Le Niger a connu ces dernières années toute une série de phénomènes météorologiques extrêmes. Après une longue période de sécheresse qui a fait la une des journaux en 2005, des trombes d’eau se sont abattues sur le pays en juillet et août derniers. En marge de l’Assemblée générale de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui se tient en ce moment à Genève, nous avons demandé à M. Ali Bandiaré, Président de la Croix-Rouge du Niger, de nous dresser un bilan des challenges que sa Société Nationale doit relever.
Question: Comment évaluez-vous la situation actuelle au Niger après les fortes pluies de l’été dernier ?
La situation est préoccupante sur le plan alimentaire. En juillet et août, nous avons connu une période de pluies diluviennes avec de nombreux champs inondés, ruinant une partie des récoltes. De plus, en septembre, les pluies se sont soudainement arrêtées, stoppant net la maturation des champs de mil. Résultat : il existe actuellement des poches d’insuffisance alimentaire à travers le pays, ce qui nous inquiète beaucoup. Il faut absolument distribuer des semences au plus vite dans le cadre des cultures de contre-saison et apporter ponctuellement une aide alimentaire à ces populations qui vont rapidement se retrouver dans le besoin ou encore les aider à générer de nouvelles activités de revenus.
Question: Le Niger est un pays où l’eau est une ressource précieuse. Quelles sont vos principales activités pour améliorer l’accès à l’eau pour les populations ?
Nous avons entrepris une série de programmes d’assainissement dan la communauté urbaine de Niamey, notamment dans une vingtaine d’écoles primaires que nous avons équipées de latrines. Nous avons également réhabilité les points d’eau et nos volontaires ont entrepris une campagne de sensibilisation à l’hygiène destinée non seulement aux 10 000 enfants fréquentant ces établissements scolaires mais aussi aux enseignants et aux parents d’élèves.
En partenariat avec la Fédération internationale et le Croissant-Rouge du Qatar, nous avons également entrepris un programme de trois millions de dollars dans les régions de Tillaberi, Tahoua et Zinder, comprenant le forage d’environ 120 puits tandis qu’une soixantaine d’autres ont été réhabilités. Des latrines ont aussi été construites dans des écoles et dans des villages.
Question: Quelles sont vos principales priorités pour les mois qui viennent et pour l’avenir ?
Outre la situation alimentaire que nous devrons suivre de près dans les mois à venir, nous souhaitons développer encore nos capacités régionales et locales, continuer la lutte entreprise contre le paludisme par la distribution de moustiquaires et le suivi de leur bonne utilisation par nos volontaires. Nous voulons aussi intensifier la lutte contre le VIH/sida. Nous souhaitons également l’installation effective du nouveau modèle des opérations régionales de la Fédération. Enfin, concernant vos volontaires, nous poursuivons la réflexion afin de mieux les fidéliser.
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M. Ali Bandiaré, Président de la Croix-Rouge du Niger.
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