La conférence d’Oslo sur le paludisme appelle les gouvernements à créer une dynamique pour atteindre l’objectif de zéro décès dus au paludisme d’ici 2015

Publié: 11 avril 2011

L’objectif de presque zéro décès dus au Paludisme d’ici 2015 est réalisable - mais pour cela, des innovations et partenariats sont indispensables

Oslo, 11 avril 2011 ─ Plus de deux cents experts sur le paludisme et représentants gouvernementaux se réunissent mardi dans la capitale norvégienne  afin de conseiller les décideurs politiques sur la façon d’atteindre l'objectif de zéro décès dus au paludisme d'ici à 2015.

Lors des dix dernières années, un tiers des 106 pays où le paludisme est endémique a connu une diminution de 50% des cas de paludisme, là où des interventions globales ont été réalisées.

La lutte contre le paludisme est essentielle si nous voulons atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMDs), fixés par l’Organisation des Nations Unieset réduire la mortalité infantile. Se basant sur ses succès, le partenariat « Faire Reculer le Paludisme » (Roll Back Malaria) a fixé l'objectif de presque zéro décès dus au paludisme d'ici à 2015, allant ainsi plus loins que les exigences des OMDs.

Ceci est tout à fait possible , a expliqué Dr Awa Marie Coll-Seck, Directrice Exécutive du Partenariat Faire Reculer le Paludisme, la structure mondiale coordonnant  la lutte contre cette maladie. «Réaliser l’objectif de presque zéro décès demandera une prise en charge plus forte au niveau des pays, et un soutien adéquat au niveau mondial. Une lutte contre le paludisme intensifiée et soutenue contribuera à la réalisation de six des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement,''a-t-elle ajouté.

Néanmoins, plus de trois milliards de personnes, la moitié de l'humanité, sont toujours affectése par cette maladie qui est entièrement en mesure d’être prévenue et traitée.

«Le paludisme est une maladie curable, et personne ne devrait en mourir au 21ème siècle, a déclaré Sven Mollekleiv, président de la Croix-Rouge norvégienne, organisant la conférence. Il ajoute: « Pour lutter contre le paludisme, nous devons considérer cela comme un investissement qui offre un formidable rendement à long terme. Nous devons mettre en œuvre et faciliter l'accès aux services de santé en tant que droit humain fondamental ".

Le paludisme est une urgence au niveau mondial dans le domaine de la santé. Près de 800 000 personnes meurent du paludisme chaque année, la plupart étant des enfants de moins de cinq ans. Cette maladie perpétue le cercle vicieux de la pauvreté dans les pays en développement, et affecte surtout les femmes et les enfants pauvres. Les maladies et les décès liés au paludisme coûtent à l’économie de l’Afrique seule 12 milliards de dollars américains par an, et consomment jusqu'à 40 pour cent des dépenses de santé publique dans les pays où le paludisme est endémique.

Les interventions globales ont prouvé une réduction du nombre de cas de paludisme. Dans la dernière décennie, 289 millions de moustiquaires ont été distribuées en Afrique subsaharienne, suffisamment pour couvrir 76 pour cent de la population à risque. En outre, les tests de diagnostic sont devenus plus accessibles. Plus d'un tiers des cas de paludisme signalés dans le secteur public en Afrique en 2009 avait été confirmé par un test de diagnostic, par rapport à moins de 5% au début de la décennie.

"Nous avons constaté que le suivi au niveau des ménages après la distribution des moustiquaires, pour  s'assurer que celles-ci soient correctement utilisées, est un élément clé dans la diminution des cas de paludisme. Des milliers de volontaires travaillent quotidiennement pour assurer ce suivi », ajoute Mollekleiv.

Dans un pays africain, les partenaires de la lutte contre le paludisme ont franchi une étape supplémentaire.
La Croix-Rouge du Kenya a mis en œuvre un projet de prise en charge à domicile du paludisme : 82% des cas de fièvre signalés ont reçu un traitement efficace dans les 24 heures dans les villages par des volontaires formés. Ce projet illustre ce qui peut être réalisé grâce au partenariat. En raison de son succès, le gouvernement kenyan déploie maintenant cette méthode à travers l'ensemble du pays.

Le Secrétaire Général de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Bekele Geleta, s'appuie sur ces succès et exhorte la communauté internationale à forger de nouveaux partenariats pour travailler ensemble.

"La communauté internationale a fait de réels progrès dans la lutte contre le paludisme, avec des partenariat audacieux, des idées et des directions novatrices, et une disponibilité accrue des ressources; mais nous pouvons faire plus, faire mieux et aller encore plus loin".

La conférence d’Oslo sur le paludisme est organisée par le Ministère Norvégien des Affaires Etrangères, la Croix-Rouge norvégienne, le Partenariat Faire Reculer le Paludisme et la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. S.M. la Reine Sonja de Norvège, ainsi que le Ministre norvégien des Affaires Etrangères, Jonas Gahr Støre seront présents pour l’ouverture de la conférence.

Pour plus d’informations:
A Oslo:
Croix-Rouge norvégienne , Vivian Paulsen, +47 469 57 391
Faire Reculer le Paludisme, Michel Smitall, + 41 22 79 3658

 


 

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