Le tsunami qui a frappé le Sri Lanka il y a trois ans a affecté sans distinction des gens de tous milieux. Toutefois, si les catastrophes sont souvent aveugles, l’assistance et le relèvement requièrent de la part d’organisations comme la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge la plus grande considération. Dans le cas particulier, il s’agissait notamment de construire des maisons pour des usages divers et pour des gens aux attentes et besoins très variés. Dès le premier jour, il est apparu évident qu’une seule et unique approche ne permettrait pas de prendre en compte une telle diversité.
Le système de la reconstruction pilotée par les bénéficiaires, dans lequel ces derniers sont étroitement associés au processus à travers l’attribution d’allocations financières, s’est révélé particulièrement performant aussi bien pour la Fédération internationale et son partenaire des Nations unies – l’agence Habitat – que pour les intéressés, rapporte Kefa Owino, qui coordonne ces programmes sur le terrain.
“La reconstruction pilotée par les bénéficiaires permet à ceux-ci de choisir ce qui leur convient le mieux”, explique Owino. “Le donateur n’arrive pas avec un projet tout fait en disant: ‘voilà ce que vous aurez’. C’est exactement le contraire. Les gens sont libres de bâtir la maison de leurs rêves.”
La Fédération internationale travaille directement avec des rescapés du tsunami dans le cadre de la construction de plus de 1200 maisons dans le sud et l’est du pays. Chaque habitation doit satisfaire à certaines normes minimales – être équipée d’une salle de bain, d’une cuisine, d’une chambre qu’on peut fermer – mais, à partir de là, libre au propriétaire de suivre le plan de base, de l’adapter ou de faire à son idée.
Les bénéficiaires peuvent aussi décider de bâtir eux-mêmes leur maison ou d’embaucher des entrepreneurs locaux. Les allocations sont débloquées par étapes correspondant à l’achèvement des fondations, de la maçonnerie, de la toiture, etc.
Barry Armstrong, de la Croix-Rouge australienne, est un chaud partisan de cette approche. “Elle est beaucoup plus personnalisée que les autres formules de reconstruction. Les gens ont le loisir de donner une touche de caractère à leur maison, de choisir les dimensions et la structure qui conviennent le mieux aux futurs occupants.
“Cette approche présente un autre avantage non négligeable: elle favorise une utilisation optimale des fonds, car les membres de la communauté sont les mieux placés pour négocier les tarifs les plus avantageux tant pour les matériaux que pour la main d’oeuvre. Par ailleurs, ils expriment leur personnalité et leur culture de différentes façons selon les régions de l’île où ils se trouvent.”
Dans le district d’Ampara, sur la côte orientale, A. M. Fouze et sa famille élargie construisent la maison de leurs rêves.
“Notre famille a perdu deux maisons dans le tsunami. Une se trouvait dans la bande de 65 mètres qui s’étend depuis le rivage, et nous n’avons donc pas été autorisés à la reconstruire au même endroit. Nous avons donc décidé de nous réinstaller tous sur l’emplacement de l’autre maison”, explique M. Fouze. Le gouvernement a en effet décrété une interdiction de construire à proximité immédiate de l’océan afin de protéger l’environnement côtier.
La famille élargie sera ainsi rassemblée dans une bâtisse de quatre étages richement ornementée de peintures, de plâtres et de bois décoratifs. Tout ce secteur à prédominance musulmane est en effervescence, les différents propriétaires mettant la touche finale à des maisons plus somptueuses les unes que les autres.
“Nous avons reçu nos subventions par tranches”, poursuit M. Fouze. “En tant que membres de la communauté, nous savons à qui nous adresser pour obtenir la meilleure qualité de travail. Nous disposons sur place d’un architecte et de plusieurs maçons.”
A Marnkerny, une communauté tamoule du nord-est en proie à la guerre depuis une vingtaine d’années, Udhayakumar Subramaniyn et sa femme sont aussi en pleins travaux.
“Dans la famille, nous sommes maçons de père en fils”, déclare Udhayakumar Subramaniyn. “Pour moi, ce n’est donc pas un problème de construire une maison, surtout avec un aussi bon ouvrier que ma femme!
“La situation est bien meilleure qu’avant. Les gens reçoivent des aides pour développer leurs activités et ils s’en sortent nettement mieux, aussi bien les paysans que les pêcheurs. Nous apprenons à faire fructifier nos ressources.”
Les Subramaniyn ont assez de place à l’arrière de leur maison pour élever des chèvres, un complément de revenu pour la famille.
“Je suis très heureux de vivre ici et je suis impatient d’avoir terminé ma maison et de me remettre au travail”, ajoute Udhayakumar Subramaniyn.
Près de la ville d’Hambantota, au sud du pays, une communauté s’est réinstallée dans un nouveau village où constructions et jardins sont en plein boom. Les habitants de Yodakandyia, une communauté cingalaise, vivaient autrefois au bord de la mer. Leur nouveau village est à quelques kilomètres du rivage.
De nombreux habitants ont adopté les plans fournis par la Croix-Rouge, le Croissant-Rouge et l’agence Habitat, tout en y ajoutant leur touche personnelle. Sayuri Natasha vit avec son mari dans une coquette maison verte agrémentée de fenêtre en bois traditionnelles. Elle entretient un luxuriant jardin planté par la famille.
“L’agence Habitat nous a fourni un plan du sol, en nous laissant la liberté de concevoir sur cette base notre propre aménagement et notre jardin”, explique-t-elle. “C’est pourquoi les maisons sont différentes les unes des autres. Maintenant, nous avons un foyer conforme à nos désirs et nous y sommes très heureux.”
Pour Owino, c’est précisément cette approche consultative et participative qui fait tout le succès du projet.
“Il ne s’agit pas seulement de bâtir des maisons. Les gens prennent en main la restauration de tout leur communauté. A mes yeux, c’est un de nos programmes les plus réussis, parce qu’il contribue à resserrer les liens communautaires et parce que les bénéficiaires ont un large pouvoir de décision. Au bout du compte, ils peuvent dire: ‘C’est nous qui avons reconstruit’.”
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Travaillant en étroite liaison avec les rescapés du tsunami, la Fédération internationale est engagée dans la construction de plus de 1200 maisons dans le sud et l’est du Sri Lanka. (p16864)
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La maison de la famille Fouze à Kalmunai, dans le district d’Ampara. (p16870)
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| A. M. Fouze et sa fille. “Notre famille a perdu deux maisons dans le tsunami. Une se trouvait dans la bande de 65 mètres qui s’étend depuis le rivage, et nous n’avons donc pas été autorisés à la reconstruire au même endroit. Nous avons donc décidé de nous réinstaller tous sur l’emplacement de l’autre maison”, explique M. Fouze. (p16866) |
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| “Dans la famille, nous sommes maçons de père en fils”, déclare Udhayakumar Subramaniyn. “Pour moi, ce n’est donc pas un problème de construire une maison, surtout avec un aussi bon ouvrier que ma femme!”
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Les Subramaniyn ont assez de place à l’arrière de leur maison pour élever des chèvres, un complément de revenu pour la famille.
(p16868)

Sayuri Natasha vit avec son mari dans une coquette maison verte agrémentée de fenêtre en bois traditionnelles. Elle entretient un luxuriant jardin planté par la famille. (p16949) |
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