Derrière une enfilade de baobabs, après quelques dizaines de kilomètres sur la rive nord du fleuve Gambie, s’érige au débouché de routes sinueuses, Kinteh Kunda Marong Kunda, une paisible bourgade d’un millier d’habitants. En cette chaude journée du mois de janvier, un silence assourdissant règne sur les lieux. Seuls les éclats de voix provenant des enfants qui s’adonnent à un jeu de cache-cache, perturbent de temps en temps, la quiétude des populations.
A l’intérieur d’une Chambre, Natomah Kinteh, une jeune maman de dix neuf ans, allaite sa petite fille Mariamah Traoreh qui vient juste de célébrer son premier anniversaire. Une moustiquaire trouée à quelques endroits, est suspendue au dessus de leur lit.
« Nous passons souvent des nuits blanches à cause de la piqûre des moustiques qui parviennent à passer à travers les brèches de la moustiquaire. J’ai peur que mon enfant n’attrape le paludisme » explique t – elle, inquiète.
L’an dernier, Natomah Traoreh a fait une crise de paludisme qui a failli lui coûter la vie. Elle est donc consciente que cette maladie peut être fatale pour sa fille.
En Gambie, comme d’ailleurs dans la plupart des pays du Sahel, le paludisme constitue la première cause de mortalité parmi les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Il est également le premier motif de consultation dans les structures de santé.
Considéré comme l’un des meilleurs moyens de prévention du paludisme, la moustiquaire imprégnée demeure pourtant inaccessible pour de nombreuses familles défavorisées. Elle coûte 750 Dalasis (25 EUR), un prix qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. Pour se procurer cet outil de prévention à Kinteh Kunda Marong Kunda, il faut aller dans les grandes agglomérations où à Ker Pathey, un village distant de dix kilomètres.
C’est donc avec une joie immense que les populations de cette localité ont accueilli les moustiquaires imprégnées fournies par la Croix Rouge gambienne. Une aubaine pour Natomah Kinteh et sa fille. Grâce à cet appui, elles vont désormais passer des nuits plus sereines, à l’abri des moustiques, vecteurs du paludisme.
Natomah Kinteh et sa fille Mariamah Traorey font partie des milliers de bénéficiaires de la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées, conduite par la Croix Rouge gambienne, avec l’appui de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de WSM (World Swim against Malaria).
Lancée officiellement le 15 janvier dernier par le Ministre de la Santé, cette campagne a consisté à distribuer pendant cinq jours plus de 6 000 moustiquaires imprégnées aux femmes enceintes et enfants âgés de moins de cinq ans, dans la région nord du fleuve Gambie. Plus d’une quarantaine de volontaires aidés par des infirmières ont assuré la distribution.
« Les volontaires ont mené une campagne de porte-à-porte, expliquant aux populations de la région nord les causes et les moyens de prévention du paludisme en insistant particulièrement sur le bon usage des moustiquaires » explique Katim Tourey, Responsable de Programme Santé à la Croix Rouge gambienne.
La région nord qui se trouve de l’autre côté du fleuve Gambie est une zone rurale où vit une population essentiellement agricole. Une région qui présente également l’une des incidences les plus élevées du paludisme en Gambie, à cause des aménagements hydro-agricoles et les nombreux foyers d’eaux stagnantes favorables à la multiplication des moustiques, vecteurs de la maladie.
Les besoins de cette région en moustiquaires imprégnées sont donc immenses. Le prochain défi sera de veiller à ce que les moustiquaires soient bien utilisées et d’étendre la distribution aux populations qui n’ont pas pu bénéficier de ces outils précieux.
« Un problème que le gouvernement va essayer de couvrir avec l’appui des partenaires » souligne Baabah Njaay, Responsable Régional Santé du ministère gambien de la Santé, avant de magnifier le travail accompli par la croix rouge gambienne.
« Les moustiquaires imprégnées distribuées par la Croix Rouge gambienne vont contribuer de manière significative à faire reculer la morbidité et la mortalité liées au paludisme dans le pays » conclut-il.
Rappelons également que la Croix-Rouge gambienne était intervenue lors de la campagne de vaccination contre la rougeole en novembre et décembre dernier, soutenue par la « Measles Initiative ». Plus de 230 volontaires dans sept régions du pays avaient procédé à la vaccination de 324 526 enfants. Parmi les activités de sensibilisation organisées par la Société nationale, figuraient notamment l’organisation de points de presse, de réunions d’information dans les régions, d’émissions et de spots à la radio en plus de la sensibilisation « porte à porte » qui a eu lieu lors de la semaine de campagne. Les volontaires de la Croix-Rouge gambienne avaient également participé à l’établissement des registres de vaccination ainsi qu’à l’administration de vitamine A et de comprimés vermifuges. Ils ont ainsi pu atteindre 65% des populations ciblées, notamment dans les régions rurales et très isolées.
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En Gambie, comme d’ailleurs dans la plupart des pays du Sahel, le paludisme constitue la première cause de mortalité parmi les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Il est également le premier motif de consultation dans les structures de santé. (p17710)
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Natomah Kinteh et sa fille Mariamah Traorey font partie des milliers de bénéficiaires de la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées, conduite par la Croix Rouge gambienne, avec l’appui de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de WSM (World Swim against Malaria). (p17109)
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« Les volontaires ont mené une campagne de porte-à-porte, expliquant aux populations de la région nord les causes et les moyens de prévention du paludisme en insistant particulièrement sur le bon usage des moustiquaires » explique Katim Tourey, Responsable de Programme Santé à la Croix Rouge gambienne. (p17108)
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C’est donc avec une joie immense que les populations de cette localité ont accueilli les moustiquaires imprégnées fournies par la Croix Rouge gambienne. (p17107)
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