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IFRC

Editorial : Pour en finir avec la tuberculose

Publié: 25 mars 2011 15:22 CET

La tuberculose fait 15 morts par heure. D’ici à 2015, plus de 10 millions de personnes succomberont à cette maladie qui est pourtant évitable et curable.

Aujourd’hui, 12% seulement des quelque 440 000 patients atteints de TB-MR bénéficient du traitement coûteux et de longue haleine que requiert leur maladie.

Cela signifie que près de 400 000 personnes endurent des souffrances inutiles et mettent en péril la santé de leur entourage.

Le problème est encore aggravé par l’augmentation soutenue des cas de co-infection par le VIH, la tuberculose étant responsable d’un décès sur cinq parmi les personnes séropositives.

A une époque où le dépistage et le traitement de la tuberculose sont plus faciles et plus abordables que jamais, pourquoi cette triste situation perdure-t-elle ?

Parce que la tuberculose est essentiellement une maladie des pauvres.
Nous voulons débarrasser la planète de ce fléau, mais cela réclame une mobilisation massive de tous les acteurs qui ont la capacité d’investir dans les mesures requises pour juguler la tuberculose.

Un accès équitable et universel aux traitements, des médicaments adéquats, des laboratoires bien équipés constituent autant d’éléments cruciaux pour remporter le combat. Toutefois, la condition la plus déterminante du succès réside dans un changement d’approche au niveau communautaire. La tuberculose et ses malades doivent cesser d’être stigmatisés et le traitement ne doit pas seulement être accessible, mais encore facilité.

C’est là que la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge ont un rôle décisif à jouer.

L’année dernière, plus de 5 millions de membres des communautés locales ont été mobilisés dans les pays à endémie par quelque 80 000 employés et volontaires actifs de nos Sociétés nationales. Ils ont aidé à identifier les groupes vulnérables, mené des campagnes d’éducation à la santé et suivi les patients afin de s’assurer qu’ils prenaient bien leurs médicaments, les visitant jusqu’à cinq à six fois par semaine quand c’était nécessaire.

Ces volontaires vivent et travaillent au coeur même des communautés qu’ils assistent et cet engagement constitue sans l’ombre d’un doute la meilleure des défenses contre la tuberculose.

A l’occasion de la Journée mondiale de la tuberculose, j’appelle, en ma qualité de secrétaire général de la plus grande organisation humanitaire de la planète, à réaliser l’accès universel à des services efficaces et peu coûteux de diagnostic, de traitement et d’assistance. Au nom de nos 186 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, j’appelle à un dépistage amélioré de la maladie. Et, au nom de nos 20 millions de volontaires actifs, j’appelle à des solutions énergiques pour remédier aux conditions propices à la propagation de la tuberculose – en d’autres termes, à lutter contre la pauvreté, la malnutrition, les inégalités entre hommes et femmes, l’alcoolisme, l’insalubrité des logements et les carences en matière d’éducation.

Enfin, au nom des milliers de malades de la tuberculose que nous assistons, j’appelle les professionnels de la santé, les fonctionnaires publics et les communautés humaines dans leur ensemble à traiter les personnes affectées par la maladie ou exposées à la contamination avec dignité et respect.

Carte

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 187 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.