Tendai attend calmement au bord du lit dans sa petite maison de Masvingo. Lorsqu’on regarde par la fenêtre, on aperçoit le local de la Croix-Rouge, juste de l’autre côté du champ. La proximité du local de son domicile n’a pourtant pris de l’importance à ses yeux que depuis trois ans, lorsqu’elle a appris qu’elle était séropositive.
Chaque jour, un volontaire de la Croix-Rouge rend visite à Tendai qui habite avec sa belle-fille et sa petite fille âgée de cinq mois. Elles passent le temps à discuter de tout et de rien mais surtout de la progression de son traitement antirétroviral, de sa santé en général et de ses craintes. Des choses simples, en vérité.
« Je suis vraiment reconnaissante du soutien apporté », explique t-elle. « Les volontaires sont aussi l’épaule sur laquelle je peux m’appuyer lorsque j’ai besoin de parler et ils me rappellent que je dois continuer à suivre mon traitement ».
Ces derniers mois, la plupart des conversations avec les volontaires de la Croix-Rouge tournent autour de l’alimentation. Comme beaucoup de gens dans cette ville sèche et poussiéreuse, Tendai restent souvent deux ou trois jours sans manger.
On s’aperçoit bien vite que la plupart des habitants de Masvingo ont faim. Mais la situation est particulièrement difficile pour des gens comme Tendai. En effet, pour que le traitement antirétroviral soit efficace, il faut absolument bien s’alimenter. La nourriture aide à absorber les médicaments et elle réduit donc les effets secondaires.
Sans nourriture, nombreux sont ceux qui décident d’arrêter leur traitement car ils ne peuvent plus supporter les nausées, l’extrême fatigue ou encore les maux de têtes.
« Avec ou sans nourriture, je continue de prendre mes médicaments », explique Tendai, « malgré les effets secondaires dus au fait que je ne suis pas en mesure de bien m’alimenter ».
Les conséquences de cette situation sont graves. Ces derniers mois, Tendai a été amenée à être hospitalisée de manière régulière, parfois jusqu’à une semaine, en raison des effets secondaires. Comme sa santé se détériore, son fils de huit ans est désormais obligé de vivre chez son oncle. Tendai espère que bientôt, ils pourront à nouveau être réunis sous le même toit. Elle espère aussi pouvoir lui donner suffisamment à manger et s’assurer qu’il aille bien à l’école.
L’appel de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sur la sécurité alimentaire au Zimbabwe prévoit d’apporter une assistance à environ 260 100 personnes dans les neuf prochains mois. Le programme portera une attention particulière à des cas comme celui de Tendai et de sa famille qui figurent dans un groupe particulièrement vulnérables face aux pénuries alimentaires.
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Tendai attend calmement au bord du lit dans sa petite maison de Masvingo. (p18228)
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