant et après
les crises.
La Fédération internationale des Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a aidé la Société
nationale à développer ses programmes de prévention,
et elle soutient actuellement ses efforts d’assistance
dans les provinces d’Anhui, du Sichuan et de Hubei par
le biais de son Fonds d’urgence pour les secours en cas
de catastrophe.
L’année dernière, la Croix-Rouge chinoise
a non seulement distribué des articles de première
nécessité aux victimes des inondations saisonnières,
mais elle a aussi reconstruit 1200 maisons, quatre école
et quinze cliniques dans sept provinces.
Pour les cultivateurs comme Peng, un tel appui est crucial pour
la survie à court et à long terme. Et, d’autres
précipitations étant attendues, le travail ne
fait sans doute que commencer.
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Des
villageois déplacés sont condamnés
à loger dans des abris surpeuplés pendant
plusieurs semaines encore, en attendant que les eaux se
retirent. Depuis la mi-juin, plus de 100 millions de Chinois
ont été affectés par des inondations
qui comptent parmi les pires à avoir frappé
le pays au cours des dernières décennies.
Photo: Croix-Rouge chinoise (p15970)
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Des
secours de la Croix-Rouge chinoise arrivent dans la préfecture
de Huainan, dans la province d’Anhui. La Société
nationale a déjà pourvu aux besoins les
plus pressants des victimes des inondations dans treize
provinces, en distribuant des articles de première
nécessité pour une valeur globale de plus
de 10 millions de yuan (USD 1,4 million). Photo: Croix-Rouge
chinoise (p15971)
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| Les
terres agricoles inondées vont entraîner
de lourdes pertes économiques et pousser les plus
démunis des cultivateurs dans une misère
plus noire encore. Photo : Qinghui Gu / Fédération
internationale (p15969) |
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| Pei-tian
Peng fait partie des près de 15 millions d’habitants
de la province d’Anhui durement affectés
par les récentes inondations. Comme une multitude
d’autres cultivateurs, il compte sur la Croix-Rouge
chinoise et la Fédération internationale
pour apporter des réponses à court et à
plus long terme aux besoins divers résultant des
récentes inondations. Photo: Croix-Rouge chinoise
(p15972) |
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