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Simeulue : pratiquer une autre pêche pour favoriser un avenir meilleur
15 octobre 2007
Texte et photos par Louise McCosker de la Croix-Rouge australienne à Simeuleu, Indonésie
Les habitants des villages côtiers reculés ont conduit des heures sur les routes accidentées de l’île pour venir se former aux nouvelles techniques en matière de pêche. Certains sont pêcheurs, d’autres sont des agents des pêches envoyés par le gouvernement local, d’autres enfin sont novices dans le domaine. Tous, à une exception près, sont des hommes.

Avec eux, un nouvel avenir se dessine pour l'île de Simeulue, un avenir dans lequel les techniques de pêche traditionnelles seront utilisées conjointement avec les nouvelles techniques d’élevage de poissons, un avenir qui verra se développer une industrie durable favorisant la protection des ressources pour les générations futures.

Cette formation est dispensée dans le cadre du projet mis sur pied par la Croix-Rouge australienne qui vise, au moyen de formations dispensées au niveau communautaire, à aider les communautés affectées par le tsunami à recréer des moyens de subsistance durables. Quatre domaines sont concernés: la pêche, les plantations de cacao, les cultures maraîchères et la restauration des mangroves.

« La pêche est essentielle pour les habitants de Simeulue, » déclare Melissa Simeulue, chargée de mettre en œuvre le projet à la Croix-Rouge australienne. « L’alimentation et/ou les revenus de près de 80% des foyers en dépendent.

L'industrie de la pêche a été particulièrement touchée par le tremblement de terre et le tsunami, qui ont surélevé le nord de l’île d’un mètre et demi et détruit le récif corallien, les mangroves et une grande partie de l’habitat piscicole. En une nuit, l’ensemble de la flotte et des équipements de pêche ont été emportés, privant les pêcheurs de leurs moyens de subsistance.

Une approche globale


Le projet s’appuie sur une approche globale qui a pour objectif de restaurer les mangroves et de réhabiliter l’habitat piscicole. Les communautés affectées bénéficient de formations et d’autres formes de soutien technique et matériel afin de mettre sur pied une industrie durable capable de se développer. Les habitants de l’île sont également encouragés à envisager d’autres types d’activité.

« Une part importante de la formation consiste à sensibiliser les villageois à la protection de l’environnement et à la nécessité de permettre aux générations futures de se nourrir, » précise M. Girsang, l’un des formateurs de l’Université de Medan. Les difficultés rencontrées par l’industrie de la pêche sont antérieures au tremblement de terre. De fait, il n’était pas rare de voir des pêcheurs venus d'autres îles pêcher le poisson au moyen d’explosifs, ce qui a provoqué une surexploitation des stocks de poissons et la destruction du récif corallien. Les habitants de l’île, quant à eux, utilisaient les arbres coupés dans la mangrove comme bois de chauffe ou colorant naturel pour les vêtements.

« Il est intéressant de noter que les pêcheurs n’ont pas fait le lien entre les dommages causés aux coraux et aux mangroves et la baisse des stocks de poissons. Ils pensaient que c’était dans l’ordre naturel des choses. C'est pourquoi cette formation est si importante. Les participants bénéficient non seulement de cours sur l'élevage de poissons, la culture d’algues, des crabes de boue et du mérou, mais ils apprennent également quelles sont les conditions environnementales nécessaires pour favoriser une industrie saine.

Dawarlian, un pêcheur de Gunung Putih qui a une femme et deux enfants à charge, se réjouit du potentiel de croissance de l’industrie. « La pêche me permet déjà de gagner un peu d‘argent, mais j'apprends tellement de choses sur les techniques d'élevage et les moyens permettant de contrôler les maladies. » Il a commencé à pêcher le homard en 1994, mais après le tremblement de terre et du fait des dommages causés aux récifs coralliens, les stocks ont chuté. « J’ai réalisé que je devais faire autre chose si je voulais gagner correctement ma vie.

Favoriser l’égalité entre les sexes

Rosmaini, 47 ans, était la seule femme présente à la formation. « Avant le tsunami, mon mari était pêcheur. Aujourd'hui, il participe aux divers projets de construction. Nous avons cinq enfants, dont trois sont encore à notre charge. Je travaille dans les rizières mais j’aimerais me lancer dans la culture d’algues et l’élevage de mérou. Grâce à cette formation, j’ai acquis quelques connaissances qui me permettront de débuter. Il est important que je gagne de l'argent pour pouvoir envoyer mes enfants à l'école. »

Les dirigeants locaux souhaitent voir plus de femmes s’investir dans cette activité. Les femmes qui le souhaitent et ont les capacités nécessaires sont encouragées à participer à la formation. Compte tenu de la faiblesse des revenus des ménages, il est important que tant les hommes que les femmes puissent exercer une activité rémunératrice.

Un centre de formation professionnelle dédié aux activités de la pêche et financé par le gouvernement indonésien et une organisation internationale est en cours de construction sur l’île de Simeulue. Son ouverture est prévue pour 2008. Le gouvernement a également fait part de son intention de faire de l’île une base importante de la culture marine.

Maintenant que la formation est terminée, les participants peuvent compter sur l’aide et le soutien technique de la Croix-Rouge australienne, de la Croix-Rouge indonésienne et du personnel local du Département de la pêche pour créer, dans quatre villages situés le long de la côte, des fermes d'élevage et de culture d’algues, de crabes de boue et de mérous et disposer du matériel nécessaire pour construire des bassins flottants.

Dawarlian, un pêcheur de Gunung Putih s’est lancé dans l’élevage piscicole pour améliorer ses revenus. (P16527)
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Les pêcheurs de l’île de Simeulue apprennent de nouvelles techniques d’élevage piscicole. (p16526)
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Pendant la formation, les pêcheurs locaux ont appris à concilier pratiques traditionnelles et nouvelles techniques de pêche. (p16528)
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