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Zimbabwe : Otillia, 42 ans, cliente des soins à domicile de la Croix-Rouge à Chivi 
26 septembre 2008
Matthew Cochrane

Quatrième étude de cas, d'une série de six, sur la crise alimentaire qui secoue ce pays d'Afrique australe

Mère de trois jeunes enfants, Otillia a perdu l’année dernière son mari, terrassé par le sida. Peu après, elle a commencé à se sentir mal et a décidé d’effectuer un test de dépistage du VIH. Celui-ci s’est, hélas, avéré positif. 

“C’est à ce moment que je suis devenue cliente du programme de soins à domicile de la Croix-Rouge”, raconte-t-elle. 

Nous avons rencontré Otillia sur la route poussiéreuse qui passe non loin de sa maison à Chivi, dans la province rurale de Masvingo. Elle revient de chez des voisins où elle est allée demander un peu de sucre pour se préparer une tasse de thé. 

En dépit de la maladie et de son évidente faiblesse, Otillia marche beaucoup. Elle nous explique qu’il lui faut faire 25 kilomètres à pied pour aller chercher ses médicaments antirétroviraux, le traitement qui aide son organisme à neutraliser le virus. Elle doit aussi parcourir environ 4,5 kilomètres pour faire sa provision d’eau. 

Trop souvent, ces efforts sont accomplis l’estomac vide. Il n’est pas rare en effet qu’Otillia et ses jeunes enfants passent une journée entière sans manger. Il leur arrive même d’enchaîner trois ou quatre jours sans un véritable repas et, le reste du temps, ils se contentent généralement d’un maigre plat de légumes bouillis. 

Si le manque de nourriture est pénible pour les enfants, il est franchement dramatique pour leur mère. “Quand je prends mes comprimés sans repas, je peux à peine marcher”, explique-t-elle. “Ces médicaments sont très difficiles à assimiler. Pourtant, je dois absolument les prendre chaque jour.” 

La famille avait autrefois un modeste jardin potager.
Mais, à cause de la maladie d’Otillia et de la pénurie d’eau et de semences, celui-ci est retourné en friche. De même, les poules et les chèvres ont été vendues il y a longtemps déjà pour payer les soins médicaux. 

C’est ainsi que la famille dépend à présent de la générosité des voisins et du soutien des volontaires de la Croix-Rouge. Tout le monde est prêt à partager, mais la vérité est que la nourriture manque partout, si bien qu’il devient de plus en plus rare qu’on ait assez pour secourir Otillia et ses enfants. 

L’appel de la Fédération internationale pour la sécurité alimentaire au Zimbabwe vise à assister quelque 260 100 personnes au cours des neuf prochains mois. Priorité sera donnée à des gens comme Otillia et ses enfants, particulièrement vulnérables au manque de nourriture.
Mère de trois jeunes enfants, Otillia a perdu l’année son mari, terrassé par le sida. Peu après, elle a commencé à se sentir mal et a décidé d’effectuer un test de dépistage du VIH. Celui-ci s’est, hélas, avéré positif. (p18229)
Mère de trois jeunes enfants, Otillia a perdu l’année son mari, terrassé par le sida. Peu après, elle a commencé à se sentir mal et a décidé d’effectuer un test de dépistage du VIH. Celui-ci s’est, hélas, avéré positif. (p18229)
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