Un
mois a passé depuis que le cyclone Yemyin a frappé
le sud-ouest du Pakistan, semant la désolation dans son
sillage. L’ouragan a été suivi de pluies
torrentielles et d’inondations dramatiques qui ont affecté
plus de 2,5 millions de personnes et continuent de menacer de
nouvelles communautés. Une multitude de sinistrés
luttent pour leur survie dans une chaleur et une humidité
étouffantes qui font redouter des flambées de
maladies infectieuses.
“La situation se dégrade de jour en jour, car les
conditions d’hygiène sont déplorables et
beaucoup de gens tombent malades”, confirme le docteur
Zulekha, qui travaille au sein d’une des équipes
médicales mobiles du Croissant-Rouge du Pakistan dans
le Béloutchistan.
“Nous recevons chaque jour de nombreuses personnes souffrant
d’infections de la peau à cause de l’eau
contaminée qu’elles utilisent pour leur toilette”,
poursuit-elle. On signale également des cas d’insolation,
de déshydratation et de morsures de serpents.
En parcourant les rues de Koshkalat, on observe des nuées
de moustiques au-dessus des poches d’eau stagnante, dont
la présence accroît de jour en jour le risque de
flambées de paludisme. Face à ces menaces, les
employés et les volontaires du Croissant-Rouge du Pakistan
et de la Fédération internationale travaillent
sans relâche pour répondre aux besoins les plus
pressants des sinistrés.
Une situation critique
Salma Aslam, 32 ans, vit dans le village de Nokalat. Le couple
a six enfants et le père de famille gagne, lorsque tout
va bien, 150 roupies (2,5 dollars) par jour. Salma explique
que les inondations ont plongé le ménage dans
une situation critique.
“A cause de la chaleur, il est très pénible
de vivre sous tente. J’espère que nous allons nous
en tirer.”
Comme des centaines de milliers d’autres sinistrés,
Salma a vu tous ses biens inexorablement emportés par
les inondations. “Il nous avait fallu huit ans à
mon mari et à moi pour bâtir notre maison de deux
pièces”, raconte-t-elle. “Elle était
petite, mais je l’avais décorée avec soin
et elle était pleine de bons souvenirs. Nous y étions
heureux. A présent, il n’y a plus rien.”
Les femmes des zones rurales du Pakistan sont particulièrement
affectées par les catastrophes en raison du conservatisme
qui sévit dans ces régions. A cause des coutumes
qui limitent étroitement les contacts entre les sexes,
les femmes et les jeunes filles se heurtent à de sérieuses
difficultés lorsqu’il s’agit pour elles de
se laver, d’aller aux toilettes ou de se faire soigner.
Le plus souvent, ce sont aussi les femmes – et les enfants
– qui ont à parcourir de longues distances à
pied pour aller chercher de l’eau quand les puits et les
pompes ont été contaminés ou détruits.
“Nous avions des latrines et un endroit pour nous laver
à la maison, mais il n’en reste plus rien”,
explique Salma. “A présent, je dois attendre des
heures pour aller faire mes besoins et ma toilette à
l’extérieur, de peur qu’un homme ne puisse
m’apercevoir.”
Ce problème ajoute aux risques de propagation des maladies.
Les leçons de l’expérience
La Fédération internationale et le Croissant-Rouge
du Pakistan ont appris à modeler leurs programmes d’assistance
en fonction des besoins particuliers de différents groupes
de la population, notamment des femmes, dans les régions
rurales. En effet, des problèmes similaires dans le domaine
de l’hygiène, de la santé, de l’approvisionnement
en eau et de l’assainissement s’étaient présentés
à la suite du tremblement de terre qui a frappé
en octobre 2005 la province de la Frontière du Nord-Ouest.
Les leçons tirées de cette expérience ont
permis à la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge de prendre
en compte ces défis particuliers dans leur opération
en faveur des victimes des inondations. On a veillé,
par exemple, à ce que des femmes professionnelles de
la santé soient disponibles pour s’occuper des
femmes et des jeunes filles.
C’est ainsi que Salma a pu présenter sa fille de
sept ans à une équipe médicale déployée
par le Croissant-Rouge du Pakistan et la Fédération
internationale qui a soigné une infection des voies respiratoires
et une allergie de la peau causée par le contact avec
des eaux stagnantes contaminées.
A ce jour, le Croissant-Rouge du Pakistan a administré
des soins à plus de 10 500 hommes, femmes et enfants
du Béloutchistan et du Sindh. Dans les six mois à
venir, on estime que près de quinze fois plus de patients
bénéficieront des services de santé assurés
dans le cadre de l’opération de secours et de relèvement
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
En ce moment même, cinq unités d’intervention
d’urgence spécialisées dans la logistique,
la santé, l’eau et l’assainissement sont
en cours de déploiement dans les zones sinistrées
du Béloutchistan et du Sindh. Le Croissant-Rouge du Pakistan
et la Fédération internationale s’emploient
en outre à aménager des latrines communautaires
séparées pour hommes et femmes, et à distribuer
à quelque 5000 familles des assortiments d’articles
d’hygiène.
Les équipes spécialisées dans l’approvisionnement
en eau et l’assainissement prévoient de remettre
en état les puits dans six villages des régions
de Koshkalat et de Gokdan afin que les communautés affectées
disposent d’eau potable. Le nettoyage des puits a déjà
démarré dans les villages d’Aliabad et de
Zargept.
Abdus Salam, 26 ans, qui vit à Aliabad dans la région
de Koshkalat, est impatient de voir fonctionner à nouveau
le système d’approvisionnement en
eau de son village.
“C’était dur de vivre sans eau pendant toutes
ces semaines”, déclare-t-il. “Mais, maintenant,
le Croissant-Rouge est ici et s’occupe de remettre en
service un puits pour nous alimenter en eau potable, alors,
l’espoir est de retour.”
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Le
docteur Khalid, chef de l’unité médicale
mobile du Croissant-Rouge du Pakistan au Béloutchistan,
examine un enfant dans le village de Nokalat. Grâce
à son appel, la Fédération internationale
compte améliorer l’accès aux soins
de santé de base, en particulier pour les femmes,
et mener des campagnes de prévention au bénéfice
de plus de 150 000 habitants du Béloutchistan et
du Sindh au cours des six prochains mois. Photo : Fédération
internationale
(p15968)
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L’équipe
de santé a noué d’excellentes relations
avec les communautés locales, affirme le docteur
Zulekha, membre d’une unité médicale
mobile du Croissant-Rouge du Pakistan dans le Béloutchistan.
“Nous avons gagné la confiance de la population,
car nous sommes très attentifs à préserver
la dignité humaine. Nous entretenons des rapports
amicaux avec les gens qui apprécient de pouvoir
nous parler ouvertement.” Photo : Fédération
internationale
(p15967)
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Niaz
Muhammad, délégué de la Fédération
internationale spécialisé dans l’approvisionnement
en eau et l’assainissement, inspecte les travaux
de remise en état d’un puits à Aliabad,
un village de la région de Koshkalat. Le Croissant-Rouge
du Pakistan restaure six puits instantanés dans
les régions de Koshkalat et de Gokdan afin d’assurer
l’approvisionnement en eau potable des communautés
inondées. La contamination des puits et les dommages
subis par les installations sanitaires représentent
deux facteurs élevés de risques de maladies,
notamment de diarrhée et de paludisme.
Photo : Fédération internationale
(p15966)
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