La Croix-Rouge organise un exercice de simulation à grande échelle pour préparer les habitants de Jakarta à l’inimaginable.
Plus de 2500 personnes courent le long de la rue principale pour sauver leur vie alors qu’un raz-de-marée de 5 mètres de hauteur s’apprête à déferler sur la côte. Les sirènes hurlent et des dizaines de femmes et d’enfants leur font écho dans la plus grande confusion. Parmi la foule paniquée, beaucoup ont chargé sur leurs épaules tout ce qui leur tombait sous la main avant que la monstrueuse vague n’engloutisse leur maison. Quarante-cinq habitants ont péri et des centaines d’autres ont été blessés.
Par bonheur, cette scène cauchemardesque n’est qu’un élément du scénario élaboré pour les besoins d’un exercice de simulation organisé durant la dernière semaine de février par la Croix-Rouge indonésienne et les autorités locales. Quelque 2500 personnes au total se sont prêtées avec enthousiasme à cette expérience soutenue par la Croix-Rouge allemande et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Pour les habitants de Muara Baru, une petite banlieue du nord de Jakarta, il s’agissant du premier contact avec l’univers de la préparation aux catastrophes. “Je tremblais en imaginant qu’il s’agissait d’un désastre réel”, témoigne Suwarsih, 40 ans, qui a participé à l’exercice avec une trentaine de ses voisins.
L’élévation du niveau des océans est un problème très sérieux pour les gens qui vivent dans cette partie de la capitale indonésienne en pleine expansion, car ce phénomène les rend de plus en plus vulnérables aux assauts des marées. Ainsi, la maison de Suwarsih a été inondée avec une fréquence croissante au cours des derniers mois. “J’ai eu de l’eau jusqu’ici”, raconte-t-elle en levant la main à hauteur de la poitrine.
Tout en espérant que sa communauté ne sera jamais confrontée à une telle catastrophe, Suwarsih a apprécié l’exercice de simulation. “Si cela devait se produire, au moins, je saurais maintenant comment faire pour sauver ma famille”, déclare-t-elle.
Pour la Croix-Rouge indonésienne et les autres institutions associées à cette initiative, c’était aussi un bon moyen de tester leur propre capacité à faire face à un désastre de grande ampleur. “L’exercice de simulation nous a fait découvrir que plusieurs aspects, comme la communication et la coordination, doivent être encore améliorés – mais c’était précisément le but recherché”, commente Jeong Park, délégué de la Fédération internationale en Indonésie en charge de la gestion des catastrophes.
L’expérience a également mis en lumière l’importance de la coopération entre plusieurs organisations dans ce genre de situation. Les équipes d’intervention d’urgence de la Croix-Rouge indonésienne, plus connues localement sous le nom de SATGANA, et les équipes d’action communautaires ont été déployées sans le moindre délai dans la zone ciblée et ont très rapidement installé des antennes médicales d’urgence pour traiter les blessés graves.
Opérant en étroite liaison avec la Croix-Rouge, les autorités locales ont quant à elles dressé des tentes et aménagé des cuisines de campagne pour les rescapés. Des volontaires de la Croix-Rouge ont en outre assuré un soutien psychologique aux enfants et mis en place des systèmes pour enregistrer et rechercher les personnes portées disparues.
“Cet exercice de simulation aura été utile aussi bien pour le gouvernement que pour la communauté, en leur donnant l’occasion d’éprouver leur capacité de réaction en cas de catastrophe”, a commenté le vice-gouverneur de Jakarta. M. Prijanto, qui a personnellement suivi de près le déroulement de l’opération, a insisté sur l’importance de la coordination parmi tous les acteurs concernés par la gestion des catastrophes et reconnu au passage le rôle essentiel de la Croix-Rouge.
“Elle est toujours en première ligne pour assister les victimes de toutes les catastrophes qui frappent notre ville”, a-t-il déclaré.
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Un volontaire de SATGANA administre les premiers secours à un enfant blessé. Sa collègue à gauche) note l’identité de la victime. . (p17356)
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Quelque 2500 habitants d’une banlieue de Jakarta Nord ont pris part en février dernier à un exercice de simulation d’un raz-de-marée. Cette expérience a appris aux participants les dispositions à prendre pour sauver leurs vies si une telle catastrophe devait se produire. (p17355)
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| Pendant l’exercice de simulation, une volontaire de la Croix-Rouge indonésienne aide des employés des forces armées et des services de santé à secourir un blessé qui souffre d’une jambe cassée. Une bonne coordination entre les différents acteurs est cruciale pour réponse efficacement à une urgence. (p17357) |
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| A la fin de l’exercice, des volontaires de la Croix-Rouge indonésienne distribuent des brochures sur la préparation aux catastrophes aux membres de la communauté locale. Apprendre est la meilleure manière de se préparer au danger. (p17359) |
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| Une volontaire de la Croix-Rouge indonésienne anime une classe de dessin pour des enfants dans le cadre d’un programme de soutien psychosocial. Dans les situations de catastrophe, le soutien psychosocial joue un rôle essentiel pour préserver l’équilibre mental des rescapés. (p17358) |
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