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Pour la Fédération Croix-Rouge et Croissant-Rouge, le “dernier maillon” est crucial pour sauver des vies dans les situations d’urgence
28 mars 2006

Alors que des spécialistes du monde entier sont réunis à Bonn, en Allemagne, pour débattre des systèmes d’alerte anticipée en prévision des catastrophes, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge insiste sur la nécessité de développer les capacités des communautés vulnérables – et non pas seulement les technologies.

Depuis le tsunami de décembre 2004, il a beaucoup été question de l’importance de la surveillance météorologique, des capteurs de fonds océaniques et de la réorientation des orbites satellitaires. D’éminents sismologues affirment que la région dévastée par cette catastrophe n’est pas à l’abri de futurs raz-de-marée.

“La technologie est importante, mais elle n’est qu’une pièce du puzzle”, déclare Hisham Khogali, chef par intérim du département de la préparation et de l’intervention en cas de catastrophe à la Fédération internationale. “La tendance à se focaliser sur la technologie et les télécommunications peut conduire à négliger l’élément essentiel d’une préparation efficace en prévision des catastrophes, à savoir, les gens qui vivent dans les régions exposées. Les systèmes d’alerte anticipée ont leurs limites. Une fois la menace identifiée, comment le message est-il transmis au sein des communautés vulnérables ou isolées? A l’évidence, la solution réside dans une combinaison de moyens technologiques et de ressources humaines sur le terrain.”

La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge peuvent jouer un rôle crucial en diffusant des mises en garde et des consignes de sécurité au niveau local, grâce à leur réseau mondial de volontaires et autres auxiliaires communautaires qui jouissent de la confiance de la population. Seuls ces derniers sont en effet en mesure de relayer les messages émanant des capteurs subocéaniques, des satellites et autres systèmes de télécommunication sur le “dernier maillon” qui sépare les technologies de pointe des communautés concernées.

Au Bangladesh, le Croissant-Rouge s’est depuis longtemps investi dans la préparation en prévision des cyclones. Au Viet Nam, des campagnes de sensibilisation de la Croix-Rouge ont permis d’informer des centaines de milliers d’élèves d’écoles primaires et leurs familles des dispositions à prendre en cas d’inondations. De nombreuses études confirment que, dans les régions exposées aux catastrophes, une bonne planification et une formation adéquate, y compris des exercices d’évacuation périodiques, peuvent faire la différence entre la vie et la mort, moyennant des équipements relativement simples et peu coûteux.

“Il est indéniable que des mesures renforcées de réduction des risques contribuent à sauver des vies humaines. Hélas, l’investissement, pourtant modeste au regard du coût énorme des efforts de relèvement et de reconstruction consécutifs aux catastrophes naturelles, fait souvent cruellement défaut dans ce domaine. Il est pourtant vital que les communautés exposées sachent que faire dans les situations d’urgence et qu’elles disposent d’un minimum de ressources pour réagir face au danger”, insiste M. Khogali.

“Il est du devoir de la communauté internationale de mettre en place des systèmes d’alerte qui ne prennent pas seulement en compte la menace relativement rare que représentent les tsunamis, mais aussi les inondations, typhons, sécheresses, glissements de terrain et autres épidémies qui, chaque année, causent de véritables tragédies et réduisent à néant le progrès social et économique de quelque 255 millions de personnes”, ajoute-t-il. “Nous ne pourrons jamais empêcher les catastrophes naturelles de se produire, mais nous pouvons faire davantage pour réduire la vulnérabilité des communautés affectées. Investir en prévention de ces événements nous coûtera beaucoup moins que de réparer les dommages qu’ils entraînent et nous ne saurions négliger le moindre effort susceptible d’épargner des vies”, conclut M. Khogali.


Pour toute information complémentaire, ou pour des interviews, veuillez prendre contact avec :

Pete Haydon, Attaché de presse, Opération Tsunami Tel. + 41 79 308 9804 / +41 22 730 4426
Permanence – Service de presse Tél: + 41 79 416 38 81


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