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Une eau salvatrice pour les villages pauvres du Sud de la Thaïlande
29 octobre 2007
Par Joe Lowry, délégué de la Fédération internationale en Thaïlande
Soi Payang est probablement l’un des endroits les moins attractifs qui soit. Ce village, situé dans un bras de mer au-dessus d’une route boueuse et auquel on accède difficilement par un chemin caillouteux, n’abrite que des maisons délabrées. Le sol est détrempé, il règne une odeur fétide et de nombreux moustiques sévissent, même à 3 heures de l’après-midi. Il est difficile de croire que les fastueux hôtels de l’île de Phuket, principal site touristique du pays, ne sont qu’à quelques kilomètres de là.

La mise en place minutieuse par la Croix-Rouge américaine, en collaboration avec la Croix-Rouge thaïlandaise, d’un programme simple mais efficace d’approvisionnement en eau et d’assainissement a donné un nouveau souffle à cet endroit isolé, sévèrement touché par le tsunami de 2004, et permis aux habitants, dont sept ont péri dans la catastrophe, d'être en meilleure santé.

Comme le Mouvement le découvre chaque jour depuis le tsunami, les programmes d’intervention d'urgence présentent souvent des avantages à long terme pour les communautés en termes de développement. Selon John McGown, délégué de la Croix-Rouge américaine, l’évaluation faite par la Société nationale montre que des résultats importants ont été obtenus depuis un an s'agissant de la réinstallation des populations et de leurs conditions d'existence, mais beaucoup reste à faire en matière de santé, d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

« Les étangs, les conduites d’eau et les ruisseaux constituaient les seules sources d'approvisionnement en eau avant la castastrophe, » précise John McGown, « mais l’eau ainsi puisée contenait des taux trop élevés de sel et de fer et n’avait pas bon goût. Afin de favoriser la participation et les investissements locaux, nous avons demandé aux communautés de contribuer à hauteur de 20 pour cent aux coûts d’installation de matériel de récupération des eaux de pluie et leur avons donné le choix entre des conteneurs en céramique, en fibre de verre ou en plastique. »

Un an après, neuf communautés pauvres de pêcheurs sont alimentées en eau potable pendant la saison des pluies, ce qui évite aux habitants de se briser le dos en allant puiser de l’eau dans les ruisseaux ou de payer l’eau qu’il consomme. Les 6 provinces de la Mer Andaman, au Sud de la Thaïlande, bénéficient de 8 mois de pluie, une ressource précieuse pour les communautés qui bénéficient des moyens qui permettent de récupérer et de stocker les eaux de pluie afin de les utiliser pour leurs besoins quotidiens.

Selon Surangrat Na Lampang de la Croix-Rouge thaïlandaise, qui dirige les activités de formation à Ban Hin Lad, « la population, par son travail et ses idées, s’est beaucoup impliquée dans le projet. Nous lui avons donné le matériel, mais aussi le « logiciel », autrement dit les connaissances nécessaires pour utiliser les installations de récupération et de collecte des eaux de pluie. Les bénéficiaires sont heureux et nous le sommes également. »

Lampan Wangsoh confirme que le matériel de collecte des eaux de pluie qu'elle a reçu a été un réel bénéfice pour elle et sa famille. « En temps normal, je dépense trois ou quatre cent baht (environ US $10/€7/12CHF) par mois pour l'eau nécessaire à la toilette et à la cuisine. Avec l’argent que j’économise, je peux acheter plus de crabes, que je décortique, et augmenter mes revenus de près de 300 baht par jour, » dit-elle dans un sourire. La différence est d’autant plus importante que son mari pisciculteur ne travaille plus depuis le tsunami.

Près de Soi Surao vit une communauté multiraciale et multiconfessionnelle. Ce sont probablement les musulmans qui bénéficient le plus du programme de collecte des eaux de pluie, au moins d’un strict point de vue économique. La communauté musulmane dépense une centaine de baht (environ US $3/€2/4CHF) par jour pour leurs ablutions rituelles, qui précédent les cinq prières quotidiennes. Grâce au programme, il est plus facile aujourd'hui pour eux de s'approvisionner en eau.

Tima Toedam, mère de six enfants, confirme qu'une grande partie du budget de la famille était consacré à l’alimentation en eau. Depuis que celle-ci est devenue plus accessible, Tima peut davantage aider son mari pêcheur. « Ce programme nous apporte beaucoup, » dit-elle, l’œil attentif sur les filets qu'elle est en train de repriser. « Cela nous facilite tellement la vie. »
Les installations de collecte des eaux de pluie ont apporté bien plus au village de Soi Payang que de l'eau potable. (p16666)
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Tima Toedam et son marie Arkeem, à Soi Surao, économisent des sommes importantes depuis qu’ils peuvent bénéficier de nouvelles sources d'alimentation en eau pour leurs ablutions rituelles. (p16665)
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Lampan Wangsoh et sa nièce Supraporn: « Avec l’argent que j’économise, je peux acheter plus de crabes. » (p16667)
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