Lorsque sa mère est morte du sida en 2005, Tinashe Magama, alors âgé de six ans, a été recueilli par sa grand-mère. La famille endeuillée a immédiatement bénéficié du programme d’assistance alimentaire mis en place par la Croix-Rouge du Zimbabwe. Ceci a permis à Tinashe et à sa grand-mère de réduire un minimum le traumatisme subi.
Cependant, le programme d’assistance alimentaire a pris fin en 2006 et, depuis, la vie est devenue de plus en plus difficile pour Tinashe et sa grand-mère, âgée de 66 ans. Cette dernière a vraiment besoin désormais que l’on s’occupe d’elle en raison de son grand âge. Au lieu de cela, comme tant d’autres femmes de sa génération, elle doit trouver les moyens de joindre les deux bouts afin que Tinashe puisse aller à l’école et, surtout, qu’il puisse manger à sa faim.
“Peu après la mort de sa mère, la Croix-Rouge nous a fait bénéficier du programme de distribution alimentaire et comme nous avions de quoi manger, la vie était au moins supportable”, explique Mme Enia Magama, la grand-mère, qui a elle même perdu six enfants en raison du sida ces quatres dernières années.
“Quand le programme s’est arrêté, j’ai été amenée à devenir chercheuse d’or dans les mines désaffectées qui se trouvent dans la région. Mais ce sont des endroits extrêmement dangereux car on peut facilement être victime d’un éboulement », poursuit-elle.
Il est très difficile de se procurer de quoi manger dans cette région du district de Lower Gweru, dans la province des Midlands, qui a subi trois années consécutives de sécheresse.
“Le prix d’un sac de 20 kg de maïs est très cher et pourtant on se l’arrache tellement ces sacs sont rares », poursuit Mme Magama. « Ceux qui ont de l’argent peuvent se permettre d’acheter mais pas nous. Nous faisons rarement deux repas par jour. Nous avons un petit potager où nous faisons pousser des légumes que nous devons préparer sans huile de cuisson car nos moyens ne nous permettent pas d’en acheter. La viande, il ne faut même pas l’envisager. Elle est inabordable ».
En plus de toutes ces difficultés, la famille doit aussi subir les effets des inondations qui ont touché certaines régions du Zimbabwe au début de l’année. La montée des eaux n’a laissé qu’une seule maison intacte là où ils vivent. Les trois autres ont été emportées.
Parfois, Tinashe doit manquer l’école car il aide sa grand-mère dans les champs, à une trentaine de kilomètres de chez eux.
“C’est difficile d’aller à l’école l’estomac creux, alors parfois je n’y vais pas”, dit Tinashe. « En lieu et place, j’accompagne ma grand-mère aux champs afin que nous puissions avoir assez pour acheter de quoi nous nourrir . Il nous arrive parfois de rester plusieurs jours sans manger et c’est souvent la solidarité des voisins, qui nous donnent ce qu’il leur reste, qui nous aide à tenir le coup. »
Mais la générosité se fait de plus en plus rare car il ne reste plus grand chose.
Pour Tinashe, tout comme pour 53 000 orphelins et autres enfants vulnérables, le seul espoir se résume en la Croix-Rouge et ils tiennent bon en espérant qu’un jour l’aide alimentaire dont ils bénéficiaient puissant être à nouveau mise en place.
Cette année au Zimbabwe, les récoltes ne devraient couvrir que 40 pour cent seulement des besoins alimentaires du pays. La possibilité pour les autorités d’acheter de la nourriture à l’étranger sera freinée par l’augmentation mondiale du prix des denrées alimentaires et l’inflation galopante.
Via son programme de soins à domicile à travers le pays, la Croix-Rouge va permettre d’apporter une assistance alimentaire à des milliers de personnes qui vivent avec le VIH ou encore qui sont touchées par le VIH, y compris les orphelins et les autres enfants vulnérables.
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Tinashe et sa grand-mère cultivent un petit potager. Ils en dépendent de plus en plus car les éléments de base de la nourriture sont de plus en plus difficiles à trouver. « Nous faisons rarement deux repas par jour », dit la grand-mère de Tinashe. La viande, mieux vaut ne pas y penser, elle est inabordable ». (p18224)
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| “Peu après la mort de sa mère, la Croix-Rouge nous a fait bénéficier du programme de distribution alimentaire et comme nous avions de quoi manger, la vie était au moins supportable”, explique Mme Enia Magama, la grand-mère, qui a elle même perdu six enfants en raison du sida ces quatres dernières années.
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| La crise alimentaire au Zimbabwe est particulièrement difficile à supporter pour des orphelins comme Tinashe qui a perdu sa mère, morte du sida en 2005 et qui vit désormais avec sa grand-mère. « Parfois, il nous arrive d’être plusieurs jours sans manger et dans ce cas, ce sont les voisins qui ont la gentillesse de nous donner de quoi survivre », dit-il.
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| Cette année au Zimbabwe, les récoltes ne devraient couvrir que 40 pour cent seulement des besoins alimentaires du pays. La possibilité pour les autorités d’acheter de la nourriture à l’étranger sera freinée par l’augmentation mondiale du prix des denrées alimentaires et l’inflation galopante.
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