“Cela nous permet de montrer comment nous avons souffert et comment nous reconstruisons nos existences”, témoigne Ernesto Tayasco, 13 ans, un des seize élèves d’une école de la province péruvienne de Chincha qui ont participé à un projet psychosocial novateur mis sur pied par la Croix-Rouge.
Ernesto et ses camarades de classe du Colegio Mariscal Andres Aurelio ont reçu chacun dix appareils photo jetables et ont été invités à illustrer les bouleversements engendrés dans leurs vies par le tremblement de terre qui a frappé Chincha le 15 août 2007.
La catastrophe a fait des centaines de morts et près de 700 000 sans-abri. Les habitants des zones les plus écartées et les plus pauvres de la province ont été parmi les plus durement touchés.
Psychosocial
La reconstruction des maisons est en cours, mais clous et marteaux ne peuvent réparer tous les dommages. Afin d’aider les sinistrés à surmonter l’impact psychologique de la tragédie, la Croix-Rouge soutient diverses formes d’activités communautaires.
Tout récemment, le directeur de la communication à la Croix-Rouge péruvienne, Felix Alvarez Torres, a inculqué quelques notions de base de photographie à un groupe de jeunes qui ont ensuite eu champ libre pour montrer l’impact du séisme sur leur quotidien et leurs esprits.
Le résultat de l’expérience est impressionnant et un grand nombre de photographies ont été exposées sur la Plaza de Armas de Chincha afin de marquer le premier anniversaire du désastre.
L’alphabet du malheur
Le titre de chaque photo commence par une des lettres du mot terremoto (tremblement de terre en espagnol). L’image intitulée ‘T’ – pour Tragedia – est particulièrement dramatique. Mery Pacheco, 13 ans, a représenté une jeune fille blessée étendue sur une rangée de caisses, une trousse de premiers secours de la Croix-Rouge posée à proximité de sa tête en sang.
Plusieurs photos représentent des scènes de destruction: amas de débris, inscriptions “attention, danger” apposées sur des structures instables, maisons amputées de leurs murs...
Toutefois, la formidable résilience des jeunes transparaît dans la grande majorité des images. Celle intitulée ‘O’, comme Ombligo (ombilic), montre deux garçons à peine sortis de la baignade qui exhibent fièrement leurs ventres. Sur d’autres, on peut voir des gâteaux d’anniversaire, des écolières en uniformes, des corvées exécutées avec de larges sourires, des enfants bâtissant des châteaux de sable sur la plage.
“L’expérience a été passionnante et magnifique”, témoigne Kiara Torres, 13 ans, dont la photo ‘T’ – pour Tierra – est également exposée. “Ce projet de la Croix-Rouge nous a aidés à libérer nos émotions et nos peurs en nous offrant un moyen d’expression.”
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| Le titre de chaque photo commence par une des lettres du mot terremoto (tremblement de terre en espagnol). L’image intitulée ‘T’ – pour Tragedia – est particulièrement dramatique. Mery Pacheco, 13 ans, a représenté une jeune fille blessée étendue sur une rangée de caisses, une trousse de premiers secours de la Croix-Rouge posée à proximité de sa tête en sang. (p18061)
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| Le résultat de l’expérience est impressionnant et un grand nombre de photographies ont été exposées sur la Plaza de Armas de Chincha afin de marquer le premier anniversaire du désastre. (p18064) |
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| Á l'école, un jour avant l'exhibition, chacun des enfants a reçu un paquet avec ses photos révélées. Pendant qu’ils regardaient leurs photographies et se les montraient les uns aux autres, Félix, leur mentor, leur aura donné un dernier Conseil : « Ce que vous venez de faire est une expression artistique. Ne cessent jamais de le faire ! Le seul moment où les gens peuvent savoir ce que vous sentez est quand vous utilisez des paroles, des photographies ou de l’art. N'arrêtez pas, continuez toujours à vous exprimer ! » (p18046) |
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