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Journée mondiale de la tuberculose : identifier 3 millions de personnes ne recevant pas un traitement adéquat

Publié: 23 mars 2011

Selon la Croix-Rouge/Croissant-Rouge et le Partenariat Halte à la tuberculose, les interventions à domicile sont le meilleur moyen de limiter la propagation de la tuberculose et la mortalité liée à la maladie.

24 mars 2011, Genève – Dans le Shanxi, en Chine, Feng Wenli est clouée au lit par la tuberculose depuis un an. Les visites régulières des volontaires de la Croix-Rouge, qui supervisent son traitement, lui apportent des aliments nutritifs et l’accompagnent à ses consultations médicales, l’encouragent et la réconfortent. Grâce à cet encadrement, il y a peu de risque que sa maladie ne dégénère en une forme multirésistante aux médicaments.

A Tumkur, en Inde, Iqbal était traité comme un pestiféré par sa famille à cause de la tuberculose. Les volontaires de la Croix-Rouge ont pu rétablir des relations plus humaines en expliquant à ses proches qu’ils n’avaient rien à craindre si Iqbal prenait régulièrement ses médicaments et si chacun observait des règles élémentaires de précaution.

Dans la République russe de Khakassie, en Sibérie, Vladimir avait reçu son diagnostic comme une condamnation à mort. Profondément déprimé, il avait interrompu son traitement. Son état d’esprit a radicalement changé grâce aux conseils et au soutien d’infirmiers de la Croix-Rouge et à son adhésion à un groupe d’auto-assistance pour les malades de la tuberculose. Il est aujourd’hui complètement guéri.

Des histoires comme celles-ci, il s’en présente chaque jour à travers le monde entier grâce aux employés et aux volontaires des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sans l’assistance desquels une multitude de patients ne parviendraient pas à mener à terme leurs traitements. Beaucoup de ces gens appartiennent à des groupes marginalisés ou défavorisés comme les détenus, les habitants des bidonvilles, les femmes, les travailleurs migrants et les toxicomanes.

Pour en finir avec la tuberculose, un rapport publié aujourd’hui par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et le Partenariat Halte à la tuberculose, ouvre une fenêtre sur l’aspect humain de la pandémie mondiale de la tuberculose qui a fait, en 2009, 1,7 million de morts et 9,4 millions de malades supplémentaires. En 2008, dernière année pour laquelle on dispose de statistiques spécifiques, on estime que les formes pharmacorésistantes de la maladie ont contaminé quelque 440 000 personnes et fait près de 150 000 morts.

“Les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge jouent un rôle clé dans la réalisation d’un des objectifs les plus cruciaux de l’initiative Halte à la tuberculose: toucher les quelque 3 millions de personnes qui, chaque année, ne reçoivent pas des soins adéquats contre la tuberculose”, déclare Lucica Ditiu, secrétaire exécutive du Partenariat Halte à la tuberculose. “La tuberculose est curable et personne ne devrait mourir de cette maladie au 21e siècle. Mais, pour qu’elle cesse de tuer, il faut que le monde envisage l’accès aux soins comme un droit humain fondamental.”

Rien que pour bénéficier d’une consultation lorsqu’ils présentent des symptômes suggérant une possible infection par la tuberculose,
les habitants les plus démunis de la planète doivent souvent parcourir de longues distances, ce qui les contraint à délaisser leur travail et les prive par là-même de précieux revenus. De ce fait, beaucoup renoncent purement et simplement à se faire examiner ou à se soigner.

Les volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge règlent ce problème en intervenant directement parmi ces communautés,
assurant ainsi l’accès aux traitements aux habitants les plus défavorisés des agglomérations urbaines et des campagnes sans que cela affecte trop gravement leurs revenus et leur existence quotidienne.

Chaque Société nationale de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge sert d’auxiliaire à son gouvernement et fait office d’interface avec la société civile et les communautés locales. Par le biais de leurs volontaires et de leurs employés, les Sociétés nationales améliorent l’accès au diagnostic et au traitement de la tuberculose et contribuent à renforcer la participation communautaire à la lutte contre la maladie. “C’est pourquoi nous appelons les gouvernements et autres acteurs à collaborer plus étroitement encore avec eux”,commente Stefan Seebacher, directeur du département de la santé de la FICR.

En 2010, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont assuré une aide quotidienne à quelque 150 000 malades de la tuberculose à travers le monde, dont 10 000 environ souffrant de tuberculose multirésistante (TB-MR) et 40 000 de co-infection avec le VIH. L’objectif est d’étendre les programmes tuberculose de la FICR à 1,7 million de personnes particulièrement démunies d’ici à 2015.

La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge appliquent les directives et normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de traitement de la tuberculose et contribuent activement à la réalisation des objectifs du Plan mondial Halte à la tuberculose pour 2011-2015, lequel vise à diminuer de moitié la mortalité liée cette maladie d’ici à 2015 et à l’éradiquer totalement d’ici à 2050.

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La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.