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Un nouveau foyer pour bâtir une nouvelle vie à Kudahuvadhoo
1 octobre 2007
Texte et photos de Valpuri Saarelma, déléguée d'information de la Fédération internationale aux Maldives
Minuit est passé depuis longtemps, mais les faisceaux de lampes de poche balaient les murs d’un petit groupe de maisons et des conversations animées résonnent dans la nuit qui enveloppe l’île de Kudahuvadhoo. Cette inspection nocturne pourrait sembler suspecte à quiconque ignorerait que les personnes qui s’y livrent n’ont appris qu’une demi-heure auparavant, en piochant un bout de papier dans un panier de loterie, l’emplacement de leurs nouvelles demeures. Dans la matinée, ils en recevront les clés et pourront alors quitter enfin les abris temporaires où ils résidaient jusqu’à ce jour.

Il y a bientôt trois ans, ces mêmes gens luttaient pour survivre après avoir vu leurs maisons emportées par l’océan en furie, lors du pire cataclysme qui ait jamais frappé les Maldives. Aujourd’hui, 59 familles vont entrer en possession de leurs nouveaux foyers construits par la Fédération internationale avec des fonds de la Croix-Rouge américaine. “Nous sommes heureux. Nous avons attendu longtemps, mais, à présent, nous pouvons enfin entreprendre de rebâtir nos existences”, déclare Shareef Abdullah, un pêcheur père de deux jeunes enfants.

Les familles qui s’apprêtent à emménager sont originaires de deux îles, Gemendhuu et Vanee. Gemendhuu a été particulièrement éprouvée par le tsunami, qui a causé des dommages à la quasi totalité des bâtiments. Dans une maison, seule la cuvette des toilettes était restée debout. Après le désastre, les habitants ont fui leur île dévastée, où la végétation a bientôt pris le dessus, envahissant les habitations en ruine et les rues jadis animées. Depuis, ils ont vécu à Kudahuvadhoo, la capitale de l’atoll, d’abord auprès de familles d’accueil, puis dans des logements temporaires.

Haajara Ali a trois enfants. Le jour de la tragédie, elle pêchait dans les eaux peu profondes bordant la plage quand elle a vu une monstrueuse masse d’eau se précipiter vers la côte. Personne n’avait entendu parler d’un éventuel raz-de-marée, et Haajara a cru tout d’abord que l’île s’enfonçait dans l’océan. Elle a eu juste le temps de se réfugier sur les hauteurs avec les siens. Aujourd’hui, elle éprouve une profonde gratitude pour tous les gens de Kudahuvadhoo qui ont aidé sa famille pendant les terribles jours et semaines qui ont suivi le tsunami, ainsi que pour la Croix-Rouge qui lui a donné un nouveau foyer.

L’existence au sein de la famille d’accueil, puis dans les abris provisoires, n’a pas toujours été facile. Au début, jusqu’à quatre familles se partageaient une maison et, par périodes, près de 20 personnes étaient entassées dans le même abri. Pendant la construction de sa maison, Haajara a visité régulièrement le chantier afin de suivre la progression des travaux. A présent, elle peut envisager l’avenir plus sereinement. Elle a déjà acheté des rideaux et se réjouit de faire la connaissance de ses nouveaux voisins.

Les 59 maisons remises aujourd’hui à leurs propriétaires représentent la seconde phase d’un projet de la Fédération internationale au bénéfice de 109 familles sinistrées par le tsunami. Les 50 premières sont occupées depuis décembre 2006. En complément, la Fédération internationale aménage un réseau d’eaux usées pour l’ensemble de la population de Kudahuvadhoo et elle a fourni à chaque ménage une citerne pour collecter l’eau de pluie. Cette assistance a pour but d’améliorer l’approvisionnement en eau potable, de ménager les maigres ressources du sous-sol et d’assurer des conditions de vie décentes à tous les habitants de l’île, anciens comme nouveaux venus.
Tirage d’un billet de loterie pour l’attribution d’une nouvelle habitation. C’est la communauté elle-même qui a choisi ce mode de répartition des maisons. Un membre de chaque famille bénéficiaire pioche un bout de papier indiquant l’emplacement de son foyer. (p16521)
Tirage d’un billet de loterie pour l’attribution d’une nouvelle habitation. C’est la communauté elle-même qui a choisi ce mode de répartition des maisons. Un membre de chaque famille bénéficiaire pioche un bout de papier indiquant l’emplacement de son foyer. (p16521)
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Une femme tient les clés de son nouveau foyer. Lors de la cérémonie de remise en mains des maisons, les propriétaires ont également reçu un dossier d’informations concernant leur demeure. (p16524)
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Haajara Ali entre pour la première fois dans sa maison toute neuve sur l’île de Kudahuvadhoo. (p16522)
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Une maison détruite par le tsunami sur l’île de Gemendhuu. L’île toute entière a été si profondément ravagée par la catastrophe que ses habitants ont été réinstallés à Kudahuvadhoo, la capitale de l’atoll, où la Fédération internationale a bâti de nouvelles habitations avec des fonds de la Croix-Rouge américaine. (p16523)
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