Lors de la 6ème conférence régionale européenne
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui s'est tenue à
Berlin du 14 au 18 avril, la Fédération internationale
des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
a adopté aujourd'hui une stratégie régionale
sur la migration et la santé, ainsi qu'un plan d'action.
L'exploitation humaine et la vulnérabilité grandissantes
poussent des millions de personnes dans ce que la Fédération
internationale définit comme les "zones d'ombre" en Europe,
où ils n'ont accès ni aux soins ni à une justice
sociale. Afin de répondre à leurs besoins, la Fédération,
le plus grand réseau humanitaire au monde, va faire de ces
zones une priorité.
Le sort des migrants et des victimes du VIH/SIDA et de la tuberculose
ont été parmi les questions prioritaires débattues
lors de la conférence, qui a réunit 50 Sociétés
nationales cette semaine dans la capitale allemande. M. Didier Cherpitel,
Secrétaire général de la Fédération,
a déclaré : "La stigmatisation et la discrimination
poussent les gens dans les zones d'ombre. Les prostituées
exercent leur commerce et les toxicomanes s'injectent dans ces zones
d'ombre. Nous devons pénétrer dans ces zones d'ombre
afin d'aider ceux qui sont marginalisés, qui sont malades,
qui sont démunis, ou qui ont perdu espoir. Et pour réussir,
nous renouvelons notre soutien aux millions de volontaires sur lesquels
reposent le succès de nos actions communautaires."
Les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
soutiennent et protègent déjà des migrants,
y compris les illégaux. Le nombre des migrants illégaux
est aujourd'hui évalué à entre 20 et 40 millions,
dont environ trois millions en Europe occidentale. "Leur statut
illégal rend certains migrants invisibles devant la loi et,
de ce fait, ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires",
a expliqué Helene Lackenbauer, spécialiste des questions
de migration à la Croix-Rouge suédoise, dans son allocution
à la conférence. "Si nous voulons rester fidèles
à nos principes d'humanité et d'impartialité,
nous devons confronter cette réalité. Si nous ne les
écoutons pas, nous leur enlevons le droit de faire entendre
leur voix et de contribuer de façon positive à la
vie de leur communauté."
La Charte de Berlin, adoptée par la Conférence, détaille
les articles d'une politique européenne concernant un certain
nombre de sujets ayant trait à la migration et à la
santé, ainsi que deux plans d'action pour la mettre en uvre.
Lors de son discours à la cérémonie de clôture,
et faisant référence à la situation au Proche-Orient,
le Prof. Knut Ipsen, Président de la Croix-Rouge allemande,
et de la conférence, a déclaré : "Notre
réunion s'est déroulée au moment où
l'impact de l'action humanitaire internationale est sévèrement
limité par le manque de respect pour le Droit international
humanitaire et pour la législation sur les Droits de l'Homme."
Il a poursuivi en insistant sur la nécessité de réaffirmer
le respect pour ces lois et de rétablir une confiance dans
leur application, ainsi que pour les principes fondamentaux du Mouvement
international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
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