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Chine : la peur de l’inconnu
22 mai 2008
Par Francis Markus, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Chengdu, Chine
Ses mots sont déchirants et terribles à entendre dans la bouche d’un père.

« Je n’ai aucune nouvelle de ma fille de 13 ans depuis une semaine et je ne sais pas si elle est morte ou si elle est encore vivante » dit Yang Mingyuan, un petit homme sec âgé d’une quarantaine d’années.

Son visage étrangement calme ne reflète aucune émotion.

M. Yang vient de donner toutes les informations dont il dispose aux volontaires du bureau des personnes disparues installé dans un stade à Mianyangla, dans la province du Sichuan, qui a été transformé en un immense abri destiné à acceuillir plus de 10 000 rescapés du violent séisme qui a frappé la région le 12 mai.

Il raconte qu'il a cherché sa fille partout, y compris dans l'un des hôpitaux de la ville, où une patiente portant le même nom aurait été soignée. Sans succès jusqu’à présent.

«Elle est suffisamment grande pour savoir que nous la cherchons et être en mesure de nous contacter», dit-il.

Chaque jour, des centaines de personnes font appel au réseau des volontaires et lancent des avis de recherche et des messages pour retrouver des membres de leur famille disparus.

Ma Yubing, un jeune homme d’une vingtaine d’années se repose sur les gradins d'un autre stade transformé en camp de personnes déplacées. Il parle du soulagement qu'il a éprouvé lorsqu’il y a retrouvé ses parents, son frère étant hébergé dans un autre centre.

«Je travaillais loin de chez moi au moment du séisme et je n'avais aucune idée de ce qu’il était advenu d'eux», précise t-il.

Cet après-midi, dans la chaleur exténuante du stade, un volontaire de la Croix-Rouge s’active pour faire en sorte qu'un père qui a retrouvé la trace de son fils puisse le rejoindre le plus rapidement possible.

Compte tenu des chiffres publiés par le gouvernement chinois qui font état de cinq millions de personnes sans abri, il est urgent que les rescapés puissent retrouver rapidement leurs proches parmi les nombreuses personnes déplacées.

Des groupes de volontaires sont actuellement formés par des équipes d’experts de la Croix-Rouge chinoise afin d'apporter un soutien psychosocial aux victimes de la catastrophe au moyen de techniques adaptées à la culture et aux coutumes chinoises telles que des exercices de respirations tai qi.

« Il est normal dans ce genre de situation d’éprouver certains sentiments et d’avoir de la peine à les gérer », précise Amgaa Oyungerel, déléguée régionale à la santé pour la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans la province du Sichuan. « Parfois les rescapés ont juste besoin de parler à quelqu’un et d’être réconfortés afin de surmonter leur stress et de faire face à la peur de l'inconnu.
Un message silencieux de gratitude: chaque enfant a revêtu un t-shirt rouge orné d’un ‘smiley’ et des mots “Thank You” sur la poitrine, et affichant au dos “We, the future of Dhuvaafaru” (Nous, l’avenir de Dhuvaafaru). ¨ (p17551)
Yang Mingyuan lit les messages diffusés sur le tableau des personnes disparues dans le camp installé dans le stade de Jiuzhou, à Mianyang, dans la province du Sichuan. Il recherche sa fille de 13 ans dont il n'a plus de nouvelles depuis une semaine. (Sho Huang/Fédération internationale) (p17670)
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Ma Yubing travaillait loin de chez lui au moment de la catastrophe. Il n’avait aucune idée de ce qu’il était advenu de sa famille. Il a finalement retrouvé ses parents dans un camp et son frère dans un autre. (Sho Huang/Fédération internationale) (p17669)
Ma Yubing travaillait loin de chez lui au moment de la catastrophe. Il n’avait aucune idée de ce qu’il était advenu de sa famille. Il a finalement retrouvé ses parents dans un camp et son frère dans un autre. (Sho Huang/Fédération internationale) (p17669)
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