Les volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du Myanmar sont venus en aide aux victimes du cyclone Nargis dans les premières heures qui ont suivi la catastrophe le 3 mai. Ils ont mené des opérations de secours, transporté des rescapés, dispensé les premiers soins, donné leur sang et construit des abris provisoires Bien qu’eux mêmes touchés par le cyclone, ils ont été nombreux à vouloir poursuivre leur action.
«Je n’hésite pas à qualifier ces volontaires de héros », indique Bridget Gardner, chef de la délégation de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Myanmar.
«Les volontaires ont travaillé sans relâche, jour et nuit, pour venir en aide à des milliers de personnes en faisant preuve d'un enthousiasme et d’un engagement sans pareil. « Dans plusieurs années, nous nous souviendrons de ces opérations de secours grâce au travail accompli par les volontaires. »
Un sacrifice personnel
Dès que le vent s’est calmé, vers 6 heures du matin, ce 3 mai, Than Kyaw, un volontaire de la Croix-Rouge du Myanmar et responsable local, a commencé à frapper à la porte des quelques personnes les plus riches du village, dont les maisons avaient résisté au cyclone, afin de récolter des dons.
Une heure plus tard, il partait acheter tous les médicaments et le matériel médical qu’il pouvait dans une pharmacie locale. À 7h30, il avait ouvert un petit dispensaire dans le temple local où de nombreux blessés ont commencé à affluer. Dans les jours et les semaines qui ont suivi, d’autres personnes ont été amenées au dispensaire pour y être soignées.
« J’ai demandé à certaines personnes de retourner chez elles, de rechercher les personnes blessées et de les amener au dispensaire », se souvient Than Kyaw.
Panser les plaies
De nombreux rescapés ont été blessés en tentant de s’accrocher aux arbres pour ne pas être emportés par le cyclone. L’eau et le vent leur ont brûlé le dos.
Leurs plaies ont été soignées et désinfectées par les volontaires de la Croix-Rouge dans le village de Than Kyaw mais aussi dans l’ensemble du delta. Cela a permis aux dispensaires et hôpitaux de se concentrer uniquement sur les cas les plus graves.
La maison de Thar Kyaw a été endommagée et le toit emporté. Aujourd’hui, quatre mois après la catastrophe, les travaux de réparation sont presque achevés. Thar Kyaw a pu compter sur son fils et des proches pour reconstruire sa maison pendant qu'il était occupé à assister les autres villageois.
Remonter la pente
«Les conditions de vie sont meilleures, mais les gens ont besoin d’outils et de bateaux pour se remettre au travail et remonter la pente », fait remarquer Thar Kyaw. «Nous sommes encore très fragiles, en particulier en cas de nouvelle tempête. »
San San Mar, la responsable du bureau de la Croix-Rouge locale, s’est rendue dans un village dans la région de Labutta afin de soutenir le personnel local et les volontaires. Munie d’un gros téléphone qu’elle porte dans un panier, toujours en action, encourageant en permanence son personnel et ses volontaires, San San Mar rit constamment et a toujours le sourire aux lèvres, à l’exception de ce jour où, compatissant à sa douleur, elle s’est assise avec une femme qui avait perdu son mari, ses enfants et tout le reste. Ce jour-là elle a pleuré.
Un travail remarquable
«Nous n’aurions rien pu faire sans l’aide de nos volontaires; ils ont fait un travail remarquable », indique le docteur Tha Hla Shwe, président de la Croix-Rouge du Myanmar. « Non seulement ils ont participé aux opérations de secours, mais ils ont également distribué l’aide provenant d’autres organisations internationales.
Les volontaires étaient si engagés et déterminés à accomplir leurs tâches qu’il a été difficile de les persuader de s’arrêter et de se reposer.
Aider d’autres personnes vulnérables a été une véritable thérapie pour eux, note le docteur Shwe, qui reconnaît toutefois qu’eux aussi ont besoin d’aide pour surmonter leurs pertes. «Quand on leur demande de parler leur expérience et de ce qu’ils ont perdu, certains s’écroulent», dit-il.
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Dès que le vent s’est calmé, vers 6 heures du matin, ce 3 mai, Than Kyaw, un volontaire de la Croix-Rouge du Myanmar et responsable local, a commencé à frapper à la porte des quelques personnes les plus riches du village, dont les maisons avaient résisté au cyclone, afin de récolter des dons. (p18308)
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«Les conditions de vie sont meilleures, mais les gens ont besoin d’outils et de bateaux pour se remettre au travail et remonter la pente », fait remarquer Thar Kyaw. «Nous sommes encore très fragiles, en particulier en cas de nouvelle tempête.» (p18309)
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