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Irakiens déplacés en Syrie et en Jordanie : atténuer les souffrances
31 juillet 2007
Saleh Dabbakeh à Amman et à Damas
Dimanche 29 juillet restera un jour historique pour le football irakien et pour Ammar. Malgré de sérieuses blessures, cet homme de 35 ans était sorti de l’hôpital du Croissant-Rouge jordanien pour suivre à la télévision la finale de la Coupe d’Asie dans un café du centre d’Amman. Un peu plus tard, des milliers d’Irakiens envahissaient les rues de la capitale pour célébrer la victoire remportée par leur équipe nationale à Jakarta, en Indonésie.

“Ce succès a montré les ressources formidables de l’homme dans les circonstances les plus difficiles”, commente Ammar, qui a lui-même subi huit interventions chirurgicales pour reconstruire sa jambe droite. “Notre équipe rassemble des joueurs issus de toutes les composantes religieuses et ethniques de l’Irak. Aujourd’hui, nous sommes un seul peuple uni par le sentiment de la fierté nationale”, ajoute-t-il avec un large sourire. “Nous rêvions tous de vivre un tel jour depuis l’occupation de notre pays en 2003.”

Les rues de la plupart des grandes agglomérations irakiennes ont été le théâtre de manifestations de liesse. Explosions, voitures piégées et tueries ne semblaient soudain qu’un mauvais souvenir – les gens ont saisi avec avidité cette occasion de célébrer pour une fois la vie.

Près de deux millions d’Irakiens ont cherché refuge en Syrie et en Jordanie au cours des quatre dernières années. Cet afflux massif, représentant une augmentation de la population de plus de 8 pour 100 en Syrie et de près de 15 pour 100 en Jordanie, a mis à rude épreuve les systèmes de santé, d’éducation, d’approvisionnement en eau et autres services publics des pays d’accueil, et les prix des biens de consommation courante et de l’immobilier ont enregistré de très fortes hausses.

Près de 750 000 personnes chassées de leurs foyers par la violence ont, comme Ammar, trouvé asile en Jordanie. Dans ce pays comme en Syrie, la Fédération internationale aide les organisations du Croissant-Rouge à renforcer leurs capacités sanitaires et médicales afin d’alléger la pression subie par les services de santé publique. Les deux Sociétés nationales travaillent également en coopération avec les agences des Nations unies ainsi qu’avec des ONG locales et internationales.

En avril, la Fédération internationale avait lancé un appel d’urgence d’un montant de 18,2 millions de francs suisses (USD 15 millions / EUR 11,1 millions) en vue de financer des programmes de santé et de soutien psychologique mis en oeuvre par le Croissant-Rouge au bénéfice de quelque 60 000 familles réfugiées en Syrie et de près de 40 000 familles réfugiées en Jordanie.

La première de cinq nouvelles cliniques ouvrira très prochainement ses portes dans un quartier déshérité d’Amman où résident de nombreux Irakiens. Outre des traitements médicaux de base, elle offrira des soins dentaires et des services de laboratoire. Les patients nécessitant des traitements plus sophistiqués seront adressés au proche hôpital du Croissant-Rouge jordanien.

D’autres programmes ont été mis en place par les deux Sociétés nationales.
En Jordanie, cela inclut un partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF) au profit d’Irakiens nécessitant des soins orthopédiques, des opérations de chirurgie reconstructive du visage et des traitements pour brûlures graves. Une cinquantaine de patients par mois devraient bénéficier de ce projet qui comprend la prise en charge de tous les frais afférents – transport, hôtel et autres dépenses courantes.

Ammar, victime d’un double attentat à la voiture piégée à Bagdad, a déjà subi huit interventions chirurgicales visant à extraire les éclats d’obus et à reconstruire la jambe lésée grâce à des greffes osseuses. “Il faudra trois à huit mois pour que la guérison soit complète”, explique le docteur Ali, son chirurgien irakien. “La bonne nouvelle, c’est qu’il pourra marcher normalement.” Les patients sont adressés à son service par des médecins vivant dans les différentes régions de l’Irak.

De son côté, le Croissant-Rouge syrien a mis en place une douzaine de cliniques de pointe dans diverses parties du pays, avec le concours du HCR et d’autres organisations. Ces établissements assurent des traitements spécialisés dans des domaines comme la gynécologie, la dentisterie, la médecine interne, la neurologie, la pédiatrie ou l’immunisation, par exemple. Ils offrent également des services de laboratoire, de radiologie et de pharmacie.

Les cliniques de Damas accueillent de très nombreux patients, soit une moyenne de 150 à 200 par jour chacune. “Je soigne chaque semaine environ 200 patients”, rapporte le docteur Akram Al-Hasani, chirurgien des os à la clinique de Saida Zainab. “Beaucoup souffrent de blessures par balles ou autres lésions anciennes.”

Les cliniques du Croissant-Rouge reçoivent indifféremment Irakiens et Syriens. “Près de 70 pour 100 des habitants du quartier sont Irakiens”, explique Amer Al-Ali, directeur de la clinique de Jaramana, “mais tous les patients sont les bienvenus. Nous ne faisons pas de discrimination.”

Les patients qui ont les moyens paient une part minime des coûts. “Nous leur demandons une participation de l’ordre de 20 pour 100”, poursuit Al-Ali. “Lorsqu’ils ne peuvent pas payer, nous examinons leur situation sociale et économique. Dans bien des cas, les traitements sont entièrement gratuits.” Les familles les plus vulnérables qui n’ont aucun revenu peuvent même recevoir une aide financière de la Société nationale.

La détresse des Irakiens dans leur propre pays et à l’étranger ainsi que l’importance des populations déplacées (le HCR considère qu’il s’agit du plus vaste exode depuis 1948, quand des centaines de milliers de Palestiniens avaient fui leurs terres) ont amené de nombreuses organisations internationales à élargir leur assistance. On estime qu’à elle seule, la Syrie accueille chaque mois entre 25 000 et 30 000 réfugiés.

Ces derniers jours, deux grandes réunions ont eu lieu à Amman et à Damas à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en vue de coordonner les efforts d’assistance. A Amman, les participants ont appelé la communauté internationale à apporter un soutien massif aux gouvernements des deux pays afin de les aider à faire face à une situation de plus en plus difficile.

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge était représenté par une importante délégation conduite par Mohammad Al-Hadid, président de la Commission permanente et président du Croissant-Rouge jordanien. Des représentants de la Jordanie, de la Syrie, de l’Irak, de l’Egypte, de l’Union européenne, des Nations unies et de la Ligue arabe ont pris part aux discussions, et des émissaires de l’Iran, de la Turquie, de la Russie, du Royaume-Uni, des Etats-Unis et du Japon ont suivi la réunion en qualité d’observateurs. Les participants ont convenu du fait que le problème des réfugiés irakiens ne pourrait être réglé qu’une fois la paix rétablie dans le pays.

Ammar va retourner chez lui en dépit de la situation extrêmement difficile et de la profonde insécurité qui prévalent en Irak. Il ne se fait pas d’illusions sur les épreuves qui l’attendent, mais il veut croire que l’espoir et la confiance suscités par la victoire de l’équipe nationale de football aideront son peuple à sortir tôt ou tard de la crise. Dans l’intervalle, il profite du répit que lui procure son séjour en Jordanie.
Le Croissant-Rouge syrien a mis en place une douzaine de cliniques de pointe qui assurent des traitements spécialisés dans des domaines comme la gynécologie, la dentisterie, la médecine interne, la neurologie, la pédiatrie ou l’immunisation, par exemple. Ils offrent également des services de laboratoire, de radiologie et de pharmacie. Chacune accueille quelque 150 à 200 patients par jour et traite chaque semaine environ 200 personnes souffrant de lésions osseuses résultant souvent de blessures par balles. Les cliniques du Croissant-Rouge reçoivent indifféremment Irakiens et Syriens. (p16052)
Le Croissant-Rouge syrien a mis en place une douzaine de cliniques de pointe qui assurent des traitements spécialisés dans des domaines comme la gynécologie, la dentisterie, la médecine interne, la neurologie, la pédiatrie ou l’immunisation, par exemple. Ils offrent également des services de laboratoire, de radiologie et de pharmacie. Chacune accueille quelque 150 à 200 patients par jour et traite chaque semaine environ 200 personnes souffrant de lésions osseuses résultant souvent de blessures par balles. Les cliniques du Croissant-Rouge reçoivent indifféremment Irakiens et Syriens. (p16052)
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Près de deux millions d’Irakiens ont cherché refuge en Syrie et en Jordanie au cours des quatre dernières années, ce qui représente une augmentation de la population de plus de 8 pour 100 pour la Syrie et de près de 15 pour 100 pour la Jordanie. La Fédération internationale aide les organisations du Croissant-Rouge à renforcer leurs capacités sanitaires et médicales afin d’alléger la pression subie par les services de santé publique. En avril, elle avait lancé un appel d’urgence d’un montant de 18,2 millions de francs suisses.  (p16054) 
La première de cinq nouvelles cliniques ouvrira très prochainement ses portes dans un quartier déshérité d’Amman où résident de nombreux Irakiens. Outre des traitements médicaux de base, elle offrira des soins dentaires et des services de laboratoire. Le Croissant-Rouge jordanien a également établi un partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF) au profit d’Irakiens nécessitant des soins orthopédiques, des opérations de chirurgie reconstructive du visage et des traitements pour brûlures graves. Ce projet prend en charge la totalité des coûts. (p16055) 
La première de cinq nouvelles cliniques ouvrira très prochainement ses portes dans un quartier déshérité d’Amman où résident de nombreux Irakiens. Outre des traitements médicaux de base, elle offrira des soins dentaires et des services de laboratoire. Le Croissant-Rouge jordanien a également établi un partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF) au profit d’Irakiens nécessitant des soins orthopédiques, des opérations de chirurgie reconstructive du visage et des traitements pour brûlures graves. Ce projet prend en charge la totalité des coûts. (p16055) 
Les patients des cliniques du Croissant-Rouge paient une part minime (20 pour 100) des soins, pour autant qu’ils en aient les moyens. Lorsqu’ils ne peuvent pas payer, on examine leur situation sociale et économique, après quoi les traitements sont dans la plupart des cas intégralement pris en charge. Les familles les plus vulnérables qui n’ont aucun revenu peuvent même recevoir une aide financière de la Société nationale. (p16056) 
Les patients des cliniques du Croissant-Rouge paient une part minime (20 pour 100) des soins, pour autant qu’ils en aient les moyens. Lorsqu’ils ne peuvent pas payer, on examine leur situation sociale et économique, après quoi les traitements sont dans la plupart des cas intégralement pris en charge. Les familles les plus vulnérables qui n’ont aucun revenu peuvent même recevoir une aide financière de la Société nationale. (p16056) 
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