Beyrouth/Genève – La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a relevé aujourd’hui de CHF 39 millions à près de 53,6 millions le montant de son appel d’urgence en soutien aux efforts d’assistance du Croissant-Rouge arabe syrien. Cette hausse reflète la dramatique détérioration de la situation et l’augmentation concomitante des besoins des populations affectées par la crise.
Selon les Nations unies, le bilan depuis le début des troubles en mars 2011 s’élève à quelque 93 000 morts et des centaines de milliers de blessés, aux victimes directes du conflit s’ajoutant la mortalité liée au manque d’accès à des services vitaux, notamment de santé. A l’heure actuelle, on estime que presque 7 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence et que près de 4,3 millions de personnes ont dû abandonner leurs foyers.
«Les besoins humanitaires ont atteint des niveaux sans précédent et continuent de croître, des millions de personnes étant déplacées en Syrie», confirme Bekele Geleta, secrétaire général de la FICR. «Au moins 4 millions d’habitants du pays ont besoin d’assistance alimentaire – mais ce chiffre pourrait bien être beaucoup plus élevé encore si j’en crois nos collègues du Croissant-Rouge sur le terrain.»
Les prix des denrées alimentaires de base ont enregistré une hausse dépassant 100% dans certaines régions, aussi l’appel révisé de la FICR prévoit-il d’augmenter les distributions de nourriture et d’articles d’hygiène au profit d’environ 150 000 personnes par mois, d’assortiments de produits pour bébés et d’articles essentiels pour les femmes, ainsi que le soutien aux programmes sanitaires du Croissant-Rouge.
Plus de 2 millions de personnes reçoivent actuellement une assistance du Croissant-Rouge arabe syrien avec l’appui de la FICR, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), d’agences des Nations unies et de diverses ONG nationales et internationales. Les employés et les quelque 3000 volontaires du Croissant-Rouge, rattachés à 14 sections couvrant l’ensemble du territoire, sont en première ligne 24 heures sur 24, assurant des services d’ambulances, de premiers secours d’urgence, de cliniques mobiles et de dispensaires de santé.
Ils opèrent souvent dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. A ce jour, 20 volontaires de la Société nationale ont péri dans l’accomplissement de leur mission humanitaire.
«La situation à laquelle sont confrontés nos employés et nos volontaires est la plus difficile et la plus dangereuse de notre histoire», note M. Attar, président du Croissant-Rouge arabe syrien, fondé en 1942. «Jour après jour, nos équipes s’efforcent sans relâche d’assister les communautés affectées par la violence. Nos bénévoles sont quotidiennement exposés à la mort, à de terribles blessures et à la destruction totale de zones habitées et il est évident que, dans de telles conditions, nous avons un pressant besoin d’une aide accrue de l’extérieur, en termes non seulement de ressources, mais aussi sous la forme de soutien moral et de solidarité.»
Les équipes de premiers secours du Croissant-Rouge, qui comptent parmi les principaux prestataires de services d’ambulances en Syrie, se heurtent à des défis de plus en plus aigus à mesure que la situation se dégrade. Beaucoup d’ambulances ont été volées ou endommagées dans les affrontements armés et le personnel ne parvient pas toujours à secourir les personnes dans le besoin à cause de l’insécurité ambiante. «Le problème de sécurité demeure une de nos principales préoccupations», déclare M. Attar. «Il est absolument indispensable que les travailleurs humanitaires puissent accéder sans le moindre obstacle aux personnes affectées.»
Le soutien aux volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien est un autre élément clé de l’appel révisé. Avec plus de 20 tués dans leurs rangs depuis le début de la crise, une attention accrue sera accordée à leur protection et leur formation ainsi qu’à des aspects comme les systèmes d’assurance et de compensations pour les volontaires et leurs familles.
«Je ne pense pas que les gens de l’extérieur puissent se faire une idée de ce que nous endurons», témoigne un jeune volontaire. «Chaque jour, nous sommes sur les routes pour aller aider les gens en nous demandant si nous arriverons à bon port sains et saufs ou si nous reverrons notre famille. Au bout du compte, la seule chose qui importe, c’est d’aider les gens. C’est aussi simple que cela.»
Pour plus d’informations, s’adresser à :
- Khaled Erksoussi, Chef d’opérations, Croissant-Rouge arabe syrien, Damas
+963 993995955, khaled.erksoussi@gmail.com
- Leena Reiko, Délégué de la communication en Syrie, FICR
+961 71802483, leena.reikko@ifrc.org
- Raefah Makki, Responsable de la communication de la FICR, Zone MENA, Beyrouth
+961 70 258225, raefah.makki@ifrc.org
- Pierre Kremer, Chef de la communication de la FICR, Genève
+41 792264832, pierre.kremer@ifrc.org
- Jessica Sallabank, Responsable des relations médias de la FICR, Genève
+41 799481148, jessica.sallabank@ifrc.org