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La
Fédération Croix-Rouge/Croissant-Rouge dénonce
les ravages de la discrimination liée au sida
8 mai 2003
Plus de vingt
ans après le déclenchement de la pandémie,
des millions de personnes continuent d’être contaminées
par le VIH et de mourir des suites du sida à cause de l’opprobre,
de la discrimination et de la marginalisation qui frappent les personnes
affectées, constate aujourd’hui la Fédération
internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge.
«Il n’y a pas de temps à perdre si nous voulons
éviter que la situation nous échappe complètement.
Chaque année, de plus en plus de gens meurent victimes de
l’opprobre et de l’ignorance qui entourent la maladie
», a déclaré Juan Manuel Suárez del Toro,
président de la Fédération internationale,
à l’occasion de la Journée mondiale de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge.
« Plutôt que de s’exposer à perdre leur
emploi, leur maison et même leur famille à cause de
l’ostracisme qui frappe les personnes vivant avec le VIH/sida,
ces gens adoptent des comportements à haut risque ou se privent
des traitements dont ils auraient besoin. En Afrique, des femmes
séropositives continuent de nourrir leurs enfants au sein,
exposant ainsi leurs bébés au risque d’infection,
parce que, si elles cessent d’allaiter, tout le monde saura
pourquoi. De telles atteintes à la dignité sont inacceptables
quand nous avons eu plus de deux décennies pour nous familiariser
avec la maladie et avec ses modes de transmission », a-t-il
ajouté.
Déterminée à combattre au niveau global les
préjugés et la discrimination associés au VIH/sida,
la Fédération internationale avait lancé, il
y a un an, une campagne mondiale intitulée La vérité
sur le sida. Faites passer... Pour l’année à
venir, elle a choisi d’axer ses efforts sur la lutte contre
les idées reçues qui entraînent des morts additionnelles,
à travers le thème On n’attrape pas le sida
en....
« Certaines personnes pensent qu’elles peuvent être
infectées par des piqûres de moustiques », a
observé le président de la Fédération
internationale. « D’autres craignent d’être
contaminées en partageant les mêmes toilettes, voire
le même bureau que des personnes séropositives –
et estiment que l’unique moyen de se prémunir contre
ce risque consiste à exclure physiquement ces dernières.
Même certains membres de la profession médicale pratiquent
ce genre de discrimination. »
La position de certaines instances religieuses et autres organismes
influents qui proscrivent l’utilisation des préservatifs
et autres mesures reconnues pour leur contribution à la lutte
contre les maladies sexuellement transmissibles, et qui exposent
à l’opprobre public des groupes plus particulièrement
exposés à ces maladies, est également un exemple
de discrimination. « En diffusant une information erronée
sur le VIH/sida, ces organisations agissent de manière irresponsable
», estime le docteur Massimo Barra, qui a créé
au sein de la Croix-Rouge italienne une fondation vouée à
l’assistance aux usagers de drogues injectables et qui est
actuellement membre du conseil d’administration du Fonds mondial
pour la lutte contre le VIH/sida.
« La vérité est tout autre, poursuit-il. Nous
savons déjà que la sexualité sans risque est
un moyen de lutte efficace. Certains pensent que les programmes
d’échanges de seringues, comme ceux mis en place par
la Croix-Rouge afin de limiter la propagation du VIH parmi les toxicomanes,
encouragent la consommation de drogues. C’est faux. Il est
prouvé que cette stratégie contribue non seulement
à réduire de façon notable l’incidence
du VIH/sida parmi les usagers de drogues injectables, mais aussi
à faire reculer la consommation de drogues. »
Dans le monde entier, les Sociétés nationales de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge célébreront aujourd’hui
la Journée mondiale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
en organisant des manifestations et en diffusant des messages contre
l’opprobre et la discrimination liés au VIH/sida.
 Genève, la section de jeunesse de la Croix-Rouge,
de jeunes délégués de treize Sociétés
sœurs d’Europe de l’Est et des représentants
de Young Positive, un réseau mondial de jeunes gens séropositifs,
ont mis sur pied des projets (peintures murales et spectacles de
rue) pour combattre les idées reçues et la discrimination.
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