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Maldives: construire une communauté au milieu de l'océan
22 octobre 2007
Texte et photos de Janine Gray de la Croix-Rouge australienne aux Maldives
Au milieu de l’Océan indien, où il n’existe aucune route susceptible de transporter les matériaux nécessaires pour construire 600 maisons et les 'infrastructures correspondantes, la Croix-Rouge tente de reconstruire entièrement une nouvelle communauté. Janine Gray, de la Croix-Rouge australienne, rend compte des progrès accomplis 14 mois après le début de la construction.

Le temps est lourd et humide aux Maldives ; il fait 31 degrés et l’heure est venue de déjeuner. Nous sommes invités par Solih, le chef de la communauté de Kandholhudhoo, à partager un imposant repas composé de steaks de thon, de poissons de récif, de pommes de terre au curry, de rotis, de morceaux de thon au curry et de coca cola. Malgré la chaleur, tout le monde a faim et se presse devant la table du buffet. Le thon est servi très cuit, comme il est de coutume ; le poisson de récif, lui, aurait mérité quelques secondes de cuisson supplémentaires.

Solih était le chef de l’île de Kandholhudhoo lorsque le tsunami a frappé la région, détruisant entièrement la communauté. Trois personnes ont été tuées et tous les habitants ont été contraints de quitter leurs maisons et de trouver refuge dans l’une des cinq îles environnantes de l'atoll de Raa. Trois ans après la catastrophe, les habitants de Kandholhudhoo vivent toujours dans des abris provisoires en attendant que la construction de leurs nouvelles maisons, sur l’île de Dhuvafaaru, soit achevée.

La population trouve le temps long parfois, en particulier dans les camps provisoires souvent bondés et inconfortables du fait de la chaleur. Comme l’explique Michael Wardick de la Fédération internationale, la construction d'une communauté en plein milieu de l'océan représente un défi immense. « Tous les matériaux, sans exception, doivent être importés. Ils transitent par Male', la capitale des maldives, où ils sont dédouanés, puis doivent être transportés par "dhoni" (bateau traditionnel des Maldives) à Dhuvafaaru. Tout est acheminé par bateau : les blocs de fondation, le ciment, le sable, l'acier, les équipements de constuction, les camions benne, les chariots élévateurs, les fixations lègères, la nourriture destinée aux ouvriers, les ouvriers et même les consultants,» ajoute t-il en riant. Nous sommes confrontés à un véritable défi logistique; d’un point de vue technique, c’est « tout bonnement incroyable ».

D’autant plus incroyable que l’objectif est de construire 600 maisons, quatre écoles, un centre communautaire, un complexe administratif, un centre de réunion polyvalent, des terrains de sport et un hôpital. Les 300 ouvriers qui travaillent sur le chantier viennent de tout l’hémisphère Sud ; ils n’ont pas vu leurs familles depuis l’année dernière. Ils ont chaud et la fatigue peut se lire sur leurs visages salis par la poussière, mais ils sont déterminés à terminer ce qu’ils ont commencé.

Les bénéficiaires, qui sont invités chaque mois sur Dhuvafaaru pour voir l’avancement des travaux, réagissent de manière très positive. Il y a peu, Grand-maman Ameena, comme elle aime se faire appeler, s’est rendue à Dhuvafaaru pour la première fois. Elle a été impressionnée par ce qu’elle a vu. « J’y suis allée pour me rendre compte par moi-même et vérifier si ce que disait les autres était vrai. Je voulais voir de mes propres yeux et j'en suis restée sans voix. Je suis admirative. J'espère, par la grâce de Dieu, pouvoir amener mon mari ici un jour pour lui montrer l'endroit. »

On éprouve un sentiment étrange lorsque l'on regarde autour de soi, mais pour les habitants des Maldives, il est relativement courant de devoir changer d’île. La plupart des îles de l’archipel sont à peine plus hautes que le niveau de la mer et peuvent littéralement être submergées du jour au lendemain.

« Kandholhudhoo était une petite île surpeuplée avant le tsunami et il était d’ores et déjà prévu de l’évacuer, » précise Solih. Sa population était estimée à 3600 personnes, dont la majorité était âgée de moins de 20 ans. L’île était située à 1, 2 mètres seulement du niveau de la mer.

Kandholhudhoo s'appuyait sur une économie relativement dynamique tournée vers les activités de pêche en haute mer. En fait, explique Solih, « les pêcheurs ont repris leurs activités sur l’ancienne île, où les eaux sont très poissonneuses, ce qui explique pourquoi elle a pu attirer autant de monde. Ils pêchent du samedi au jeudi, puis reviennent dans leur famille pour quelques jours avant de repartir. Les bonnes semaines, ils gagnent jusqu'à 3000 rufiyaa (soit près de 315 frencs suisses ou 265 dollars US ou 188 euros). »

«Il est probable qu’ils fassent de même une fois installés sur Dhuvafaaru, » précise t-il. « Le site est idéal ; l’île présente plus d’avantages que l'ancienne. Elle est plus grande et offre des possibilités d’extension pour peu que l’on défriche certaines terres. »

L’île de Dhuvaafaru a été choisie car elle est l’une des plus ‘sures’ – « au moins est-elle situé plus haut par rapport au niveau de la mer », précise Michael. «Je pense qu'avec le temps et compte tenu du nombre d'habitants et d’équipements disponibles sur l’île, Dhuvaafaru deviendra capitale d'atoll. »

Outre les infrastructures traditionnelles parmi lesquelles un centre de traitement des eaux et des déchets, il est prévu de construire un dispositif de production d'énergie d'origine renouvelable sur l’île. Les Maldives ont été le premier pays à signer et à ratifier l’Accord de Kyoto en 1998. Il ressort d’un rapport présenté par le gouvernement que le principal objectif de la politique nationale en matière d’énergie est de renforcer la sécurité énergétique du pays en favorisant la production d'énergies renouvelables au niveau local.

La communauté a largement soutenu les initiatives visant à promouvoir l’énergie éolienne et solaire sur Dhuvaafaru en complément des systèmes existants de production d’électricité à partir de combustibles fossiles.

Il est prévu que la population de Kandholhudhoo s’installe sur l’île de Dhuvaafaru en 2008. D’ici là, grand-maman Ameena entend convaincre ses concitoyens de se montrer patients. « Tout le monde me connaît dans le village parce que je parle beaucoup. Je n’aurai que cela à la bouche pendant des semaines. Je pense que je peux davantage justifier mon point de vue, maintenant je sais que j’ai raison. Je suis tellement heureuse que je ne vois pas ce que je pourrais ajouter. »

Au milieu de l’Océan indien, où il n’existe aucune route susceptible de transporter les matériaux nécessaires pour construire 600 maisons et les 'infrastructures correspondantes, la Croix-Rouge tente de reconstruire entièrement une nouvelle communauté. (p16529)
Au milieu de l’Océan indien, où il n’existe aucune route susceptible de transporter les matériaux nécessaires pour construire 600 maisons et les 'infrastructures correspondantes, la Croix-Rouge tente de reconstruire entièrement une nouvelle communauté. (p16529)
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Solih était le chef de l’île de Kandholhudhoo lorsque le tsunami a frappé la région, détruisant entièrement la communauté. Trois personnes ont été tuées et tous les habitants ont été contraints de quitter leurs maisons et de trouver refuge dans l’une des cinq îles environnantes de l'atoll de Raa. (p16530)
Solih était le chef de l’île de Kandholhudhoo lorsque le tsunami a frappé la région, détruisant entièrement la communauté. Trois personnes ont été tuées et tous les habitants ont été contraints de quitter leurs maisons et de trouver refuge dans l’une des cinq îles environnantes de l'atoll de Raa. (p16530)
Tous les matériaux, sans exception, doivent être importés. Ils transitent par Male', la capitale des maldives, où ils sont dédouanés, puis doivent être transportés par "dhoni" (bateau traditionnel des Maldives) à Dhuvafaaru. Tout est acheminé par bateau : les blocs de fondation, le ciment, le sable, l'acier, les équipements de constuction, les camions benne, les chariots élévateurs, les fixations lègères, la nourriture destinée aux ouvriers, les ouvriers et même les consultants. C'est véritable défi logistique; d’un point de vue technique, c’est « tout bonnement incroyable ». (p16531)
Tous les matériaux, sans exception, doivent être importés. Ils transitent par Male', la capitale des maldives, où ils sont dédouanés, puis doivent être transportés par "dhoni" (bateau traditionnel des Maldives) à Dhuvafaaru. Tout est acheminé par bateau : les blocs de fondation, le ciment, le sable, l'acier, les équipements de constuction, les camions benne, les chariots élévateurs, les fixations lègères, la nourriture destinée aux ouvriers, les ouvriers et même les consultants. C'est véritable défi logistique; d’un point de vue technique, c’est « tout bonnement incroyable ». (p16531)
Les 300 ouvriers qui travaillent sur le chantier viennent de tout l’hémisphère Sud ; ils n’ont pas vu leurs familles depuis l’année dernière. Ils ont chaud et la fatigue peut se lire sur leurs visages salis par la poussière, mais ils sont déterminés à terminer ce qu’ils ont commencé. (p16532)
Les 300 ouvriers qui travaillent sur le chantier viennent de tout l’hémisphère Sud ; ils n’ont pas vu leurs familles depuis l’année dernière. Ils ont chaud et la fatigue peut se lire sur leurs visages salis par la poussière, mais ils sont déterminés à terminer ce qu’ils ont commencé. (p16532)
L’île de Dhuvaafaru a été choisie car elle est l’une des plus ‘sures’, au moins est-elle situé plus haut par rapport au niveau de la mer. (P16533)
L’île de Dhuvaafaru a été choisie car elle est l’une des plus ‘sures’, au moins est-elle situé plus haut par rapport au niveau de la mer. (P16533)


Il y a peu, Grand-maman Ameena, comme elle aime se faire appeler, s’est rendue à Dhuvafaaru pour la première fois. Elle a été impressionnée par ce qu’elle a vu. « J’y suis allée pour me rendre compte par moi-même et vérifier si ce que disait les autres était vrai. Je voulais voir de mes propres yeux et j'en suis restée sans voix. Je suis admirative. J'espère, par la grâce de Dieu, pouvoir amener mon mari ici un jour pour lui montrer l'endroit. » (p16534)

Il y a peu, Grand-maman Ameena, comme elle aime se faire appeler, s’est rendue à Dhuvafaaru pour la première fois. Elle a été impressionnée par ce qu’elle a vu. « J’y suis allée pour me rendre compte par moi-même et vérifier si ce que disait les autres était vrai. Je voulais voir de mes propres yeux et j'en suis restée sans voix. Je suis admirative. J'espère, par la grâce de Dieu, pouvoir amener mon mari ici un jour pour lui montrer l'endroit. » (p16534)


Les bénéficiaires, qui sont invités chaque mois sur Dhuvafaaru pour voir l’avancement des travaux, réagissent de manière très positive. (p16535)

Les bénéficiaires, qui sont invités chaque mois sur Dhuvafaaru pour voir l’avancement des travaux, réagissent de manière très positive. (p16535)
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