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La
Fédération Croix-Rouge/Croissant-Rouge appelle les
gouvernements à mettre un terme aux politiques de “diabolisation
sociale” qui favorisent la propagation du VIH/sida
05 avril
2003
Pour que les
efforts mondiaux de lutte contre la pandémie du VIH/sida aient une
chance d'aboutir, il faut que les gouvernements cessent de traiter
les individus appartenant à des groupes à haut risque comme des
"parias" et qu'ils s'attaquent de toute urgence à l'opprobre, à
la discrimination et à la marginalisation qui frappent ces groupes,
note la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge.
Cet appel intervient à la veille de la 14e Conférence internationale
sur la réduction des risques liés à l'usage de drogues, qui se tiendra
du 6 au 10 avril à Chiang Mai, ville du nord de la Thaïlande. Coorganisée
par la Fédération internationale, la conférence traitera, entre
autres questions, de l'impact négatif des politiques de "diabolisation
sociale" sur la prévention du sida. Avec les prostitués, les toxicomanes
constituent l'un des groupes les plus visés par ces politiques.
"Il est urgent que le monde prenne conscience du fait qu'en mettant
au ban de la société certaines catégories de personnes, on accroît
leur vulnérabilité à la maladie. S'agissant des toxicomanes, on
encourage ainsi des pratiques d'injection particulièrement dangereuses
et, par voie de conséquence, on favorise le développement de graves
crises de santé publique", affirme Massimo Barra. Créateur au sein
de la Croix-Rouge italienne d'une fondation vouée à l'assistance
aux consommateurs de drogues injectables, Massimo Barra est membre
du conseil d'administration du Fonds mondial de lutte contre le
sida, la tuberculose et le paludisme.
Les échanges de matériel d'injection parmi les toxicomanes ont déjà
entraîné une véritable explosion du nombre de cas de VIH/sida parmi
certaines communautés de l'Europe du Sud, des Amériques du Nord
et du Sud ainsi que de l'Australie. Aujourd'hui, l'Europe de l'Est
et certaines régions de l'Asie enregistrent pour la même raison
une augmentation alarmante des taux de séropositivité au VIH. En
Europe orientale, où la propagation de la pandémie est actuellement
la plus rapide au monde, l'augmentation a atteint 1300 % depuis
1996. En Russie, on estime que près de 90 % des infections récentes
sont imputables à l'utilisation de seringues et aiguilles contaminées.
"Il n'y a qu'un seul moyen de renverser cette tendance: c'est que
les gouvernements adoptent des politiques axées, non plus sur l'exclusion,
mais sur l'intégration sociale des consommateurs de drogues par
injection. En d'autres termes, il s'agit d'aller à eux et de favoriser
des pratiques moins risquées, en commençant par leur fournir du
matériel stérile", poursuit Massimo Barra. Diverses études ont révélé
que, grâce aux programmes d'échanges de seringues, on enregistrait
un recul des comportements à haut risque pouvant atteindre jusqu'à
80 % et une diminution de 30 %, voire davantage, des taux d'infection
par le VIH.
"Nous avons des preuves manifestes de l'efficacité de ces programmes,
qui permettent de contenir la pandémie avec un investissement très
raisonnable", confirme Bernard Gardiner, responsable, service de
la lutte contre le VIH/sida à la Fédération internationale. "Qui
plus est, il est également démontré qu'ils n'encouragent pas la
consommation de drogues, mais qu'ils contribuent au contraire à
la faire reculer."
Plusieurs Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge conduisent
de tels programmes en collaboration avec les pouvoirs publics ou
avec d'autres organisations, notamment en Italie, en Croatie, en
Lettonie, au Portugal et en Espagne. Au Vietnam et en Chine, la
Croix-Rouge a entrepris d'inclure les consommateurs de drogue par
injection dans ses programmes de prévention du VIH/sida.
Pour toute information complémentaire,
ou pour des interviews, veuillez prendre contact avec :
À Chiang Mai
Omar Valdimarsson, Delégué régional à
l’information Tél : + 66 1 823 9218
À Genève
Jemini Pandya, Attachée de presse Tél : + 41 22 730
45 70 / + 41 79 217 33 74
Permanence - Service de Presse Tél : + 41 79 416 38 81
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