Le président de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Tadateru Konoé, a effectué une visite en Syrie où l’impact humanitaire de la crise ne cesse de s’aggraver.
Il a rendu un vibrant hommage au Croissant-Rouge arabe syrien qui n’épargne aucun effort depuis le début des troubles il y a deux ans déjà. « Le Croissant-Rouge est l’unique organisation humanitaire en mesure d’étendre ses services à l’ensemble du territoire et il opère en plein accord avec les Principes fondamentaux de notre Mouvement, en particulier ceux d’humanité, de neutralité, d’unité et d’indépendance », a souligné le président Konoé.
Par le truchement de ses 3000 volontaires actifs au sein de 14 branches régionales et 80 sections locales, le Croissant-Rouge arabe syrien assiste près de 2 millions de personnes par mois à Damas et dans de nombreuses zones sensibles du pays.
M. Konoé a appelé toutes les parties à respecter les principes, le mandat et les emblèmes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et à garantir la sécurité et la protection de tous les travailleurs humanitaires, y compris les volontaires. « La sécurité des travailleurs humanitaires doit impérativement être renforcée », a-t-il déclaré. « Depuis le début de cette crise, plus de 20 volontaires et employés du Croissant-Rouge ont été tués et des centaines d’autres continuent jour après jour de traverser les lignes de front pour accomplir leur mission. »
A Damas, le président de la FICR a loué le courage et le dévouement dont font preuve les volontaires de l’organisation dans des conditions extrêmement difficiles. « Ils incarnent à chaque instant la force de nos Principes fondamentaux en action », a-t-il commenté. Alors que le Croissant-Rouge arabe syrien s’efforce d’étendre son assistance à davantage de bénéficiaires, il a insisté sur l’impérieuse nécessité de faciliter l’accès des travailleurs humanitaires à tous ceux qui ont besoin de leurs services, sans distinction ni restriction aucune.
Plus de 4 millions de Syriens sont déplacés à l’intérieur des frontières, 1,5 million d’autres ont cherché refuge dans les pays voisins et plus de 3 millions d’enfants ont été affectés par ces 26 mois de violences. La crise a profondément miné tous les compartiments de la vie en Syrie: infrastructure, moyens de subsistance, accès à la nourriture et à l’eau potable, hygiène et assainissement; les pénuries de carburant empirent dans de nombreuses régions et un tiers des hôpitaux ont cessé de fonctionner.
La situation se détériore également dans les pays voisins, en particulier depuis quelques mois. De passage en Jordanie, le président Konoé a visité un camp de réfugiés administré avec l’appui de la Société du Croissant-Rouge des Emirats arabes unis. Il a pu observer à cette occasion l’ampleur des efforts requis pour assurer aux familles syriennes des abris décents et des moyens de subsistance, sans parler de l’accès aux soins de santé, à l’éducation et aux médicaments.
« Je souhaite tirer l’alarme au nom du gouvernement et du peuple de Jordanie concernant le très lourd fardeau que représente pour leur pays la présence massive de réfugiés sur le plan social, économique, sanitaire, éducationnel, environnemental et dans d’autres domaines encore », a-t-il déclaré. «Les perspectives sont d’autant plus préoccupantes que les réfugiés syriens continuent d’affluer, alors que la Jordanie héberge depuis de nombreuses années déjà d’autres populations déplacées, notamment des Palestiniens et des Irakiens. »
Le pays compte officiellement plus de 440 000 réfugiés dont plus de 70 % vivent parmi des familles d’accueil et nécessitent un soutien pour payer loyers, soins de santé, scolarité et autres frais. Quelque 140 000 personnes attendent en outre de pouvoir franchir la frontière.
« Mobilisé depuis le début de la crise, le Croissant-Rouge jordanien a récemment coordonné des programmes d’allocations en espèces pour les familles syriennes vivant au sein de communautés d’accueil », note M. Konoé. Le gouvernement a lui aussi offert une précieuse assistance aux réfugiés, mais ses ressources commencent à s’épuiser. « La situation ne sera pas tenable à long terme sans un renforcement notable du soutien de la communauté internationale », a observé le président de la FICR. « Dans les régions limitrophes de la Syrie, le nombre des réfugiés excède désormais celui des Jordaniens, d’où de sérieux risques de tensions. Tout en répondant aux besoins des réfugiés syriens, il est crucial d’accorder davantage d’attention à ceux des communautés d’accueil. »
M. Konoé a exhorté la communauté internationale à sortir de l’attentisme. « Le nombre sans cesse croissant de femmes, d’hommes, de filles et de garçons fuyant la violence en Syrie pour s’abriter dans les pays voisins dépasse de loin les estimations les plus pessimistes et nous impose d’agir de toute urgence », a-t-il martelé.
En soutien aux efforts des Sociétés nationales des pays d’accueil, la FICR s’apprête à lancer des appels révisés pour le Liban, la Jordanie et l’Irak (passant de CHF 3,7 à 27 millions) ainsi que pour la Turquie (de CHF 35 à 40 millions).
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A Beyrouth :
- Raefah Makki, chargé de communication pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, FICR
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