Les légumes contiennent des vitamines et des minéraux et ajoutent une valeur nutritionnelle importante pour les personnes atteintes par le virus du VIH qui prennent des médicaments antirétroviraux. Au Kenya, les apports journaliers sont constitués de féculents et d'hydrates de carbone, des aliments pauvres en vitamines. Les légumes permettent non seulement de neutraliser les effets secondaires des traitements antirétroviraux, mais également de renforcer le système immunitaire.
Le projet Molo de lutte contre le VIH, lancé par la section de Nakuru de la Croix-Rouge du Kenya, dispose aujourd’hui d’une ferme qui sert de site de démonstration et permet aux clients de s’informer des pratiques qu’ils pourront reproduire dans leurs fermes et de fournir des légumes aux personnes vivant avec le VIH. Les légumes sont vendus à des prix nettement inférieurs à ceux du marché à près de 30 bénéficiaires. Cinq volontaires de la Croix-Rouge y travaillent ; tous suivent un traitement antirétroviral fourni par le gouvernement kenyan.
« Je me sens en meilleure santé, je cours même plus vite. Lorsqu’ils sautent à l’église, je saute aussi. Je vais mieux, » dit Rose Moraa, l’une des cinq volontaires.
Le gouvernement du Kenya a décidé récemment de fournir gratuitement des traitements antirétroviraux aux personnes vivant avec les VIH (auparavant le traitement n’était disponible que dans certains grands hôpitaux), ce qui a des implications majeures sur le programme de lutte contre le sida de la Croix-Rouge. Autrefois centrés sur les soins palliatifs, les programmes de soins à domicile sont aujourd’hui axés sur les thérapies antirétrovirales et visent notamment à ce que les patients prennent leurs médicaments à heures fixes et mangent des aliments nutritionnels.
Msallam Ahmed, responsable de la prévention du VIH à la section de Nakuru de la Croix-Rouge explique : « Nous arrivons au terme de la première année d'utilisation des thérapies antirétrovirale par la Croix-Rouge du Kenya ; c'est une expérience nouvelle pour le pays. Ces thérapies sont un facteur essentiel dans la lutte contre la stigmatisation en général, l’amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec le VIH et le soutien aux communautés.
Le premier cas de sida a été diagnostiqué en 1984 au Kenya. Aujourd’hui, près de 6,7% de la population vit avec le VIH. Dans certaines régions, notamment la zone de Molo, le taux de prévalence atteint 24,7% (2004). Cela est dû en partie à l’afflux de familles déplacées et au conflit ethnique qui frappe la région , mais aussi au fait que Molo est situé sur la principale route qui mène au Soudan et constitue un point de halte pour de nombreux camions.
Dans le cadre du plan stratégique de lutte contre le VIH mis en place par la Croix-Rouge du Kenya, la section de Nakuru a lancé, à Molo, un projet de santé familiale et de soins à domicile afin de lutter contre les taux élevés de prévalence. Les programmes de soins à domicile visent à permettre aux communautés et aux familles de bénéficier des structures organisationnelles, des ressources et du cadre nécessaires pour veiller sur leurs malades.
L’un des buts principaux de la Section de Nakuru est de mobiliser les populations et de les sensibiliser à la nécessité d'assurer leur propre développement, d’identifier des partenaires potentiels et de faire en sorte que les communautés adhèrent au projet et le soutiennent.
Par son ampleur, le VIH a obligé les familles et les communautés à s’impliquer dans la plupart des programmes de santé. Les hôpitaux croulent sous le nombre de patients qui meurt du sida, ce qui les empêchent de fournir également des services aux personnes atteintes de maladies et de symptômes susceptibles d'être guéris. Le VIH provoque de nouvelle demandes considérables en matière de services de soins et de santé, demandes auxquelles les hôpitaux ne peuvent répondre seuls . La plupart des familles n’ont pas les moyens de payer plusieurs admissions à l’hôpital et encore moins de s’offrir les services des structures institutionnalisées de soins, qui sont très chères. Cette situation appelle la mise en place de solutions pratiques et humaines qui permettent aux patient d'être traités à domicile ou dans leurs communautés aussi longtemps que possible.
Les volontaires constituent un élément essentiel de la thérapie antirétrovirale et des programmes de soins à domicile. Jane Njeri est une volontaire active à Molo; elle est extrêmement contente des progrès accomplis par ses patients. Elle est parvenue à faire admettre certains d’entre eux à l’hôpital afin qu’ils reçoivent un traitement et des médicaments antirétroviraux.
Aujourd’hui, Felistas, une jeune femme de 22 ans vivant avec le VIH patiente de Jane, peut faire des choses qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Par le passé, elle ne pouvait pas aller à l’hôpital ; aujourd’hui, elle peut s’y rendre à pied toute seule. Elle envisage même de lancer son propre commerce.
« Quand j’ai trouvé Felistas, elle était au lit et ne pouvait pas marcher. Sa mère avait perdu tout espoir, mais je lui ai dit qu’il y en avait un, que nous pouvions la conduire à l’hôpital afin qu’elle puisse bénéficier d’un traitement. Aujourd’hui, Felistas peut se faire à manger, se laver et assister au groupe de soutien, » précise Jane Njeri.
Jane rend visite à ses patients chaque jour. Elle leur apporte des kits de soins à domicile comprenant du porridge, des savons, des désinfectants, des crèmes, etc. Aider les patients à prendre soin d'eux à la fois en matière de nourriture et d'hygiène est une part essentielle de son travail.
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Jane Njeri Kihara est volontaire à la Croix-Rouge du Kenya depuis six ans. Jane rend visite à un certain nombre de patients. Elle leur donne des conseils de nutrition et veille à ce qu'ils suivent leur traitement. Ce matin, elle prépare du porridge avec Felisitas Muthoni Kithinji. (p16752)
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Phillis Odhiambo travaille à l’hôpital de Molo dans un jardin créé spécifiquement par la Croix-Rouge pour aider les patients à mieux gérer leurs apports nutritionnels. Une bonne nutrition est essentielle pour les personnes suivant une thérapie antirétrovirale. (p16749)
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Daniel Kimani est âgé de quatre ans seulement. Sa mère est morte du sida. Il est séropositif et suit un traitement antirétroviral. Daniel vit aujourd'hui avec ses grands-parents, Agnes Wacu and Samuel Macharia. (p16750)
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| Rosemary Akisa, une volontaire chargée d'effectuer des soins à domicile, masse les jambes de Ester Wangari Kagiri. (p16751) |
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| Rose Mora Arasa, une volontaire qui travaille à la ferme (à gauche), avec Jane Njeri. Asara a perdu son mari il y a dix ans à cause du sida. Son fils est mort récemment de la maladie. Elle a deux enfants séropositifs. Pour autant, elle n’a pas abandonné tout espoir et prévoit de se remarier. (p16748) |
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