Les incendies qui continuent de ravager l'Etat de Victoria, au sud de l’Australie, représentent la pire catastrophe que le pays ait connu en temps de paix. Selon les chiffres publiés par le gouvernement, plus de 170 personnes ont péri dans les flamme, un bilan qui devrait encore s’alourdir.
En longeant la route qui quitte la ville de Kinglake – jadis une ville pittoresque située dans les montagnes, à 57 kilomètres au nord-est de Melbourne, la capitale – on assiste à une scène apocalyptique, ce celle que l’on voit dans les films : des voitures brûlées, froissées et carbonisées dans des collisions ou stoppées net par la chute d’arbres de 40 mètres de haut sont retournées sur le bas côté.
Tempête de feu
Après avoir vu sa maison détruite par les flammes, Michael O’Meara et sa famille ont passé la nuit sous des couvertures mouillés dans un enclos. Pendant ce temps, le feu s'abattait sur la communauté.
«C’était comme une tempête de feu: les flammes sautaient par-dessus les montagnes, provoquant de nouveaux départs de feu», précise Michael O’Meara. «Quand le feu a atteint le centre ville, il s’est envolé dans les airs puis est retombé, disséminant des foyers d’incendie sur trois kilomètres. D’un seul coup, tout s’est embrasé. »
Une fois sorti de Kinglake, il fallait encore affronter les routes. «Il n’y avait pas moins de 24 voitures impliquées dans une collision», se souvient Michael O’Meara.
Tout ceux qui ont fui et ont trouvé refuge loin des incendies ont une histoire atroce à raconter. Nombre d'entre eux ont perdu leur maison ou des êtres chers, mais ils estiment qu’ils ont de la chance d’être sain et sauf. L’idée qu’il va falloir tout recommencer ne s’est pas encore imposée dans leur esprit.
Anthony Smit a perdu sa maison et a assisté à des scènes horribles en centre ville. Il raconte: « Il y a eu un grondement sourd venant du ravin. Un énorme amas de poussière, de fumée et de suie a soudain obscurcit le ciel. Paniqués, beaucoup de gens se sont mis à courir. J’ai vu un mur de feu. Au milieu de la rue principale, une voiture était en train de brûler; ses quatre occupants sont sortis juste avant qu'elle n'explose. »
Aider les autres
Albin Weithacher, 70 ans, vivait seul sur ses huit acres de terre jusqu’à ce qu’un vent chaud vienne tout changer. Il a quitté sa propriété, mais y est retourné peu de temps après pour aider ses voisins et essayer de sauver une partie de ses bêtes. Il a également essayé de pénétrer dans sa maison en feu avec une hache, mais la fumée l'a obligé à battre en retraite. «Je ne voyais pratiquement rien. J'avais l'impression d'avancer dans une zone de guerre.»
Lorsqu’Albin Weithacher est arrivé au centre de secours de Whittlesea, il a immédiatement été pris en charge par un volontaire de la Croix-Rouge. «Il savait ce qu’il fallait faire. Il a rincé mes yeux avec de l’eau, ce qui m’a beaucoup soulagé. »
Bien qu’il n’ait plus de maison, Albin Weithacher ne montre aucun signe de déprime. « Je considère que j’ai eu beaucoup, beaucoup de chance. Ce que j’ai vu aujourd'hui….Cette tragédie a rapproché les gens ; il y a un esprit de solidarité tellement fort maintenant. Les gens sont venus de partout. Ils se sont simplement regroupés pour apporter leur aide. »
La Croix-Rouge australienne est présente
Phyllis Reid a passé deux nuits dans une voiture avant de pouvoir atteindre le centre de secours de Whittlesea. «Le soutien que j’ai reçu au centre a été absolument formidable», raconte Phyllis. «Dès que nous avons passé la porte, quelqu’un était là pour nous aider. Bien sûr, on se sentait plutôt misérable après être descendu de la montagne et avoir vu toute cette dévastation. Ils nous ont juste accompagné pour que nous puissions nous enregistrer. ».
Plus de 400 volontaires de la Croix-Rouge australienne travaillent dans les centres de secours ouverts dans les zones touchées par les incendies et continuent de répondre aux besoins essentiels en fournissant de la nourriture, les premiers secours, des informations et un soutien aux personnes sinistrées. Environ 5000 personnes ont été enregistrées par la Croix-Rouge pour permettre à leurs proches inquiets de les contacter.
«On nous a offert une tasse de thé et des sandwiches», rapporte Phyllis Reid. «Les volontaires de la Croix-Rouge ont été absolument formidables. Ils ont proposé d’aller chercher mes médicaments à la pharmacie. Tout le monde a été si gentil.»
C’est aussi l’avis d’Albin Weithacher.: « Si tu aides quelqu’un aujourd’hui, quelqu’un t’aidera demain. Et je trouve qu'hier et aujourd'hui, les gens ont été d’un soutien et d’une aide absolument incroyables. »
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Lorsqu’Albin Weithacher est arrivé au centre de secours de Whittlesea, il a immédiatement été pris en charge par un volontaire de la Croix-Rouge. (p18936)
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«C’était comme une tempête de feu: les flammes sautaient par-dessus les montagnes, provoquant de nouveaux départs de feu», précise Michael O’Meara ( au centre). (p18932)
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Anthony Smit a perdu sa maison et a assisté à des scènes horribles en centre ville. (p18935)
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Plus de 400 volontaires de la Croix-Rouge australienne travaillent dans les centres de secours ouverts dans les zones touchées par les incendies et continuent de répondre aux besoins essentiels. (p18937)

En longeant la route qui quitte la ville de Kinglake – jadis une ville pittoresque située dans les montagnes, à 57 kilomètres au nord-est de Melbourne, la capitale – on assiste à une scène apocalyptique. (p18933)
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