Alors qu’on décharge sur le tarmac inondé de soleil un hôpital de campagne composé de près de 50 tonnes d’équipements, des médicaments, des tentes et deux véhicules tous terrains, le docteur Joachim Gardemann, volontaire à la Croix-Rouge allemande, se remémore la succession de ses missions d’urgence depuis 1995.
“Le Rwanda a été le pire de tout. Au lendemain du génocide, le climat de violence était atroce”, témoigne ce pédiatre de 53 ans qui, lorsqu’il ne dirige pas des hôpitaux de campagne, enseigne en faculté dans la ville de Münster.
Ensuite, ça a été la Tanzanie dans le contexte de la guerre au Congo, la Macédoine pendant le conflit du Kosovo, puis la Turquie et l’Iran, tous deux frappés par des séismes majeurs.
“L’énorme différence, ici, c’est le formidable soutien que nous recevons des Chinois”, déclare Marianne Knirsch, une des deux délégués détachés en éclaireurs, cependant que l’équipe de médecins, d’infirmiers et de techniciens s’activent à installer l’hôpital le long d’une route bloquée près de la ville de Dujiangyan ravagée par le tremblement de terre du Sichuan.
Cette intervention innove dans la mesure où, contrairement à ses missions passées, l’équipe allemande est limitée au strict minimum, avec seulement deux médecins et une poignée d’infirmiers et techniciens. La Croix-Rouge chinoise a détaché de Shanghai une équipe médicale anglophone appartenant à l’un des hôpitaux les plus performants du pays et des médecins de l’Hôpital du Peuple local travailleront également en étroite collaboration avec les délégués allemands.
“C’est une situation tout à fait inhabituelle. Les établissement médicaux locaux ne sont plus opérationnels à cause du tremblement de terre et le personnel travaille sous tente parce que les bâtiments encore debout sont dangereux, ce qui exclut toute hospitalisation”, explique Marianne Knirsch.
Toutefois, la Chine regorge de médecins et d’infirmiers qui prendront en charge aussitôt que possible l’hôpital de campagne.
“J’ai été très émue quand j’ai vu arriver cet équipement”, déclare Zita Shui, volontaire locale. Sa mère est médecin, aussi était-elle bien informée des lourds dommages subis par l’infrastructure médicale. Pour le moment, les hôpitaux locaux sont contraints de renvoyer pratiquement tous les patients nécessitant une hospitalisation à Chengdu, la capitale de la province.
La Croix-Rouge de Hong Kong s’emploie également à installer au moins deux petits hôpitaux provisoires afin d’améliorer quelque peu la situation sanitaire. Néanmoins, l’aéroport et la gare ferroviaire de Chengdu voient défiler un balai quasi ininterrompu de convois d’ambulances transportant des blessés graves qui seront traités dans d’autres provinces.
On ignore encore combien de temps l’hôpital de campagne devra rester en activité. “Par le passé”, souligne le docteur Gardemann, “ces hôpitaux ont déjà fourni maints exemples de l’unité du Mouvement.”
En 1999, la Croix-Rouge allemande a transmis un hôpital de campagne à la Société nationale macédonienne qui l’a à son tour mis à la disposition de la Turquie suite à un grave tremblement de terre. Après le violent séisme de Bam en 2003, le Croissant-Rouge turc a fait de même pour la Société nationale iranienne.
“L’hôpital est resté dans la famille”, commente Joachim Gardemann.
Que la Croix-Rouge chinoise en ait besoin dans les années à venir dans le cadre d’autres situations de crise, ou qu’elle puisse en faire l’économie au profit d’une autre Société nationale, il est évidemment trop tôt pour le dire.
“Nous en aurons sans doute l’usage pendant un certain temps”, déclare un responsable de la Croix-Rouge chinoise.
Quoi qu’il en soit, la mise en service de l’hôpital de campagne allemand dans la zone sinistrée du Sichuan sera d’un précieux secours en attendant que les structures permanentes soient remises en état et que l’équipement puisse être réutilisé lors d’une prochaine catastrophe, en Chine ou ailleurs.
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“Le Rwanda a été le pire de tout. Au lendemain du génocide, le climat de violence était atroce”, témoigne le docteur Joachim Gardemann, qui lorsqu’il ne dirige pas des hôpitaux de campagne, enseigne en faculté dans la ville de Münster. (p17693)
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Véhicules tous terrains de la Croix-Rouge allemande. (p17690)
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“C’est une situation tout à fait inhabituelle. Les établissement médicaux locaux ne sont plus opérationnels à cause du tremblement de terre et le personnel travaille sous tente parce que les bâtiments encore debout sont dangereux, ce qui exclut toute hospitalisation”, explique Marianne Knirsch, une des deux délégués détachés en éclaireurs. (p17694)
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Quoi qu’il en soit, la mise en service de l’hôpital de campagne allemand dans la zone sinistrée du Sichuan sera d’un précieux secours en attendant que les structures permanentes soient remises en état et que l’équipement puisse être réutilisé lors d’une prochaine catastrophe, en Chine ou ailleurs. (p17691)
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