IFRC


Les femmes et enfants négligés dans la quête de soins de santé équitables pour tous

Publié: 29 novembre 2011

29 novembre 2011 - Un rapport publié aujourd’hui par une importante coalition humanitaire demande de lever les obstacles aux soins de santé.

Éliminer les inégalités en matière de santé : « Chaque femme, chaque enfant compte », un rapport de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (PMNCH), relevant de l’Organisation mondiale de la Santé, dresse un portrait saisissant des inégalités en matière de santé dans le monde. Le rapport met l’accent sur les femmes et les enfants non seulement parce qu’un grand nombre d’entre eux souffrent de privations excessives, mais aussi parce que les femmes jouent un rôle capital dans l’amélioration de la santé de leurs enfants, de leurs familles et des collectivités.

« Les femmes, les mères et les adolescentes sont trop souvent sujettes à la stigmatisation et à la discrimination et, par conséquent, elles se voient refuser l’accès aux soins de santé. Dans certains pays, elles doivent d’abord obtenir la permission de leur époux ou de leurs parents pour avoir accès à des services de santé, tels que des soins en matière de santé sexuelle et reproductive. Les bénévoles en milieu communautaire peuvent toucher ces personnes non atteintes en élaborant une intervention sur mesure qui correspond à leur contexte spécifique. Cette manière de procéder fonctionne même à des endroits du monde où l’on ne s’attendait guère à obtenir des résultats, comme le détaillent les études de cas présentées dans le rapport », souligne Matthias Schmale, secrétaire général adjoint de la FICR.

Carole Presern, directrice de PMNCH, ajoute que « l’engagement politique est essentiel pour franchir  les obstacles économiques et sociaux fondamentaux qui empêchent tant de femmes et d’enfants à avoir accès aux soins auxquels ils ont droit. La Stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l'enfant, lancée par le  Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies en 2010, a suscité une reconnaissance bien plus grande, car la réduction des décès maternels et infantiles et la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement est fondamentalement un défi d’ordre politique, et beaucoup moins de nature technique. Nous sommes depuis ce lancement impressionnés d’assister à un leadership remarquable de la part de tant de pays qui s’engagent à faire des investissements et à modifier des politiques afin d’améliorer l’équité et l’accès, soit des éléments qui correspondent aux objectifs de la Stratégie mondiale. Nous devons par contre progresser encore plus rapidement, en insistant sur la responsabilisation à l’égard de tels engagements; le message des droits de l’homme se fait toutefois entendre clairement. »

Il se déroule chaque jour des événements relatant des inégalités en matière de santé. En voici quelques-uns qui nous rappellent cette sombre réalité :

Une femme séropositive au VIH qui souffre de brûlures graves sur 85 pour cent de son corps se voit refuser tout traitement dans plusieurs hôpitaux. Un jeune père serait décédé des suites d’une infection dentaire parce qu’il n’avait pas les moyens d’acheter ses médicaments. Cet exemple fournit un constat peu réjouissant de l’importance de la santé buccale et du grand nombre de personnes qui n’ont pas accès à une couverture de santé universelle. À certains endroits, les utilisateurs de drogues injectables sont mis en cage ensemble dans des lits superposés sans avoir d’autre choix que d’endurer l’agonie résultant du sevrage. Il ne s’agit que de la première étape d’une méthode brutale et coercitive de traitement pour toxicomanie. Il existe cependant des preuves scientifiques qui viennent appuyer l’efficacité de l’approche selon la réduction des méfaits.

Les enfants nés dans les régions rurales ou les bidonvilles, les enfants nés de mères ayant un niveau d’éducation moins élevé, et les enfants nés dans des familles à plus faible revenu se portent moins bien que les autres. Par exemple, d’après une sélection de pays où des données sont disponibles, en Afrique, en Asie et dans les Amériques, les enfants issus des 20 pour cent des ménages les plus riches sont plus de deux fois plus susceptibles d’atteindre l’âge de cinq ans comparativement aux enfant issus des 20 pour cent des ménages les plus pauvres des régions urbaines. En Europe, on observe des tendances similaires : les taux de mortalité des moins de cinq ans sont au moins 1,9 fois plus élevés parmi les 20 pour cent des ménages les plus pauvres que parmi les 20 pour cent des ménages les plus riches.

Cet enjeu sera abordé dans le cadre de la XXXIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Genève, le mardi 29 novembre.

Pour plus d’information, veuillez communiquer avec :

Sadia Kaenzig, FICR, conseillère principale pour la communication sur la santé, sadia.kaenzig@ifrc.org +41792173386 (portable)
Lori McDougall, agente technique principale, politiques et défense des droits, Le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, McDougallL@who.int; +41-79-206-1320 (portable)

Carte


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.