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Courage et résilience au Myanmar
30 avril 2009
Jason Smith, Fédération internationale, Bogale, Myanmar
Daw Dhein est presque octogénaire, mais elle reste forte face aux énormes défis issus des ravages causés par le cyclone Nargis. Debout à côté de la rivière dans son village de Pan Phu Myit Tan, elle nous explique que sa principale préoccupation est aujourd’hui le sort de son petit-fils, Min Aung Thu.

Âgé de neuf mois, il a perdu sa mère dans la tragédie qui a frappé le Myanmar en mai 2008. “Mon plus grand espoir est que mon petit-fils survive”, déclare Daw Dhein, cependant que le bébé tète goulûment les dernières gouttes de son biberon de lait concentré. “Il est malade. Je ferais n’importe quoi pour lui.”

L’oncle de Min Aung Thu est pêcheur dans un village voisin. Il donne à Daw Dhein une part de ses gains pour l’aider à pourvoir aux besoins du bébé. Son soutien est précieux, mais évidemment insuffisant. Le père du petit garçon est dans l’incapacité de travailler. Outre les dommages physiques subis par la grand-mère et le petit-fils, la catastrophe a aussi causé de terribles ravages émotionnels.

En pleine tempête

“L’eau est montée au-dessus de nos têtes”, se souvient Daw Dhein. “Pendant la tempête, le père de Min Aung Thu a sauvé mon petit-fils. Il l’a saisi alors qu’il partait à la dérive dans la rivière et l’a accroché le plus haut possible sur la branche d’un arbre. La mère avait été séparée du bébé et elle a disparu.”

On devine, sous les traits burinés par le soleil, la tristesse et l’épuisement de la vieille femme, mais on a sent aussi résolue à reprendre le contrôle de son existence et à contribuer à la mesure de ses possibilités au relèvement de son village.

“La nourriture et les autres aides que nous recevons sont vitales, mais nous ne devons pas devenir dépendants. Moi-même, je suis prête à travailler”, affirme-t-elle en couvant du regard son petit-fils. “Il me faut simplement une barque et un filet, et je pourrai pêcher pour mes besoins et pour d’autres membres de la communauté. Alors, nous aurons peut-être à nouveau des vies à peu près normales.”

Une profonde reconnaissance

Cette formidable résilience, on en retrouve la trace chez les autres habitants du village de Pan Phu Myit Tan, qui expriment aussi une profonde reconnaissance pour l’assistance fournie par la Croix-Rouge du Myanmar, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les autres agences qui ont apporté une aide humanitaire aux populations sinistrées du delta de l’Ayeyarwaddy.

Toutefois, le sentiment prédominant des villageois est qu’ils doivent impérativement trouver les moyens de subvenir à leurs propres besoins dans l’avenir.

Dans ce but, la Croix-Rouge du Myanmar et la Fédération internationale ont mis en place des programmes de consolidation des berges, de déblayage et de nettoyage de l’environnement, de reconstruction de ponts et autres activités rémunérées qui aident les villageois à résoudre leurs problèmes à court et à long terme.
Daw Dhein donne le biberon à son petit-fils dans le village de Pan Phu Myit Tan. Âgé de neuf mois, le bébé a perdu sa mère dans la tragédie du cyclone Nargis. (Photo: Jason Smith / Fédération internationale)
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Les habitants de Pan Phu Myit Tan, au sud de Bogale, ont reçu une aide vitale, mais ils sont maintenant pressés de restaurer leurs moyens de subsistance afin de pouvoir subvenir à leurs propres besoins. (Photo: Jason Smith / Fédération internationale)
Les habitants de Pan Phu Myit Tan, au sud de Bogale, ont reçu une aide vitale, mais ils sont maintenant pressés de restaurer leurs moyens de subsistance afin de pouvoir subvenir à leurs propres besoins. (Photo: Jason Smith / Fédération internationale)
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