Le lycée Nkol Eton de Yaoundé est un des principaux établissements scolaires de la capitale camerounaise. C’est un établissement de bonne réputation, situé au centre-ville. Il est aussi l’un des plus importants avec ses 3500 élèves âgés de 16 à 18 ans. C’est dans la cour de récréation que nous retrouvons Clémentine Ngono et Achille Nnomo, les deux principaux animateurs du « Club des amis de la Croix-Rouge » fondé au sein de l’établissement.
Régulièrement, Clémentine, Achille et plusieurs autres membres réunissent leurs camarades pour les sensibiliser au problème du sida et des maladies sexuellement transmissibles. La réunion a lieu dans une salle de classe ou encore dans la cour.
Petit à petit, le cercle se forme et les jeunes se rassemblent. Après quelques moments d’hésitation devant la perspective d’aborder en public des sujets intimes, les questions fusent. Il est question de prévention, d’utilisation du préservatif, de contraception. Les élèves volontaires de la Croix-Rouge camerounaise y répondent en utilisant si nécessaire les compétences des enseignants qui les encadrent.
Mme Elizabeth Ntonga, la nouvelle directrice de l’établissement, accueille très favorablement la réalisation de telles actions de sensibilisation au sein de son lycée. « Non seulement, de telles actions sont souhaitables mais elles sont même tout à fait indispensables », précise t-elle. Madame Ntonga sait de quoi elle parle. Elle est en poste dans l’établissement depuis trois semaines et on lui a déjà rapporté l’existence de 8 grossesses non désirées parmi les élèves.
« Les jeunes filles sont l’objet de nombreuses sollicitations de la part des garçons mais aussi de la part d’hommes mariés en quête de relations extra-conjugales », explique Clémentine. « Certaines ont du mal à résister mais parfois, c’est leur existence qui bascule. Une grossesse précoce est souvent vécue très difficilement par leur famille. Parfois, les parents jettent leur fille à la rue. Très vite, il leur faudra faire d’autres rencontres pour survivre et beaucoup tombent alors dans la prostitution », poursuit t-elle.
Certaines de ces jeunes filles se retrouveront également contaminées par le VIH. Malgré les panneaux de prévention placés bien en évidence à l’entrée du lycée, il est parfois difficile de sensibiliser les élèves. « Il est important de rappeler que le danger du VIH existe toujours», explique Achille à l’issue de la séance d’information. « Chez les garçons, on a parfois tendance à mettre le problème de côté, à penser qu’avec tous les traitements dont on parle, le problème est peut-être moins grave qu’auparavant. C’est à nous de leur dire qu’il convient de rester vigilant », ajoute t-il.
Le dialogue s’engage alors entre les membres du club, le proviseur et certains enseignants. Tous mettent l’accent sur le besoin de repères qu’ont les élèves : « Lors de nos séances d’information, les filles nous posent souvent des questions sur la manière correcte de s’habiller pour venir en classe», nous dit Clémentine. Le proviseur ajoute : « Très souvent, les enseignants me font part d’élèves somnolents pendant les cours. Lorsqu’ils mènent l’enquête, ils s’aperçoivent qu’ils ont passé la moitié de la nuit à visionner des films pornographiques sur les chaînes de télévision payantes qu’ils parviennent à pirater, ce qui entraîne aussi ensuite des comportements à risques pour la contamination au VIH », ajoute Mme Ntonga.
Les activités du « Club des amis de la Croix-Rouge » au lycée Nkol Eton pourraient se développer dans d’autres établissements. Ils sont complémentaires à d’autres programmes menées par la Croix-Rouge camerounaise avec le soutien de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans le cadre de la lutte contre le sida, comme le projet « Filles libres » qui tentent de sensibiliser au VIH les femmes tombées dans la prostitution ainsi que leurs clients. Un tel travail avec ces populations très vulnérables est indispensable. Cependant, il est clair que la prévention doit commencer le plus tôt possible et les actions du « Club des amis de la Croix-Rouge » en sont certainement une bonne illustration.
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Clémentine Ngono prend une part active dans les activités de prévention du VIH dans son lycée. (p16745)
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Les animateurs du « Club des Amis de la Croix-Rouge » organisent des séances d’information pour les élèves au lycée Nkol-Eton de Yaoundé. (p16744)
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Les élèves ont de nombreuses questions à poser aux jeunes volontaires de la Croix-Rouge camerounaise
(p16746)
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