Une
nouvelle unité de collecte pour encourager le don de
sang
Depuis le passage du tsunami en décembre 2004, qui a
détruit le principal centre de transfusion sanguine d’Aceh,
les collectes de sang ont lieu dans des bâtiments temporaires.
Difficile dans ces conditions de fournir de manière régulière
des quantités de sang suffisantes pour répondre
aux besoins des habitants d’Aceh. Deux ans et demi après
la catastrophe,les volontaires et le personnel de la Croix-Rouge
disposent enfin d’un bâtiment permanent, spécialement
conçu pour les dons de sang. Ils peuvent maintenant pleinement
se consacrer aux tâches essentielles que sont le recrutement
de donneurs volontaires et la constitution de stocks.
La nouvelle unité de transfusion sanguine a été
construite dans le cadre d’un projet mis en oeuvre par
la Croix-Rouge australienne qui vise à renforcer les
capacités des équipes locales de la Croix-Rouge
en matière de dispositifs de collecte et de traitement
du sang dans la province d'Aceh et sur l'île de Nias.
Dans le passé, les hôpitaux d’Aceh ont souvent
été contraints de faire appel à des unités
de transfusion de sang situées en dehors de la province,
une pratique coûteuse susceptible d’entraîner
des délais importants et de mettre en danger la vie des
patients.
Le nouveau bâtiment construit à Banda Aceh doit
permettre de servir les habitants des zones urbaines et ceux
qui résident près de la capitale provinciale,
mais aussi d’atteindre les populations vivant dans des
villages reculés. De nouvelles unités ont également
été construites à Nias, Lhokseumawe et
Langsa. Par ailleurs, il est prévu d’ouvrir une
unité de transfusion à l’hôpital de
l’île de Simeulue.
Le problème chronique de la pénurie de
sang
Les habitants d’Aceh ont pour coutume de donner du sang
uniquement lorsque cela est nécessaire, notamment lorsqu’un
membre de leur famille ou un ami a été blessé
dans un accident grave. Il en résulte une pénurie
permanente des réserves de sang.
Inciter les habitants à donner volontairement leur sang
est un des aspects du projet développé par la
Croix-Rouge avec l’aide de volontaires locaux qui montrent
l’exemple : à eux trois, M. Ridwan, M. Yusran et
M. Kusuma ont fait don de leur sang à 300 reprises.
La Croix-Rouge espère qu’en faisant partager leurs
expériences, ces champions du don de sang pourront convaincre
d’autres personnes de donner le leur.
Des champions du don de sang
M. Ridwan a donné son sang 93 fois. « Non seulement,
je me sens en pleine forme et je n’ai jamais eu de problème
de santé, mais je sais qu'en donnant mon sang j'aide
ma communauté lorsqu’elle en a besoin.
« J’ai commencé à donner mon sang
en 1970 suite à l'accident d'un collègue. Il avait
besoin de sang ; je n’ai pas hésité une
seconde et je me suis rendu le jour même au centre de
transfusion. J’étais heureux de le faire à
l’époque et je suis aujourd’hui considéré
comme un ami par sa famille. » M. Ridwan a réalisé
qu’il pouvait donner son sang non seulement à sa
famille et à ses amis, mais aussi à la communauté
toute entière.
M. Yusran a donné son sang 83 fois depuis 1990. «
Au début, j’avais peur de l’aiguille, mais
maintenant je me sens bien chaque fois que je donne mon sang.
Je n’ai jamais été malade et je suis fier
de pouvoir aider ma communauté. »
Développer des réseaux de donneurs de
sang
M. Wijaya Kusuma, le responsable de l’association des
donneurs de sang, qui a donné son sang une centaine de
fois, estime qu’il est essentiel de promouvoir de nouveaux
services à la communauté.
« Nous essayons d’informer et d’éduquer
les habitants de la région, de les sensibiliser à
la nécessité de donner leur sang et de les convaincre
qu’en le faisant, ils peuvent sauver des vies, y compris
la leur. »
Les instances communautaires, en particulier les rassemblements
religieux organisés au niveau local, constituent un outil
puissant pour encourager les populations à donner leur
sang, selon M. Kusuma. Aussi a t-il demandé aux responsables
religieux de parler du projet et de l’importance qu’il
revêt pour l’ensemble de la communauté.
« Les sermons et enseignements religieux dispensés
quotidiennement permettent de sensibiliser les populations et
de leur délivrer un message fort. »
L’association du docteur Kusuma a inspiré d’autres
entreprises et institutions, qui ont décidé de
crééer leurs propres associations de donneurs
de sang et permis au programme de se développer. La police,
l'armée, les fournisseurs de télécommunication
et d'électricité et les entreprises privées,
notamment une grande banque locale, ont également formé
des groupes de donneurs de sang. Ses initiatives constituent
un véritable motif de fierté pour le docteur Kusuma.
« Ces associations, précise t-il, nous ont permis
de faire passer notre message et de convaincre les gens que
le don de sang peut sauver des vies. Nous espérons que
notre exemple incitera d'autres personnes à donner leur
sang.
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M.
Yusran, le docteur Kusuma et M. Ridwan sont des champions
du don de sang à Aceh. Ils sont photographiés
en compagnie d’Elise Supriati, responsable du projet
mis sur pied par la Croix-Rouge australienne. (P16525)
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