Les conditions de circulation dans la ville de Dakar sont difficiles ces dernières semaines. Des pluies massives ont en effet entraîné des inondations dans plusieurs quartiers de la capitale sénégalaise, rendant impossible le fonctionnement régulier des transports publics.
Les pompes fournies par les autorités ont permis d’éviter les inondations dans les maisons mais l’eau a envahi les rues ce qui pose de nombreux problèmes aux piétons et pour la circulation en général. La situation est similaire dans des villes comme Thiès, Diourbel, Saint Louis et Kaolack.
La semaine dernière, Dibo Bandiane, mère de trois enfants, a été obligée de quitter sa maison située à Dalifort, une banlieue de Dakar, alors que l’eau lui arrivait au niveau des genoux. Sa famille est l’une des soixante-dix qui sont actuellement déplacées au Sénégal. Elles ont trouvé refuge le plus souvent dans les écoles.
Evaluation
Selon l’évaluation effectuée par la Croix-Rouge sénégalaise, environ 3 500 familles sont touchées par les inondations dans l’ensemble du pays. Ces chiffres sont en train d’être affinés afin de déterminer quelles sont les populations qui ont besoin de recevoir une aide urgente pour éviter l’apparition de problèmes sanitaires liés à la présence d’eau stagnante.
Dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, environ 11 000 familles (70 000 personnes) sont touchées pour le moment par des inondations. 3 000 familles sont sans abris et 46 personnes ont trouvé la mort soit directement à cause des inondations ou encore elles ont été victimes de glissement de terrain. L’an dernier, alors que la région enregistrait les inondations les plus importantes depuis plusieurs dizaines d’années, le bilan avait atteint 257 morts et plus de 800 000 personnes touchées au total.
Cette année, la zone Afrique de l’Ouest et du Centre de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a développé des programmes visant à éviter que ne se reproduisent de tels drames.
Se préparer
La première étape a consisté à organiser un atelier de préparation aux inondations qui s’est tenu au mois de mai réunissant les représentants de toutes les sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de la région situées dans des zones susceptibles d’être touchées par des inondations, afin de les informer et de les aider à se préparer. La seconde étape a été l’établissement de partenariats avec des institutions scientifiques afin de disposer de davantage de données sur les phénomènes méteo extrêmes. Des accords ont ainsi été conclus avec le Centre international de recherche pour le climat et la société (IRI) de l’Université de Columbia ainsi qu’avec le Centre africain d’application météorologique pour le développement (ACMAD).
Selon les données reçues de ces organisations, les pluies étaient susceptibles de toucher plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest en juillet, août et septembre de cette année. Sur la base de ces prévisions, au mois de juillet, la Fédération internationale a lancé un appel préliminaire d’urgence d’un montant de 750 000 francs suisses afin de soutenir les mesures de préparation mises en place par les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans la région. L’une de ces mesures consistait à pré-positionner du matériel d’urgence ainsi que des stocks de nourriture dans trois endroits différents de cette vaste région : Dakar, Accra (Ghana) et Yaoundé (Cameroun). Ces stocks disponibles pour être rapidement distribués ont été financés par des sommes venant du Fonds de réponse d’ugence aux catastrophes (DREF).
La zone Afrique d el’Ouest et du Centre de la Fédération international a également établi des plans de prévision ont pu être établis dans sept pays (Sénégal, Nigeria, Benin, Gambie, Niger et Burkina-Faso). Par ailleurs, une quinzaine d’unités régionales de réponse aux catastrophes ont pu être formées. Ces dernières peuvent se déployer sous 48 heures en cas de catastrophe
Information
« Il me semble que les populations sont désormais mieux préparer au niveau communautaire. Par exemple, au Mali, les communautés ont commencé à creuser des tranchées afin d’améliorer l’évacuation des eaux et les volontaires ont fait passer des messages d’information sur les conditions météo à la radio. Les populations sont désormais mieux informées de ce qui peut se produire en cas de fortes pluies », explique Norbert Allale, responsable de la réponse aux catastrophes au bureau de la zone de Dakar de la Fédération internationale.
Par ailleurs, au Togo, la Fédération internationale a mis en place un système d’alerte expérimental pour les villages situés à proximité des rivières et donc susceptibles de subir des inondations. Des poteaux de différentes couleurs indiquant le niveau des eaux vont être installés.
« Lorsque la couleur est verte, les populations savent qu’il n’y a pas de danger. Lorsqu’elle est orange, les communautés doivent se mettre en état d’alerte et lorsqu’elle est rouge, les populations les plus à risque doivent alors chercher refuge dans des endroits sécurisés comme les écoles, les églises et d’autres endroits identifiés comme des abris temporaires. », explique Youcef Ait-Chellouche, coordinateur de la gestion des catastrophes au bureau de la zone Afrique de l’Ouest et du Centre de la Fédération internationale à Dakar.
Catastrophe
Toujours selon Youcef Ait-Chellouche, seulement un tiers des Sociétés nationales en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale ont une composante incluant la préparation aux catastrophes dans leur programme de gestion des catastrophes. Il existe donc encore un besoin important de développer des programmes de réduction des risques comme la mise en place de systèmes d’alerte très simples et de former des volontaires pour qu’ils puissent informer à leur tour les populations vivant dans des zones inondables.
Cependant, même avec la mise en place de mesures de préparation et en prenant en compte les prévisions météo, il faudra toujours répondre à des catastrophes de manière rapide.
Grâce à ces stocks pré-positionnés à Dakar, les volontaires de la la Croix-Rouge sénégalaise ont pu, avec le soutien de la Fédération internationale, distribuer des moustiquaires et des matelas à une vingtaine de familles déplacées 24 heures seulement après leur départ. La rapidité d’intervention a aussi été facilitée par les prévisions météo fournis par l’ACMAD concernant la probabilité de fortes pluies. Dés le lendemain, les volontaires de la Croix-Rouge sénégalaise étaient déjà sur le terrain afin d’évaluer les dégâts.
Le 9 septembre, la Fédération internationale a lancé un appel révisé pour la préparation aux inondations en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale qui couvre notamment le Bénin et le Togo ainsi que d’autres opérations de réponse aux inondations de moindre ampleur. L’appel révisé est désormais d’un montant de 1,08 million de francs suisses (US $ 983 000 / € 670 000) afin de porter assistance à 11 000 personnes dans les deux prochains mois.
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Dans les faubourgs de Dakar, l’eau a parfois envahi les rues. (p18239)
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| Environ 70 familles sont déplacées au Sénégal en raison des fortes pluies. Certaines ont trouvé refuge dans des écoles (ici dans le quartier de Diamaguène, à Dakar).
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| Les déplacements dans certains quartiers de Dakar sont difficiles depuis deux semaines en raison des fortes chutes de pluie.
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| Dibo Bandiane a reçu une moustiquaire et un matelas distribués par les volontaires de la Croix-Rouge sénégalaise. (p18243) |
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| Adama Bari a reçu lui aussi une moustiquqire et un matelas distribués par la Fédération internationale et la Croix-Rouge sénégalaise. Sokhna Mbaye attend son tour.
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