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Mongolie: la prévention sauve des vies
22 juillet 2008
Francis Markus, Fédération internationale, à Oulan-Bator et Hentii
La maladie main-pied-bouche a fait de nombreuses victimes en Chine continentale et à Taiwan, mais, en Mongolie, une campagne de sensibilisation de la Croix-Rouge a permis de réduire sensiblement les risques.

Lorsque des rougeurs sont apparues sur les mains et la bouche du petit-fils de Batjargal, âgé de deux ans, qui souffrait en outre de fièvre et de mal de tête, le grand-père a aussitôt amené l'enfant à l'hôpital des maladies infectieuses d'Oulan-Bator.

"J'avais entendu parler d'enfants chinois qui avaient succombé à la maladie main-pied-bouche, et je me suis donc sérieusement inquiété", raconte Batjargal tout en berçant son petit-fils dans une chambre d'hôpital que l'enfant partage avec deux autres jeunes patients et leurs mères.

En Mongolie, on a dénombré plus de 2500 cas de cette affection et une trentaine de malades ont souffert de complications telles qu'encéphalite, pneumonie et myocardite. Heureusement pour le petit Tuguldur, il répond bien au traitement et devrait pouvoir rentrer chez lui d'ici quelques jours.

Rapidité d'action

A ce jour, on n'a pas eu à déplorer de décès en Mongolie, mais, en Chine continentale, plus de 40 patients ont succombé sur un total de quelque 176 000 cas, et, à Taiwan, la maladie a emporté 9 des 272 enfants infectés. Pour les médecins, l'explication pourrait tenir en partie à la rapidité d'action du gouvernement et de la Croix-Rouge de Mongolie.

De fait, le ministère de la santé a commencé à formuler des plans d'urgence et à mettre en place dans les hôpitaux de province de nouveaux équipements tels que moniteurs cardiaques, appareils à ultrasons et matériel de désinfection avant même qu'on n'ait signalé le moindre cas dans le pays.

Simultanément, la Croix-Rouge de Mongolie, dotée d'une allocation du Fonds d'urgence pour les secours en cas de catastrophe de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a lancé une campagne de sensibilisation assortie de la distribution de 35 000 brochures, 25 000 autocollants et 3500 assortiments d'articles d'hygiène.

Protection

Message de cette campagne: de simples gestes comme se laver les mains peuvent vous protéger de l'infection.

"La contribution de la Croix-Rouge est précieuse, car ses supports de communication sont à la fois très clairs et attrayants pour les enfants", commente Erdenechimeg, employé d'une clinique de la province d'Hentii, à environ cinq heures de route à l'est d'Oulan-Bator.

La province d'Hentii est l'une des plus touchées par la maladie, avec 138 cas recensés à ce jour. Selon les employés locaux de la Croix-Rouge, l'infection avait commencé à reculer, mais elle a connu une nouvelle flambée à la suite des inondations qui ont affecté la région au cours des derniers jours.

Santé

Les inondations ont bien évidemment exacerbé les risques sanitaires. Dans les districts périphériques de la petite capitale provinciale, une pénible odeur prend à la gorge: les latrines ont débordé à cause de la montée des eaux et leur contenu s'est mélangé à une épaisse couche de boue saumâtre.

"Nous aurions besoin de deux tonnes supplémentaires de chlore pour bien désinfecter l'environnement, mais nous n'avons plus d'argent pour en acheter", rapporte Otgontsetseg, un spécialiste de la prévention des maladies détaché de la capitale Oulan-Bator.

Altaa Erdenchulun, responsable de programmes de santé à la Croix-Rouge de Mongolie, craint que les inondations et le début des chaleurs estivales ne favorise la propagation de la maladie, en particulier dans les régions rurales où les notions d'hygiène sont souvent très rudimentaires.

"Ce que nous devons faire, à présent, c'est développer les capacités et améliorer la communication au niveau communautaire. Ainsi, en cas de flambées de maladies dans des zones reculées, nous pourrons réagir plus efficacement", explique-t-elle.
Tuguldur, deux ans, est examiné par un médecin au Centre national des maladies infectieuses à Oulan-Bator. Quand des rougeurs, accompagnées de fièvre et d’un mal de tête, sont apparues chez l’enfant, son grand-père l’a immédiatement amené à l’hôpital. “J’étais très inquiet”, raconte ce dernier, qui avait appris que la maladie main-pied-bouche avait fait plus de 40 victimes en Chine. (p17927)
Tuguldur, deux ans, est examiné par un médecin au Centre national des maladies infectieuses à Oulan-Bator. Quand des rougeurs, accompagnées de fièvre et d'un mal de tête, sont apparues chez l'enfant, son grand-père l'a immédiatement amené à l'hôpital. "J'étais très inquiet", raconte ce dernier, qui avait appris que la maladie main-pied-bouche avait fait plus de 40 victimes en Chine. (p17927)
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Les volontaires de la Croix-Rouge de Mongolie ont distribué quelque 35 000 brochures, 25 000 autocollants et 3500 assortiments d’articles d’hygiène dans la province de Dornod. (p17929)
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