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Le Croissant-Rouge apporte réconfort et espoir aux victimes des inondations au Pakistan
23 juillet 2007
Mubashir Fida, chargé d’information de la Fédération internationale à Turbat
Un mois a passé depuis que le cyclone Yemyin a frappé le sud-ouest du Pakistan, semant la désolation dans son sillage. L’ouragan a été suivi de pluies torrentielles et d’inondations dramatiques qui ont affecté plus de 2,5 millions de personnes et continuent de menacer de nouvelles communautés. Une multitude de sinistrés luttent pour leur survie dans une chaleur et une humidité étouffantes qui font redouter des flambées de maladies infectieuses.

“La situation se dégrade de jour en jour, car les conditions d’hygiène sont déplorables et beaucoup de gens tombent malades”, confirme le docteur Zulekha, qui travaille au sein d’une des équipes médicales mobiles du Croissant-Rouge du Pakistan dans le Béloutchistan.

“Nous recevons chaque jour de nombreuses personnes souffrant d’infections de la peau à cause de l’eau contaminée qu’elles utilisent pour leur toilette”, poursuit-elle. On signale également des cas d’insolation, de déshydratation et de morsures de serpents.

En parcourant les rues de Koshkalat, on observe des nuées de moustiques au-dessus des poches d’eau stagnante, dont la présence accroît de jour en jour le risque de flambées de paludisme. Face à ces menaces, les employés et les volontaires du Croissant-Rouge du Pakistan et de la Fédération internationale travaillent sans relâche pour répondre aux besoins les plus pressants des sinistrés.

Une situation critique

Salma Aslam, 32 ans, vit dans le village de Nokalat. Le couple a six enfants et le père de famille gagne, lorsque tout va bien, 150 roupies (2,5 dollars) par jour. Salma explique que les inondations ont plongé le ménage dans une situation critique.

“A cause de la chaleur, il est très pénible de vivre sous tente. J’espère que nous allons nous en tirer.”

Comme des centaines de milliers d’autres sinistrés, Salma a vu tous ses biens inexorablement emportés par les inondations. “Il nous avait fallu huit ans à mon mari et à moi pour bâtir notre maison de deux pièces”, raconte-t-elle. “Elle était petite, mais je l’avais décorée avec soin et elle était pleine de bons souvenirs. Nous y étions heureux. A présent, il n’y a plus rien.”

Les femmes des zones rurales du Pakistan sont particulièrement affectées par les catastrophes en raison du conservatisme qui sévit dans ces régions. A cause des coutumes qui limitent étroitement les contacts entre les sexes, les femmes et les jeunes filles se heurtent à de sérieuses difficultés lorsqu’il s’agit pour elles de se laver, d’aller aux toilettes ou de se faire soigner. Le plus souvent, ce sont aussi les femmes – et les enfants – qui ont à parcourir de longues distances à pied pour aller chercher de l’eau quand les puits et les pompes ont été contaminés ou détruits.

“Nous avions des latrines et un endroit pour nous laver à la maison, mais il n’en reste plus rien”, explique Salma. “A présent, je dois attendre des heures pour aller faire mes besoins et ma toilette à l’extérieur, de peur qu’un homme ne puisse m’apercevoir.”

Ce problème ajoute aux risques de propagation des maladies.

Les leçons de l’expérience

La Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Pakistan ont appris à modeler leurs programmes d’assistance en fonction des besoins particuliers de différents groupes de la population, notamment des femmes, dans les régions rurales. En effet, des problèmes similaires dans le domaine de l’hygiène, de la santé, de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement s’étaient présentés à la suite du tremblement de terre qui a frappé en octobre 2005 la province de la Frontière du Nord-Ouest.

Les leçons tirées de cette expérience ont permis à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge de prendre en compte ces défis particuliers dans leur opération en faveur des victimes des inondations. On a veillé, par exemple, à ce que des femmes professionnelles de la santé soient disponibles pour s’occuper des femmes et des jeunes filles.

C’est ainsi que Salma a pu présenter sa fille de sept ans à une équipe médicale déployée par le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale qui a soigné une infection des voies respiratoires et une allergie de la peau causée par le contact avec des eaux stagnantes contaminées.

A ce jour, le Croissant-Rouge du Pakistan a administré des soins à plus de 10 500 hommes, femmes et enfants du Béloutchistan et du Sindh. Dans les six mois à venir, on estime que près de quinze fois plus de patients bénéficieront des services de santé assurés dans le cadre de l’opération de secours et de relèvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

En ce moment même, cinq unités d’intervention d’urgence spécialisées dans la logistique, la santé, l’eau et l’assainissement sont en cours de déploiement dans les zones sinistrées du Béloutchistan et du Sindh. Le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération internationale s’emploient en outre à aménager des latrines communautaires séparées pour hommes et femmes, et à distribuer à quelque 5000 familles des assortiments d’articles d’hygiène.

Les équipes spécialisées dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement prévoient de remettre en état les puits dans six villages des régions de Koshkalat et de Gokdan afin que les communautés affectées disposent d’eau potable. Le nettoyage des puits a déjà démarré dans les villages d’Aliabad et de Zargept.

Abdus Salam, 26 ans, qui vit à Aliabad dans la région de Koshkalat, est impatient de voir fonctionner à nouveau le système d’approvisionnement en
eau de son village.

“C’était dur de vivre sans eau pendant toutes ces semaines”, déclare-t-il. “Mais, maintenant, le Croissant-Rouge est ici et s’occupe de remettre en service un puits pour nous alimenter en eau potable, alors, l’espoir est de retour.”
Le docteur Khalid, chef de l’unité médicale mobile du Croissant-Rouge du Pakistan au Béloutchistan, examine un enfant dans le village de Nokalat. Grâce à son appel, la Fédération internationale compte améliorer l’accès aux soins de santé de base, en particulier pour les femmes, et mener des campagnes de prévention au bénéfice de plus de 150 000 habitants du Béloutchistan et du Sindh au cours des six prochains mois. Photo : Fédération internationale
Le docteur Khalid, chef de l’unité médicale mobile du Croissant-Rouge du Pakistan au Béloutchistan, examine un enfant dans le village de Nokalat. Grâce à son appel, la Fédération internationale compte améliorer l’accès aux soins de santé de base, en particulier pour les femmes, et mener des campagnes de prévention au bénéfice de plus de 150 000 habitants du Béloutchistan et du Sindh au cours des six prochains mois. Photo : Fédération internationale
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L’équipe de santé a noué d’excellentes relations avec les communautés locales, affirme le docteur Zulekha, membre d’une unité médicale mobile du Croissant-Rouge du Pakistan dans le Béloutchistan. “Nous avons gagné la confiance de la population, car nous sommes très attentifs à préserver la dignité humaine. Nous entretenons des rapports amicaux avec les gens qui apprécient de pouvoir nous parler ouvertement.” Photo : Fédération internationale
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Niaz Muhammad, délégué de la Fédération internationale spécialisé dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement, inspecte les travaux de remise en état d’un puits à Aliabad, un village de la région de Koshkalat. Le Croissant-Rouge du Pakistan restaure six puits instantanés dans les régions de Koshkalat et de Gokdan afin d’assurer l’approvisionnement en eau potable des communautés inondées. La contamination des puits et les dommages subis par les installations sanitaires représentent deux facteurs élevés de risques de maladies, notamment de diarrhée et de paludisme.
Niaz Muhammad, délégué de la Fédération internationale spécialisé dans l’approvisionnement en eau et l’assainissement, inspecte les travaux de remise en état d’un puits à Aliabad, un village de la région de Koshkalat. Le Croissant-Rouge du Pakistan restaure six puits instantanés dans les régions de Koshkalat et de Gokdan afin d’assurer l’approvisionnement en eau potable des communautés inondées. La contamination des puits et les dommages subis par les installations sanitaires représentent deux facteurs élevés de risques de maladies, notamment de diarrhée et de paludisme.
Photo : Fédération internationale
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