Ils sont arrivés par milliers, fuyant les combats qui se déroulaient dans la capitale de leur pays, le Tchad, pour trouver refuge au Cameroun voisin. En quelques heures, N’Djamena s’est vidée de quelques 30 000 personnes particulièrement vulnérables qui ont trouvé refuge dans la petite ville frontière de Kousseri.
Les réfugiés tchadiens occupent tous les espaces disponibles dans la ville, couchés à même le sol, sous les arbres. Parmi eux figurent beaucoup de femmes et d’enfants. La tristesse et le désarroi se lisent sur leur visage. « Nous sommes fatigués, nous avons faim, nous voulons rentrer chez nous mais nous avons peur que les combats reprennent d’un moment à l’autre » : cette phrase, qui reflète l’état d’esprit des réfugiés, beaucoup la martèlent à longeur de journée.
Aissatou, volontaire de la Croix-Rouge camerounaise, raconte: « Nous les encourageons à garder espoir et surtout nous les rassurons en leur disant que la Croix-Rouge est auprès d’elles et leur apportera l’aide dont elles ont besoin même si cela prend un peu de temps ».
La situation est difficile pour tous ces réfugiés mais elle l’est d’avantage encore pour ces enfants qui sont sans aucune nouvelle de leurs familles depuis samedi dernier. Atom Idriss, âgé de 11 ans, élève dans une école de N’Djamena et orphelin de père, est bouleversé.
« Je dormais avec mon frère et ma sœur lorsque nous avons été reveillés brutalement par des bruits de canon. Ma mère nous a demandé de nous cacher sous le lit. Finalement, elle nous a dit que nous devions partir. Nous sommes sortis dans la nuit, nous avons marché vers Kousseri. Il y avait beaucoup de cadavres sur la route et il fallait les enjamber. Beaucoup d’autres personnes fuyaient en même temps que nous dans une cohue indescriptible. Arrivé sur le pont qui marque la frontière, je me suis retrouvé seul, sans ma sœur et mon frère et sans ma mère que je ne retrouvais plus . » Le cas d’Idriss n’est pas unique. Il a pu être pris en charge par les volontaires de la Croix-Rouge camerounaise afin de retrouver sa famille.
La situation dans les divers sites où se trouvent les réfugiés est très préoccupante, même si un début de mouvement de retour, bien timide jusqu’ici, a pu être constaté. La Croix-Rouge tente notamment de regrouper les réfugiés de manière organisé dans deux sites de transit et dans un site définitif à Maltam, près de Kousseri. Les volontaires ont également distribué du pain et de la farine à certains réfugiés afin de répondre aux besoins immédiats.
Mais le plus urgent aujourd’hui, outre l’approvisionnement alimentaire, c’est de trouver une solution rapide aux problèmes d’hygiène et d’assainissement. Un déficit en eau potable et en latrines pourrait provoquer l’apparition de maladies. Les volontaires de la Croix-Rouge ont commencé à creuser des latrines pour faire face à la situation.
Afin de soutenir la Croix-Rouge camerounaise dans son action, la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a débloqué 300,000 francs suisses de son fonds de réponse d’urgence aux catastrophes. Un avion avec cinq tonnes de matériel en provenance de Yaoundé, la capitale camerounaise, devait arriver ce jeudi 7 février. Il transporte notamment 3000 matelas, 800 couvertures et 1000 moustiquaires afin de parer aux besoins pressants.
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Des volontaires de la Croix-Rouge camerounaise distribuant du pain et de la farine à certains réfugiés afin de répondre aux besoins immédiats. (p17242)
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Un volontaire en train d'aider une victime blessée lors du combat à N’Djamena est actuellement soignée à l'hopital de Kousseri. (p17240)
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Des réfugiés traversant la frontière entre le Cameroun et le Tchad sur le pont de Ngueli. (p17241)
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Les volontaires de la Croix-Rouge camerounaise apporte également un soutien psychologique aux réfugiés. (p17239)
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Afin de soutenir la Croix-Rouge camerounaise dans son action, la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a débloqué 300,000 francs suisses de son fonds de réponse d’urgence aux catastrophes. (p17238)
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