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Aider les communautés à bâtir un avenir durable
21 août 2007
Par Patrick Fuller, coordinateur de la communication pour la Fédération internationale au Sri Lanka
Pour la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, réinstaller les familles sinistrées dans des habitations permanentes a toujours été un des objectifs primordiaux des efforts de relèvement de l’après-tsunami. Toutefois, si une maison est un gage de stabilité et de sécurité, elle n’améliore pas nécessairement la situation économique de ses occupants. Très vite, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont pris conscience de la nécessité d’appliquer une approche globale au processus de reconstruction en intégrant dans les projets de logement des activités de soutien des moyens de subsistance.

“Des milliers de gens se réinstallent sur de nouveaux sites qui peuvent être distants d’une quinzaine de kilomètres de leurs anciens foyers. Dans ces conditions, il est parfois difficile de maintenir les activités qui assuraient autrefois leur subsistance”, explique Nimal Silva, responsable des programmes de soutien des moyens de subsistance à la Croix-Rouge du Sri Lanka.

Dans le district de Batticaloa, la Croix-Rouge britannique mène un programme de ce type à Kayankerney, où plus de 300 familles ont déjà été relogées. La première étape a été la création d’un ‘comité de développement villageois’ destiné à servir de principal relais avec la communauté locale. Des allocations en espèces ont ensuite été offertes à 269 personnes qui étaient libres de choisir la manière de dépenser ces fonds.

Près de la moitié ont acheté des équipements de pêche, d’autres se sont lancés dans l’élevage de chèvres ou de volaille ou dans des micro-projets agricoles. Le comité a en outre reçu de l’argent qui serait affecté à des projets d’activités rémunératrices. Les profits dégagés par ces activités sont réinvestis dans des programmes durables bénéficiant à l’ensemble de la communauté, comme une pépinière destinée à créer un verger sur une parcelle donnée par le gouvernement.

“Nous avons formé les membres du comité dans des disciplines telles que la comptabilité, la planification ou la gestion de ressources humaines”, explique Elamma Varughese, déléguée de la Croix-Rouge britannique. “A présent, ils sont engagés dans l’acquisition des techniques de gestion communautaire des catastrophes et la formation aux premiers secours, et ils espèrent pouvoir être officiellement reconnus auprès des autorités en qualité d’organisation communautaire.”

La Croix-Rouge irlandaise a adopté une approche similaire sur son site de construction de Puthukudiyerupu, où plus de 100 maisons sont en chantier. Dans le cadre de la première phase du projet, des allocations en espèces et des équipements de production ont été distribués à près de 250 foyers de la région. V. Ponnachi, 60 ans, a investi son argent dans l’achat de deux chèvres avec lesquelles elle prévoit de créer un élevage, et dans l’aménagement d’un jardin potager. Elle n’avait jamais eu de chèvres auparavant, mais la Croix-Rouge irlandaise a mis sur pied une initiation à l’élevage d’animaux domestiques par le truchement des bureaux locaux du département de l’Agriculture.

“Nous nous concentrons à présent sur un rôle d’encadrement, en mettant l’accent sur la mobilisation sociale”, note Nazbar Khan, délégué de la Croix-Rouge irlandaise en charge des programmes de soutien des moyens de subsistance. Cela comportera, entre autres, de former des membres de la communauté à élaborer des projets et de les aider à accéder à des crédits auprès d’institutions de micro-financement.

L’impact social sur les communautés d’accueil est souvent négligé dans la planification de sites de réinstallation. Dans le district méridional de Matara, la Fédération internationale est engagée dans trois endroits dans des projets qui s’adressent à la fois à des sinistrés du tsunami qui se réinstallent dans de nouvelles maisons et à des familles locales.

“Les tensions ont vite fait de se développer entre les nouveaux venus et les membres de la communauté d’accueil”, souligne Marc Fumeaux, coordinateur des programmes de soutien des moyens de subsistance à la Fédération internationale. “En faisant profiter les uns et les autres de notre assistance, nous contribuons à réduire ce risque en favorisant l’intégration sociale.”

La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont joué un rôle important en créant des comités locaux qui identifient les besoins de la communauté et élaborent des projets dont tout le monde tire profit. Récemment, par exemple, on a aménagé une bibliothèque publique dans les locaux du temple du village de Talalla. La communauté a jugé que cela répondait à un besoin pressant, car les enfants devaient auparavant faire chaque jour un trajet de plusieurs heures pour aller chercher des ouvrages à la bibliothèque de Matara. C’est le menuisier du village qui a fabriqué l’ameublement. Au bout d’un mois, plus de 100 personnes étaient déjà inscrites à la nouvelle bibliothèque. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont également aidé à constituer un fond renouvelable alimenté par une modeste contribution des usagers qui sert à acheter de nouveaux livres.

La communauté est déjà engagée dans d’autres projets, parmi lesquels la création d’un comptoir d’échange hebdomadaire, ou pola. Les gens viennent y vendre et acheter des légumes produits sur place, ce qui contribue à développer l’économie locale et permet d’économiser le coût du transport à la ville voisine. Cette initiative est un plein succès et le pola est appelé à prendre bientôt une plus grande extension.

Grâce aux recettes de ses ventes sur le marché local, T. M. Muthumenike, mère de quatre enfants, peut désormais employer quatre fois par semaine un journalier qui l’aide à entretenir son jardin potager créé avec une allocation en espèces de la Croix-Rouge britannique. Photo: Fédération internationale. (p16259)
Grâce aux recettes de ses ventes sur le marché local, T. M. Muthumenike, mère de quatre enfants, peut désormais employer quatre fois par semaine un journalier qui l’aide à entretenir son jardin potager créé avec une allocation en espèces de la Croix-Rouge britannique. Photo: Fédération internationale. (p16259)
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Dans le cadre d’un programme de soutien des moyens de subsistance mis sur pied par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, des instructeurs du département de l’Agriculture dispensent aux bénéficiaires une formation aux méthodes d’élevage. Photo: Fédération internationale. (p16260)
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Avec son allocation en espèces, Lakmini Ratnayaka a acheté une pompe à eau afin d’améliorer l’irrigation de sa petite exploitation agricole. Photo: Fédération internationale. (p16261)
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Sur le site de réinstallation de la Croix-Rouge irlandaise à Puthukudiyerupu, dans le district de Batticaloa, V. Ponnachi, 60 ans, a décidé de créer un élevage à partir des chèvres achetées au moyen de son allocation en espèces. Photo: Fédération internationale. (p16262)
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