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“Abolissez les lois qui favorisent la propagation du VIH”, exhortent la FICR et l’Alliance

Publié: 9 juin 2011
© Nell Freeman for the International HIV/AIDS Alliance

Les gouvernements doivent abolir les lois qui minent les droits de l’homme et entravent l’accès à des services vitaux de prévention et de lutte contre le VIH – tel est l’appel lancé par deux des principales organisations humanitaires et de lutte contre le sida de la planète à la veille de la Réunion de haut niveau sur le sida convoquée dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies.

9 juin 2011, Genève – La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), représentant 186 Sociétés nationales, et l’Alliance internationale contre le VIH/sida, qui travaille avec plus de 2000 organisations communautaires à travers le monde entier, affirment que les personnes les plus exposées au VIH ont un urgent besoin de mesures concrètes pour garantir l’accès universel à la prévention, aux traitements et aux services de soutien.

“Nous plaidons tout spécialement pour ceux dont les voix sont rarement entendues: les travailleurs du sexe, les transsexuels, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et les consommateurs de drogues injectables”, déclare Bekele Geleta, secrétaire général de la FICR. “Ces groupes sont couramment confrontés à des législations répressives assorties de peines de prison, de violences et de persécutions, et ils ont les plus grandes difficultés à bénéficier des services de santé appropriés.”

Alvaro Bermejo, directeur exécutif de l’Alliance, explique que des préjugés d’autres temps, souvent enracinés dans les législations, poussent aux marges de la société des personnes particulièrement exposées, les coupant ainsi de services vitaux de prévention du VIH, de traitement, de soutien et d’assistance. “Nous sommes tous partisans de la stratégie zéro d’ONUSIDA – zéro nouvelle infection, zéro décès dû au sida et zéro discrimination –, mais elle ne pourra pas se réaliser tant que l’on n’aura pas fait un sort à certaines lois stigmatisantes et mis en place des politiques favorables”, observe-t-il.

Au moment même où se tient la réunion des Nations unies, les législateurs de certains pays débattent de projets de lois contestables dont l’adoption ferait obligation aux femmes de rendre publique leur éventuelle séropositivité au VIH et criminaliseraient l’homosexualité, minant gravement tout le dispositif national de lutte contre la pandémie.

La société civile a la capacité de mobiliser les communautés des groupes à risque afin que ces derniers puissent accéder pleinement aux services de prévention, de traitement, de soutien et d’assistance. Les gouvernements et leurs partenaires doivent tirer parti de ce potentiel pour répondre efficacement aux défis du VIH en promouvant un environnement exempt d’opprobre, de discrimination et d’atteintes aux droits de l’homme.

“L’Alliance contre le VIH/sida et la FICR ont raison d’appeler l’attention sur l’impact négatif des lois répressives, des persécutions et des violations des droits fondamentaux sur les personnes les plus vulnérables. Si nous voulons pérenniser les progrès accomplis dans la lutte contre l’épidémie, nous devons impérativement toucher les groupes les plus exposés. Le Royaume-Uni continuera de plaider énergiquement la cause des plus vulnérables au VIH dans le cadre des importantes discussions qui se tiendront cette semaine au siège des Nations unies”, commente Stephen O’Brien, sous-secrétaire d’Etat britannique en charge du développement international.

Dix ans se sont écoulés depuis que les Nations unies ont tenu leur première réunion de haut niveau sur le sida et d’énormes progrès ont été accomplis, si bien que plus de six millions de personnes bénéficient aujourd’hui gratuitement de traitements vitaux. Néanmoins, plus de dix millions d’autres en sont toujours privées et, pour chaque personne placée sous médication, deux autres sont contaminées par le VIH.

Au niveau mondial, 60% seulement des travailleurs du sexe ont accès aux préservatifs et aux tests de dépistage du VIH, cependant que plus de 80% des pays de la planète traitent les consommateurs de drogues injectables – dont le nombre atteint près de 16 millions au total – comme des criminels, poussant la majorité d’entre eux aux marges de la société, y compris les quelque 3 millions qui sont séropositifs au VIH.

Dans l’ensemble, on constate un sous-investissement alarmant en matière de prévention. Ainsi, certains pays consacrent moins de 5% des fonds alloués à la lutte contre le VIH aux campagnes et programmes de prévention destinés aux groupes les plus exposés à la contamination.

Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les toxicomanes, les travailleurs du sexe et certaines minorités ethniques demeurent trop souvent hors d’atteinte des systèmes de santé en raison des préjugés persistants à leur encontre ou vis-à-vis du VIH en général.

Les deux organisations appellent donc les gouvernements à réviser leurs législations et leurs politiques et à lever les obstacles juridiques, sociaux et économiques qui limitent l’accès aux soins de santé et à des services vitaux de prévention et de lutte contre le VIH.

Ne compromettez pas les progrès accomplis! Les lois devraient contribuer à enrayer la transmission du VIH, pas favoriser sa propagation.

Selon ONUSIDA
67% des pays font état de lois et réglementations qui entravent la prévention parmi les populations vulnérables.
79 pays ont des législations criminalisant l’homosexualité; 6 sanctionnent par la peine capitale les rapports sexuels librement consentis entre partenaires du même sexe.
47 pays imposent des restrictions de voyage liées au VIH.
56 ont des lois spécifiques faisant de la transmission du VIH un crime.


Pour plus d’informations ou pour des interviews, veuillez prendre contact avec: 
A Genève, Suisse
Sadia Kaenzig, FICR, conseillère pour la communication sur la santé : +41 79 217 33 86 / sadia.kaenzig@ifrc.org
A Brighton, Royaume-Uni
Sarah West, International HIV/AIDS Alliance, Media Manager : +44 (0)1273 718949 / 07590358391
swest@aidsalliance.org

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